Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
22° Dimanche du Tps Ord « B » 02 09 12
Première Lecture : Deutéronome 4 1–8
Deuxième Lecture : St Jacques 1 17–27
Évangile de Jésus Christ selon St Marc 7 1–23
Autour de lui s’étaient rassemblés les Pharisiens, ainsi que plusieurs maîtres de la Loi venus de Jérusalem. Ils virent que certains de ses disciples mangeaient le pain avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. Il faut savoir que les Pharisiens, et les Juifs en général, ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au coude pour respecter la tradition des anciens. Lorsqu’ils reviennent des lieux publics, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et il y a encore bien d’autres coutumes auxquelles ils sont attachés : purification des coupes, des pots et des cruches en bronze. Voici donc les Pharisiens et les maîtres de la Loi qui l’interrogent : “Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Tu vois qu’ils mangent le pain avec des mains impures.” Jésus leur répond : “Comédiens ! Isaïe a joliment bien parlé de vous quand il a écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Leur culte ne vaut rien et les préceptes qu’ils enseignent ne sont que des lois humaines. Vous négligez le commandement de Dieu pour maintenir les traditions humaines !” Jésus reprit : “Comme vous savez rejeter le commandement de Dieu pour ne pas lâcher votre propre tradition ! Voyez, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et encore : Celui qui maudit père ou mère sera mis à mort. Mais selon vous, quelqu’un peut dire à ses père et mère : “J’ai déclaré qorban, c’est-à-dire consacré à Dieu, ce que tu pouvais attendre de moi”. Et dans ce cas vous ne le laissez plus aider son père ou sa mère. Ainsi vous annulez la parole de Dieu au profit d’une tradition que vous vous transmettez. Et que de choses semblables dans vos pratiques !” De nouveau Jésus appelle son monde. Il leur dit : “Écoutez et tâchez de comprendre. Tout ce qui est extérieur à l’homme ne peut pas le rendre impur ; ce qui le rend impur, c’est ce qui est sorti de lui. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !” Lorsque Jésus a quitté la foule et rentre à la maison, les disciples l’interrogent sur cette sentence. Il leur dit : “Vous aussi, vous êtes bouchés à ce point ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le rendre impur ? Cela ne va pas au cœur, mais au ventre, et finit sur le fumier.” Donc, pour Jésus, tous les aliments devenaient purs. Et il continuait : “Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car du cœur sortent les réflexions malveillantes, les prostitutions, les vols, les assassinats, les adultères, la soif d’argent, les méchancetés, les perfidies, la débauche, l’envie, les blasphèmes, l’orgueil et la démesure. Toutes ces choses mauvaises viennent du dedans et rendent l’homme impur. (Bible des Peuples)
Dans l’Evangile de ce jour, Jésus est une nouvelle fois accusé par les biens pensants. « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? »
Par cette interpellation, Jésus est accusé de laxisme. C’est une façon de le déconsidérer et de le dénigrer aux yeux de tous ceux et celles qui ont mis leur confiance en lui.
Jésus n’entre pas dans cette logique. Il ne se laisse pas impressionner par la critique. Il leur renvoie la sur le fond de l’attitude religieuse. Il reprend la parole d’Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » Cette remise en question met le feu au poudre chez les pharisiens et les scribes.
Aujourd’hui, on peut retrouver les mêmes méthodes qui relèvent du mépris. Ces dernières semaines, suite à la prière universelle proposée le 15 août par le président des évêques de France, que de partis pris. La prière ne comportait aucune parole explicite sur ce que les opposants ont dénoncé. C’est vrai que le débat est tout à fait essentiel à la vie en société. Mais cela suppose que chacun puisse exprimer ce qu’il propose mais aussi qu’il entende les propositions différentes. Les contestations exprimées, à cette occasion, ne manifestaient aucun débat, mais un refus intransigeant qui relève du mépris. Le mépris ne peut être en aucun cas source de progrès. Il ne fait que renforcer les divisions, les incompréhensions, voire la méchanceté. Les questions soulevées, par les contestataires, méritent effectivement de grands débats, mais un débat doit permettre de chercher la vérité et la justice. Par contre, la prière est une autre démarche. Elle relève de la foi de chacun et à ce titre mérite d’être toujours respectée. En effet, la prière n’est pas une formule mais un vrai cri du cœur.
