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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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2° Dimanche de Carême "B" 04 03 12

 

 

2° Dimanche de Carême – 04 Mars 12

Première Lecture : Genèse 22 1–2, 9–18

Deuxième Lecture : Romains 8 31–34

Évangile  de Jésus Christ selon St Marc 9 2–10

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena à l’écart, seuls, sur une haute montagne. Là, devant eux, il fut transfiguré. Ses vêtements devinrent éclatants de lumière, d’une blancheur telle qu’aucun blanchisseur sur la terre ne peut blanchir de la sorte.   Alors Élie leur apparut, avec Moïse : les deux étaient en conversation avec Jésus. Pierre prit la parole pour dire à Jésus : “Rabbi, cela tombe bien que nous soyons ici ; nous allons dresser trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.” En réalité, il ne savait plus que dire, car ils étaient effrayés. Une nuée survint alors qui les prit sous son ombre, et de la nuée se fit entendre une voix : “Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, écoutez-le !” Et soudain, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne : seul Jésus était avec eux. Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts. Ils respectèrent cet ordre, mais entre eux ils se demandaient ce que c’était que ressusciter d’entre les morts.  (Bible des Peuples)

 

Différents quotidiens ont souligné, ces dernières semaines, que les Français étaient devenus les champions du pessimisme depuis la crise mondiale. On peut énumérer les difficultés à venir qui paraissent insurmontables : le nombre croissant des chômeurs, les fermetures d’entreprises, réduction d’emplois dans les services publics, les jeunes qui attendent toujours plus longtemps pour trouver un emploi. Chacun a de quoi allonger la liste.

Est-ce que l’Evangile que nous venons d’entendre, n’a pas ses racines plantées dans un terrain semblable ? Devant ces foules désorientées, écrasées qui cherchent des solutions, il y a de quoi s’user, se fatiguer et désespérer.  Alors, « Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. »

Nous connaissons tous des visages qui redonnent confiance, qu’ils soient jeunes ou adultes, souffrants ou déformés, élégants ou difformes, qui rayonnent d’indicible beauté. Ils disent mieux que tous les mots et les discours : la richesse intérieure, l’amitié, la chaleur, la lumière. On se sent bien en leur compagnie et on souhaite que cela puisse durer.

Un visage et un regard suffisent parfois - souvent - à fonder l’aventure d’une vie sur un amour partagé avant les premiers échanges et les premiers projets.

Les disciples voient, lors de la transfiguration, le visage de Jésus brillant comme le soleil. Leurs mots, sans doute, sont impuissants à décrire vraiment ce qu’il leur est donné de voir, car ils quittent un instant le monde des hommes et de la terre qui leur colle à la peau, pour entrer dans le monde de Dieu, la terre promise à tous les élus. Visage de Jésus, visage rayonnant d’un Dieu épris de l’homme.

            En un éclair, les trois disciples privilégiés - Pierre, Jacques et Jean - voient, l’Ancien et le Nouveau Testament réunis. Dans la rencontre de Jésus avec Moïse et Elie, ils comprennent que Jésus, leur ami, se situe dans la tradition de la loi et des prophètes. Dans cette symphonie de lumière et de blancheur, ils soupçonnent un monde nouveau. Ils s’en souviendront aux heures sombres du doute, de l’incompréhension, de la croix, de la mort. Dans la nuée, ils approchent  la vérité de Dieu et de son amour sans limites. Cette vision est un moment exceptionnel. Chacun peut avoir la grâce d’en être illuminé. Ce sont des moments forts et rares qui méritent qu’on s’en souvienne, parce qu’ils seront essentiels dans les moments difficiles. Ces moments de lucidité ont aidé Jésus dans les moments difficiles d’affrontements, de contestations sur le chemin qui va le conduire à la mort. Sans ces temps forts, si nécessaire à notre vie, la vie perd son goût, sa saveur, son sens : à quoi bon vivre !

            «  Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu avant que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts. »  Au stade où ils en étaient, les apôtres ne pouvaient pas comprendre la signification de cette vision. Après les événements de la mort et de la résurrection, ils se rappelleront que Jésus leur avait annoncé sa résurrection. Ne sommes-nous pas dans la même situation que les apôtres devant les épreuves qui nous tombent dessus ? C’est en faisant la relecture de notre vie, que nous pouvons décrypter, comprendre, approcher d’une façon nouvelle le mystère de Dieu présent à notre existence. Pour cela, il faut prendre les moyens.

En ce temps de carême des chrétiens se retrouvent pour réfléchir sur l’actualité de la Bonne Nouvelle. Si on en reste aux souvenirs des carêmes du passé, on parle des efforts qu’on a pu faire et des souvenirs plus ou moins bons. L’Eglise, en proposant ces 40 jours de carême tous les ans, a conscience de l’évolution de la vie et de la société. C’est pourquoi, chacun est appelé à se renouveler sérieusement, non pas pour faire semblant mais pour toucher les questions essentielles de la vie d’aujourd’hui.

Il y a des lieux concrets où nous vivons, où nous sommes engagés, où nous réagissons : dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail, la rue, la voiture, l’école, les associations. C’est dans ces lieux bien concrets, si nous voulons bien l’écouter,  que Dieu nous interpelle sur notre façon de vivre et de nous comporter.

 Ainsi, ce matin, Mamie Hélène m’interpelle pour me demander : « Nous nous souvenons de notre enfance où nous faisions des sacrifices dans notre quotidien, et c'était tout-à-fait normal, même au sein de nos familles. Et aujourd'hui, comment l'expliquer à nos petits-enfants pour qu'ils y réfléchissent dans leur monde de 2012 ? » La réponse est à chercher dans toutes les instances de notre existence. Apprendre à l’enfant le sens de la fraternité, du pardon, du partage, du respect, sans oublier de vérifier notre façon de les mettre en œuvre. Ce sont autant d’attentions à avoir et d’efforts à faire. Voilà le carême qui plaît à Dieu !

 

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