Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
29° Dimanche 17 octobre 10 « C »
Première Lecture : Exode 17, 8–13
Deuxième Lecture : 2Timothée 3, 14—4 2
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 18, 1–8
Il leur raconta cette parabole pour dire qu’il faut prier sans cesse et ne pas se décourager : “Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et se moquait des gens. Dans cette même ville il y avait une veuve qui venait lui dire : ‘Rends la sentence contre mon adversaire.’
Tout un temps il refusa ; puis il se dit : C’est vrai que je ne crains pas Dieu et que je n’ai rien à faire des gens, mais cette veuve me dérange à un tel point que je vais lui faire justice ; sinon elle finira par me casser la tête.”
Le Seigneur ajouta : “Écoutez bien ce qu’a dit ce juge très peu juste. Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus s’ils crient vers lui jour et nuit alors qu’il les fait attendre ! Je vous le dis : Il leur fera justice, et vite. Mais quand viendra le Fils de l’Homme, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ?” (Bible des Peuples)
L'histoire de la pauvre veuve qui vient "casser la tête" d'un juge sans foi ni loi, nous rappelle cette autre histoire, de cet homme qui dort, et que son voisin vient importuner en pleine nuit pour lui demander du pain. Dans les deux cas, Jésus nous redit : si des hommes sans cœur sont capables de céder à la demande de celui ou de celle qui leur "casse les pieds", à plus forte raison votre Père accédera à votre demande si vous ne vous lassez pas de le prier. Et il le fera "sans tarder". « Votre Père sait très bien de quoi vous avez besoin avant votre demande. »
Pourtant, ce n'est pas ce que nous éprouvons lorsque nous sommes durement plongés dans l’épreuve. Dans ces moments là, nous avons l’impression que Dieu est aux abonnés absents. Au point, que certains concluent à son inexistence. Nous comprenons que ce soit là une réaction toute humaine, mais Jésus vient nous parler du Père qui est plein de tendresse et d’égards pour les hommes. Un Dieu qui n’hésite pas à faire tout ce qu’il peut pour le bonheur de ses enfants. Et si nous faisons le constat opposé, c’est que ce message d’amour que Jésus est venu nous révéler, nous a tout à fait échappé. N’oublions pas que Dieu a donné aux hommes des capacités d’amour et d’intelligence pour qu’ils puissent exister et se prendre en charge eux-mêmes. Il leur revient d’organiser et de prévoir l’accueil à la vie, le toit, la subsistance, l’éducation, la santé et une vieillesse digne.
La dimension politique doit prendre tous ces aspects en compte, sinon, c’est de la tromperie. Faut-il rappeler que le rôle essentiel de la politique, c’est d’organiser la société pour que chacun y trouve son compte. Et là, chacun doit aussi apporter sa part. Que ce soit dans les événements heureux et malheureux.
Tel les mineurs Chiliens qui sortent vivants après plus de 2 mois enfermés sous terre, ou le spéléologue de l’Ardèche qui meurt dans un éboulement. Ces deux drames ont provoqué un élan de solidarité internationale exemplaire. Toutes les compétences matérielles, psychologiques et spirituelles se sont mobilisées et coordonnées pour leur venir en aide. Quelque soit le résultat, l’essentiel c’est la mise en œuvre de toutes les possibilités. En tant que croyant nous y voyons l’amour de Dieu à l’œuvre. La prière est une demande à Dieu d’être attentif à tout ce qui est humain comme lui à l’égard de ses enfants.
Par contre cette semaine aussi, la question des retraites laisse beaucoup d’amertume et de colère. Beaucoup de gens, à faible revenu et aux travaux les plus difficiles, ont l’impression d’être les premières victimes. L’argument qu’on nous donne comme évident : « Si on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps. » Dire cela, c’est oublier tous les progrès humains et techniques qui se sont accumulés depuis des siècles. Ce progrès doit venir en aide pour soulager la vie de toute la population. Les premiers à en bénéficier devraient être ceux qui sont le plus en difficulté. Or aujourd’hui, c’est le contraire : au lieu des services à assurer, c’est le chacun pour soi et la course à l’argent.
Dire cela, c’est oublier aussi, tous les jeunes qui cherchent du travail, c’est oublier tous les plus de 50 ans qui sont « trop vieux » et exclus du travail. Ce principe mis en avant comme une évidence, est un mensonge.
Combien de chrétiens, y compris parmi les plus hautes instances utilisent les paroles de Jésus sans se rendre compte quelles concernent notre existence.
Lorsque nous disons que Dieu est tout puissant, nous le réduisons trop souvent à l’image de la vie en société, à une forme de technique ou de magie qui relève plus de la domination que de l’harmonie et de la fraternité. Alors que Jésus est venu pour témoigner que Dieu nous aime. Malgré sa peur, Jésus ira jusqu’à la mort sur la croix. Sa confiance au Père, le conduira à la résurrection, à une vie nouvelle. C’est cette foi qui mérite d’être transmise à tous ceux qui le veulent.
La foi authentique va nous faire bouger aussi dans notre agir. Elle nous fera agir selon ce que disait St Paul dans sa lettre à Timothée : “enseigne, dénonce le mal, redresse, éduque dans la justice…”. La prière de foi est bien loin d’être un doux oreiller sur lequel nous pourrions rêver d’un monde nouveau.