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23e Dimanche du Tps Ord 04 09 11
Première Lecture : Ézékiel 33 7–9
Deuxième Lecture : Romains 13 8–10
Évangilede Jésus-Christ selon St Matthieu 18 15–20
“Si ton frère a péché, va le reprendre toi seul avec lui. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes de façon que toute l’affaire se règle en présence de deux ou trois témoins. S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Église, et s’il n’écoute pas l’Église, qu’il soit désormais pour toi comme un païen ou un publicain. En vérité je vous le dis : tout ce que vous liez ici sur terre sera lié dans le ciel, et ce que vous déliez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis également que si deux d’entre vous se mettent d’accord ici, sur terre, pour demander quoi que ce soit, mon Père dans les cieux fera qu’ils l’obtiennent. Car dès que deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.” (Bible des Peuples)
Aujourd’hui, Jésus provoque ses disciples à une relecture des « ratés » de la vie. C’est ce qu’on appelle « le péché », en d’autres termes, le mal que je fais. Suivant l’éducation reçue, on ne retient bien souvent que des « peccadilles » (distraction dans les prières, gourmandises..), sans poids dans la vie, qui ne demandent aucun changement, aucune conversion. D’autre part, on laisse dans l’ombre les dégâts provoqués par les intérêts mesquins de notre temps : l’égoïsme, le repli sur soi, la course à l’argent, le paraître, le mensonge…tout cela, nous le savons, est voué inévitablement à l’échec. Et pourtant, c’est ce qui mobilise le plus d’investissements. Dans tout ce que nous faisons, nous voulons faire ce qui nous semble le mieux. On ne sait voir que les choses qui nous vont bien et qui nous arrangent. C’est la raison pour laquelle, on ne peut pas bien voir dans son propre jeu. Pour être vrai, on a besoin du regard, de l’appréciation des autres. Et Jésus commence par dire : « Si ton frère a péché, va lui parler seul à seul. Montre lui sa faute. » En aucun cas, il ne s’agit de faire la morale à autrui, mais c’est une règle pour soi-même. Ce que nous reprochons aux autres, nous sentons bien que cela nous traverse, que ça fait partie de notre existence. Jésus veut faire de nous des hommes debout, des gens sur qui on peut compter, des gens libres et responsables. Chaque période de l’histoire doit trouver les moyens pour partager, échanger, construire et donner du concret à la Bonne Nouvelle. Ainsi, le siècle dernier a vu naître et grandir des mouvements d’Action Catholique, s’adressant à tous les milieux et à tous les âges. Des amis se rencontrent avec leur engagement dans la vie et avec la Parole du Christ. C’est une rencontre qui ouvre sur la vie et débouche sur des transformations.
Le Concile Vatican II a été une belle expression de l’actualité du Royaume de Dieu dans notre monde. En donnant la Parole à tous ceux qui étaient investis dans les aspects concrets de la vie humaine, l’Eglise voulait mettre en valeur le dialogue entre Dieu et les hommes.
Voici quinze jours, se clôturaient les JMJ à Madrid. Il est essentiel que les participants puissent partager ce qui les a fait vibrer avec ceux qu’ils rencontrent. Et que ceux qui les écoutent et les entendent puissent dire en quoi ils se sentent interpellés et concernés dans la réalité de leur existence. Sinon, chacun campe dans sa tour d’ivoire.
« Je vous dis également que si deux d’entre vous se mettent d’accord ici, sur terre, pour demander quoi que ce soit, mon Père dans les cieux fera qu’ils l’obtiennent. Car dès que deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » A force d’entendre ces belles paroles, il ne faut pas se contenter de l’aspect formel qui réduit la présence du Christ à des célébrations religieuses. Ce message s’adresse à tous les hommes de bonne volonté, à tous ceux qui ne se contentent pas de ce qu’ils voient autour d’eux. Jésus met l’accent sur leur recherche de la Vérité et de la Justice.
Avec la rentrée scolaire de la semaine qui vient, on annonce sur toutes les ondes, la nécessité de la morale dans les classes primaires. Et en même temps on dit que c’est tout à fait insuffisant. En effet, les enfants sont tout à fait démunis pour savoir comment se guider dans la vie. Dans un monde où le mensonge et la roublardise sont devenus la façon normale de se conduire avec sa règle d’or : « pas vu, pas pris ! », comment accueillir quelques bonnes leçons de morale ? Les enfants n’ont pas d’autres choix pour leur éducation que de regarder ce qui se passe du côté des adultes. La conduite des adultes, bien plus que leurs paroles, leur façon de faire bien plus que la morale, sont des guides et des repères pour les enfants. Dans ce contexte, n’oubliez pas la rogne de Jésus contre « les pharisiens qui disent et ne font pas ». C’est une vieille histoire qui est plus que jamais d’actualité. « Ils chargent les petits de lourds fardeaux, qu’ils ne touchent pas du petit doigt. »
Quand Jésus invite à se retrouver avec son frère, avec les autres, ce n’est pas pour organiser un racket, mais pour travailler à la Justice et à la Vérité. Pour apporter sa part de bonheur à ceux qui en manquent. C’est dans cette inspiration que l’Esprit de Dieu est à l’action. C’est seulement là qu’on peut reconnaître sa présence.
Alors ne disons pas que la morale ne sert à rien, mais préoccupons-nous d’être droit, vrai et bon. Alors seulement, dans nos rencontres avec les autres, c’est Lui, le Christ, qui nous guidera. En effet, il a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. »