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25° Dimanche du Tps Ord « B » 23 09 12
Première Lecture Sagesse 2 12–20
Deuxième Lecture St Jacques 3 16—4 3
Évangile de Jésus Christ selon St Marc 9 30–37
Ils quittèrent cet endroit, et ils allaient de place en place à travers la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sache, car il était occupé à instruire ses disciples. Alors il leur dit : “Le Fils de l’Homme sera livré aux mains des hommes. Ils le tueront, et trois jours après sa mort il ressuscitera.” Eux ne comprenaient pas cet avertissement, et ils avaient peur de lui en demander davantage. Ils arrivèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus les interrogea : “De quoi discutiez-vous en chemin ?” Ils se turent, car en chemin ils s’étaient disputés à propos de qui était le plus grand.
Alors Jésus s’assoit, il appelle les Douze et leur dit : “Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous, qu’il soit le serviteur de tous.” Puis il place au milieu d’eux un enfant, il l’embrasse et leur dit : “Si quelqu’un reçoit en mon nom l’un de ces enfants, c’est moi qu’il reçoit ; et celui qui me reçoit, ce n’est pas moi qu’il reçoit, mais celui qui m’a envoyé.”
Ces jours-ci, un homme d’une soixantaine d’années me téléphone en disant : « Je ne sais plus où regarder. Je ne sais plus à quoi m’accrocher. Je suis perdu. » Alors il me livre tout ce qu’il a sur son cœur. Des choses qu’il portait depuis longtemps sont aggravées par les déceptions récentes. Il se sent largué, seul et sans moyens. Le souvenir de moment d’espérance partagé avec moi a relancé cette démarche.
Ce cri de désespoir fait penser à tous ceux qui sont marqués par des contraintes trop lourdes à porter. Affrontés chaque jour à la réalité de la souffrance, aux impératifs de la mort, pouvons-nous dire que nous sommes à l'aise dans ce combat entre la vie et mort ? Nous ne comprenons pas la souffrance du monde, nos souffrances à nous, nos échecs, nos désillusions et nos désespoirs.
Jésus, affronté à la haine de ceux qui ont décidé son extermination par la mort, se tourne vers ses disciples en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. » Ils étaient plus préoccupés par leur place dans le Royaume. Il faut croire que le fait de se braquer sur ses ambitions rend sourd et aveugle à ce qui se passe autour de nous. En effet, Jésus n’a pas trouvé plus de compréhension parmi ses proches que tous ceux, qui aujourd’hui, désespèrent de leur situation.
L’Eglise propose aujourd’hui ce passage d’évangile. Cette Bonne Nouvelle ne veut pas nous enfermer dans le désespoir et la solitude, mais nous donner une espérance. Jésus fragilisé par la perspective de sa mort, annonce la résurrection. Il croit que l’Amour du Père est plus fort que la méchanceté. Il invite ses disciples à entrer avec lui dans cette démarche.
Il se trouve que le Pape Benoît XVI était au Liban dimanche dernier. C’est dans une région très marquée par des guerres, des tensions, des massacres et des menaces de toutes sortes au niveau international que le Pape a proposé une parole fragile. Il disait : « C’est maintenant qu’il faut célébrer la victoire du pardon sur la vengeance. » Le Pape reprend le dernier cri de Jésus en croix : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Par ces paroles, Jésus exprime toute la tendresse, la compassion de Dieu à l’égard des hommes. C’est à cette démarche que Jésus invite tous ceux qui veulent le suivre en mettant en veilleuse la haine et la vengeance. C’est une démarche constructive qui fait appel au meilleur de chacun. Et c’est à chacun de l’écouter et de donner suite.
Jésus, sachant sa mort prochaine, veut permettre à ses disciples de prendre le relais et de devenir autonome. Il ne veut pas faire de ses disciples des maîtres de la loi qu’il a remis en question, mais des serviteurs de ceux qui sont les plus fragiles. N’est-ce pas cette attitude qui est humaine, noble et digne d’un enfant de Dieu ? Jésus se rend compte de la distance entre ce qu’il propose et les préoccupations des apôtres. Alors il leur donne un exemple : « Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. »
L'Évangile indique des chemins à suivre qui ne marchent pas selon le mode économique. Accueillir le Dieu de Jésus, c'est accueillir un Dieu qui a besoin de nous, qui a besoin de notre amour, et qui a besoin de notre cœur. Accueillir le Dieu de Jésus, c'est ouvrir les mains, comme on ouvre son cœur. Aimer comme Jésus, c’est accueillir toute personne comme Jésus l’a fait. Aimer comme Jésus, c’est aller jusqu’au pardon. Aimer comme Jésus, c’est, donner une chance aux moins favorisés. Agir de cette façon, à de quoi remplir toute une vie et ce n’est pas sans intérêt. Cette façon de vivre peut paraître dépassée, d’un autre temps face à l’efficacité des moyens modernes. De fait, les machines les plus sophistiquées dans tous les domaines de la production, du commerce, comme de la domotique sont capables de nous étonner par leurs prouesses. Mais une panne d’électricité peut déboucher sur des catastrophes. Il en va de même pour les êtres humains, s’il n’y a plus de respect, d’estime et d’amour entre les hommes, la vie en perd son sens. L’actualité met en valeur la liberté de la presse. Si elle ne prend pas en compte le respect des personnes, elle débouche inévitablement sur les crimes les plus odieux. Nous avons pu apprécier le témoignage d’une musulmane. La maman du premier soldat exécuté en pleine rue a essayé de comprendre ce qui anime les jeunes de Toulouse. Son dialogue avec les jeunes et le respect qui l’animait ont été source de transformation et d’espérance.
L’Evangile qu’on appelle aussi la Bonne Nouvelle de Jésus, nous alerte sur l’essentiel, alors que nous le considérons trop souvent comme négligeable ou facultatif. Il mérite au contraire toute notre attention. Il y va de notre vie avec les autres. Et ça vaut la peine de s’y appliquer, de s’y exercer, de cheminer dans cette voie sans toujours y parvenir. Mais c'est ainsi qu'on grandit ensemble. Dieu a donné à chacun des richesses et des qualités pour qu’il les mette au service de ses frères.