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3e Dimanche de l’Avent « C » 16 12 12
Première Lecture : Sophonie 3 14–18
Deuxième Lecture : Philippiens 4 4–7
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 3 10–18
Les foules l’interrogeaient : “Que devons-nous faire ?” Il répondait : “Que celui qui a deux vêtements en donne un à celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.” Arrivent alors des collecteurs de l’impôt pour être baptisés ; ils lui disent : “Maître, que devons-nous faire ?” Jean leur répond : “Ne percevez rien de plus que ce qui est dû.” Des soldats l’interrogent à leur tour ; ils lui disent : “Et nous, que devons-nous faire ?” Il leur répond : “Ne brutalisez personne et ne faites pas de chantage. Contentez-vous de votre paye.”
Le peuple était dans l’attente et tous se demandaient si Jean ne serait pas le Messie. Alors Jean leur répondit à tous : “Moi, je vous baptise avec l’eau. Mais un autre vient, plus fort que moi : je ne suis pas digne de délier les lacets de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle pour nettoyer son blé ; il rassemblera le grain dans son grenier, mais la paille, il la brûlera dans le feu qui ne s’éteint pas.” Avec ces instructions et beaucoup d’autres, Jean annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. (Bible des Peuples)
Dans une prière, le Frère Roger de Taizé, disait : « Sauveur de toute vie, que se réjouissent ceux qui te cherchent. Dans une page d’évangile tu nous dis : « Je connais tes épreuves et ta pauvreté, pourtant tu es comblé. Comblé : par quoi ? Par les sources vives cachées au plus profond de chacun. »
Pour moi, « ces sources cachées » évoquent une célébration de ce 3° dimanche de l’avent qui mettait en valeur la joie qui vient de Dieu. Ce jour là, en paroisse, il y avait un groupe important d’handicapés. A tous, j’ai posé cette question : « Etes-vous heureux ? » Seuls les handicapés ont répondu « OUI » d’un seul cœur. J’étais bouleversé par ce cri de joie venant de ceux qui étaient marqués le plus durement dans leur chair. Ce n’est qu’à la fin de l’office que j’ai pu réaliser et dire que cette joie a sa source en Dieu. Elle est plus forte que toutes les épreuves et personne n’a le pouvoir de nous la prendre.
Aujourd’hui, on estime à 11millions le nombre de gens qui vivent chez nous en-dessous du seuil de pauvreté. L’emploi se dégrade et la précarité se développe à la vitesse grand V. Et en même temps, on nous annonce que des gens très riches ont le « culot » de s’exiler pour éviter l’impôt que tous les autres devront payer à leur place.
On peut aussi reconnaître « ces sources vives cachées » au cœur des gens de la rue. Quand ils disent que ce qui est plus dur que le froid ou la faim pour eux, c’est la solitude et d’être transparent : être seul, sans parole, sans regard. Etre reconnu, estimé, pouvoir compter sur quelqu’un, c’est indispensable pour rester humain. N’est-ce pas aussi la même exigence demandée à l’ONU par les Palestiniens qui attendent d’être reconnu comme nation depuis plus de 60 ans ? Cela aussi me parle de Dieu, présent au cœur d’un chacun. Quand l’écrasement est trop fort, on est tellement marqué par la souffrance que les autres sont nécessaires pour repérer et apprécier tous les signes discrets de joie, de partage, de paix et de pardon, alors peut naître et grandir l’espérance et la fête.
Revenons à l’évangile de ce jour. Jean Baptiste est bien conscient des difficultés que traversent les gens qui viennent à lui. Il ne demande à personne de se sacrifier ni d’oublier les conditions concrètes de sa vie. Il ne fait de reproche à personne, mais à chacun il demande de donner ce qu’il peut, ce qui est à sa portée. « Ce que vous avez reçu de par votre éducation et votre histoire - biens matériels, intelligence, autorité - ne reniez rien de tout cela mais apprenez à vous en servir pour servir ! » L’avoir, le savoir et le pouvoir feront toujours l’objet d’un discernement quasi quotidien. Ainsi, chacun est partenaire de Dieu.
La vie ensemble a besoin de repères et on ne peut pas faire n’importe quoi. Il est nécessaire de respecter les règles. La société a établi des lois et on n’a pas le droit de les arranger selon ses intérêts. En premier dans l’évangile, il est question de justice, ensuite de partage. C’est la source de la confiance qui habite chacun. « Jean Baptiste dit aux collecteurs d’impôts : n’exiger rien de plus que ce qui vous est fixé. ……Aux soldats il leur dit : ne faites ni violence, ni torts à personnes et contentez-vous de votre solde».
Dans la vie, on ne doit jamais justifier les magouilles, les mensonges, les trafics, car c’est une façon d’être complice et de soutenir la source de toutes les misères. On entend souvent : « D’autres le font, pourquoi je n’en profiterai pas ! » Jean Baptiste dans l’évangile dit : « Ne jouez pas à ce jeu là, ça tue la confiance et ça fausse les liens humains. »
Au contraire, notre marche vers Noël doit nous aider à entrer dans une nouvelle perspective et à commencer une nouvelle façon de vivre. Là où tu vis, qu’est-ce que tu espères, qu’est-ce qui te réjouis ? Alors, parles-en autour de toi et Dieu pourra naître dans le monde qui est aussi le tien. Je voudrai conclure par ce beau message de Paul Claudel : « On croit que tout est perdu. Et alors un oiseau se met à chanter. » Ce chant de l’oiseau vient : « des sources vives cachées au plus profond de chacun. »