Au temps de Jésus, c’est au nom de Dieu qu’on avait établi des interdits. Et aujourd’hui encore, il y a toujours des gens qui se servent de Dieu pour asseoir leur autorité. Il en est de même aujourd’hui. Certes la société a ajouté d’autres valeurs et références, telles que la démocratie, la république, la laïcité. Et tous ceux qui veulent avoir une autorité sur les autres s’en servent pour se mettre en valeur et imposer leur volonté.
N’oublions pas que Jésus présente Dieu son Père, comme le Dieu de la proposition. Il n’impose rien à personne et propose son amour à tous. En cela, l’Evangile reste une Bonne Nouvelle.
Que pourrions-nous retenir pour nous aujourd’hui ?
Bien souvent dans notre vie, on est très sensible au « qu’en dira-t-on », aux convenances, aux apparences et aux coutumes. En soi, ce n’est pas mal d’avoir un peu de fierté et de dignité. Mais ça devient un mal quand on s’en sert pour cacher la vérité. C’est une façon de tromper son monde. Ca remet en cause toutes les confiances construites au jour le jour. On est plus préoccupé par les apparences, pourvu que l’honneur soit sauf.
Il en va de même dans nos façons d’apprécier les gens qui nous entourent : à quel critère s’accroche notre sympathie ? Les flatteries, les belles paroles, les belles manières, les félicitations ? Par ailleurs, on peut être dur à l’égard de tous ceux qui ne jouent pas le jeu de la vérité. C’est dans le quotidien que nous avons à vivre cette forme d’honnêteté.
Dieu regarde avant tout ce qui se passe dans le cœur de l’homme, là où on ne peut pas tricher avec soi-même. C’est du dedans de chacun que sortent les pensées perverses. C’est sur ce point que chacun a besoin de réfléchir et de prier pour se mettre en accord avec Dieu.
C’est très difficile d’être lucide sur soi-même car nous sommes toujours tentés de croire que Dieu veut ce qui nous fait plaisir, ce qui nous arrange. Par là nous fabriquons un Dieu à notre image, ce n’est pas le Dieu de Jésus Christ mais celui des scribes et des pharisiens.
Rencontrer le Dieu vivant c’est décapant, c’est une remise en question permanente. C’est dépasser son horizon étroit pour accueillir l’Esprit de Celui qui fait vivre.
Prière Universelle.
- Faire semblant et faire bonne figure, ça facilite la reconnaissance et permet de mieux arriver à ses fins. Souvent c'est aussi de la tromperie qui sert à duper ceux qui n'ont pas les moyens de vérifier la droiture des intentions. Pour que tous les rites et les formules de politesse soutiennent notre attention et notre estime des autres, prions le Seigneur.
- Le temps des vacances arrive à son terme et chacun se trouve devant une nouvelle page de vie à écrire. La chaleur de l'été, les rencontres, les débats publics, les informations et les lectures ont alimenté nos préoccupations. Pour que chacun ait le souci d'apporter sa part au bonheur et à l'équilibre de l'ensemble: prions le Seigneur.
- Pour notre église et pour toutes les communautés de croyants. Que leur engagement respecte l'idéal de leur foi. Que tous les malades, exclus, minorités, prisonniers, isolés soient respectés et soutenus avec le respect du à des frères: prions le Seigneur
Pas de Wort zum Sonntag pour le dimanche 9 septembre. J’accompagne un groupe de 24 pèlerins en Terre Sainte du 4 au 11 septembre.