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2° dimanche de Carême – 20 Mars 11 - « A »
Première Lecture : Genèse 12 1–4
Deuxième Lecture : 2Timothée 1 8–10
Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 17 1–9
Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart sur une haute montagne. Là, devant eux, il fut transfiguré. Son visage commença à rayonner comme le soleil pendant que ses vêtements devenaient blancs de lumière. Puis ils virent Moïse et Élie qui parlaient avec Jésus.
Pierre prit la parole pour dire à Jésus : “Seigneur, cela tombe bien que nous soyons ici. Si tu le veux je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.”
Il parlait encore lorsqu’une nuée lumineuse vint les recouvrir et du milieu de la nuée une voix dit : “Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, celui en qui je me complais, écoutez-le !”
En entendant cela, les disciples se jetèrent face contre terre et furent saisis d’une crainte extraordinaire. Mais voici que Jésus s’approche et les touche. Il leur dit : “Levez-vous, n’ayez pas peur.” Alors ils regardent : il n’y a plus personne, mais Jésus seul.
Comme ils descendent de la montagne, Jésus leur donne cet ordre : “Vous ne parlerez de cette vision à personne, jusqu’au jour où le Fils de l’Homme se lèvera d’entre les morts.”
Avant la grande épreuve de la montée à Jérusalem où Jésus va être arrêté et mis à mort, il emmène Pierre, Jacques et Jean à l’écart sur la montagne. Il veut prendre le temps d’apprécier avec eux le pourquoi de cette marche vers Jérusalem. De même aujourd’hui, l’Eglise en ce temps de carême, nous invite à prendre la mesure, de ce qui mérite toute notre attention et nos efforts. Chacun d’entre nous est mobilisé par ses préoccupations et soucis. A cela s’ajoutent les images à répétition montrant des horreurs impensables et insupportables du tsunami au Japon et des bombes en Lybie. Dans notre esprit, n’y a-t-il pas comme un tsunami qui balaye toute réflexion et nous empêche de prendre notre responsabilité d’Homme ? Si Dieu appelle chacun « mon enfant », c’est qu’il compte sur chacun pour apporter sa part au bonheur des autres.
Essayons de mieux comprendre cette démarche de Jésus !
Jésus se situe dans une histoire. Avant lui, il y avait d’autres libérateurs : Moïse, Elie… des hommes qui avaient su cristalliser l’espérance de tout un peuple, sa soif de bonheur et de liberté. Alors ce passé prestigieux est une invitation à continuer aujourd’hui, à regarder l’avenir, à se donner du courage pour continuer malgré la grisaille qui ne facilite pas l’espérance.
La transfiguration est un moment de lumière, de prise de conscience pour dynamiser Pierre, Jacques et Jean. Ils allaient en avoir besoin lorsqu’ils devront subir de plein fouet les événements de la passion, de l’arrestation de Jésus.
Au sommet de la montagne, Jésus ne veut pas s’arrêter pour oublier, pour s’évader, pour fuir son destin. Il veut simplement faire le plein, il veut se donner des perspectives, un horizon, une direction pour ne pas dévier de sa route. Les 3 apôtres, au contraire, auraient plutôt envie de savourer le moment présent, de s’installer, de profiter de ce bonheur pour y rester : « Je vais dresser trois tentes » dira Pierre.
Bien souvent, nous sommes tentés de nous satisfaire des petits bonheurs passagers.
Le monde entier est bouleversé par les nombreux événements produits par la nature et par les hommes. Les choses les plus sûres sont brutalement remises en cause par l’imprévu et les certitudes fragilisées. Tous ces chamboulements ne sont-ils pas aussi une possibilité offerte pour retrouver l’essentiel qui est appelé à traverser l’histoire. Or en disant que Dieu est Amour, nous affirmons l’essentiel. Mais comment donner racine à cet Amour dans les chantiers de notre existence ?
La transfiguration veut être pour nous ce rayon de lumière, cette lueur d’espoir au milieu de ce que nous pouvons connaître de très dur à vivre et à surmonter ! Que de gens vivent au jour le jour, des jeunes sans projet pour leur avenir professionnel ou sentimental… sans motivation, ni élan, ne sachant pas à quoi se raccrocher !
Oui, la mission actuelle de l’Eglise est de redonner l’espoir, la confiance, le sens de l’avenir et de rappeler la responsabilité engagée de l’homme dans la création.
Tant de chrétiens, à la même enseigne que le tout venant, sont blasés, n’attendent plus rien de la vie, de leurs semblables, de l’Eglise, voire même de Dieu. Alors il faut leur permettre d’espérer, d’ouvrir ce qui semble fermé. Il faut trouver ce petit déclic qui me fait redécouvrir que la vie : ça vaut le coup d’être vécue ! Que ce souffle de vie qui m’habite est quelque chose de la Lumière de Dieu en nous ! Tout est une question de motivation et de foi !
Au Mont Thabor, Jésus transfigure la lumière qu’il portait en lui depuis son origine sans que personne ne la perçoive avant qu’elle n’éclate sur cette montagne. De même, chaque homme porte en lui une lumière que nous ne savons pas voir, parce que obscurcie de préjugés défavorables et pourtant cette lumière brille au cœur de chacun. C’est bien cette lumière : présence vivante et aimante de Dieu, qui nous aide à tenir dans certaines circonstances de la vie, surtout dans l’épreuve de la maladie, de l’échec et de la mort. Jésus a laissé entrevoir son ouverture vers le Père, pour qu’au moment venu de la grande épreuve, ils se souviennent pour franchir avec le Christ ce passage vers la Résurrection au matin de Pâques. Nous aussi, pour tenir, nous avons besoin des uns et des autres pour vivre l’espérance qui vacille à certains jours.
Seigneur apprends-nous à contempler dans le visage de chacun les reflets de ta Lumière.