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1er dimanche de l’Avent »C » 02 12 12
Première Lecture : Jérémie 33 14–16
Deuxième Lecture : 1Thessaloniciens 3 12—4 2
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 21 25–28, 34–36
“Puis il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, et sur la terre ce sera l’angoisse pour les nations effrayées par le fracas de la mer et des flots. Les gens s’évanouiront de frayeur dans l’attente de ce qui va tomber sur toute la terre habitée, car l’univers entier sera ébranlé. C’est alors qu’ils verront le Fils de l’Homme venir dans une nuée avec puissance et grande gloire.” “Dès que commenceront ces choses, redressez-vous et relevez la tête : votre délivrance est proche !”
“Veillez sur vous-mêmes : il ne faudrait pas que la bonne chère, les excès de vin ou les soucis matériels vous endorment, et que ce jour tombe sur vous à l’improviste. Car ce sera comme un piège qui se referme ; il surprendra tout le monde, où que ce soit sur la terre. Veillez et priez sans cesse afin d’être assez forts pour échapper à tout ce qui doit arriver, et de pouvoir vous tenir debout devant le Fils de l’Homme.”
Les Palestiniens de Gaza qui viennent de vivre un drame, le peuple Syrien écrasé par les bombardements, la population Afghane, Irakakienne, Iranienne, les chrétiens du Niger et tant d’autres ont l’impression de vivre un cauchemar. Pour eux, ça ressemble étrangement à la fin des temps et à ce que dit Jésus dans l’Evangile.
Quel contraste avec notre façon de vivre pour ce mois de décembre. Il n’est plus question que des marchés de Noël, des cadeaux, des illuminations comme une fuite en avant, alors qu’autour de nous beaucoup vivent des situations difficiles. A ce jour, l’incertitude plane sur les décisions de la sidérurgie. Les travailleurs sont dans l’inquiétude et leurs familles sont dans l’angoisse.
La description de Jésus ne s’arrête pas sur les catastrophes qui font parties de l’histoire. Face à tous ces malheurs, Jésus interpelle ses disciples en disant : « Dès que commenceront ces choses, redressez-vous et relevez la tête : votre délivrance est proche ! » En d’autres termes, Jésus attire notre attention sur l’utilisation de nos capacités : voir, entendre, chercher à comprendre et apprécier les événements : c’est le premier pas pour tisser nos liens avec les autres. Celui, qui ne s’intéresse qu’à lui-même, n’est pas humain. Alors que celui qui essaye de voir et de comprendre, se redresse et devient plus humain, plus proche des autres. C’est le chemin pour trouver des solutions qui permettent aux gens de ne pas désespérer et de grandir. C’est une marche vers un monde nouveau. C’est le chemin de NOEL ! Noël adviendra si on prépare sa venue.
Si on ne regarde que les aspects difficiles, écrasants on ne peut que désespérer. Au contraire, Jésus est venu nous dire que Dieu n’a rien à faire avec toutes les catastrophes de la vie. Il nous présente un Dieu d’amour, un Dieu fidèle, un Dieu de lumière et non des ténèbres. C’est le Dieu créateur, d’alliance, de confiance, particulièrement attentif à tous ceux qui peinent.
Très facilement on met tous les malheurs sur le compte d’un Dieu qui menace et qui punit. C’est une façon d’utiliser Dieu pour faire peur et asseoir son autorité. Aujourd’hui encore, les intégrismes de toutes sortes n’hésitent pas à se cacher derrière ce faux Dieu. Le Dieu de Jésus Christ n’est pas un Dieu manipulateur encore moins un père fouettard. C’est un Père qui fait tout pour que ses enfants grandissent dans la liberté et la responsabilité. En somme, qu’ils soient capables d’aimer comme Lui nous aime.
En s’adressant à ses disciples, Jésus leur donne des consignes très exigeantes :
« Veillez sur vous-mêmes : il ne faudrait pas que la bonne chère, les excès de vin ou les soucis matériels vous endorment, et que ce jour tombe sur vous à l’improviste. »Jésus n’est pas opposé à la fête. Il veut que la fête soit un temps fort où chacun nourrit sa confiance et non une évasion et un refuge où on oublie tout. Ca me fait penser à certaines soirées bien arrosées qui se terminent par des bagarres, des accidents et des morts. Jésus rappelle que la vie ensemble est précieuse et mérite toute notre attention.
Comme les disciples, nous sommes invités à être des veilleurs, à l’affût de tout ce qui peut dégrader la vie en société. Souvenez-vous, quand Mr Mittal a acheté la sidérurgie par une OPA, des gens du métier avaient alerté sur les dangers que nous connaissons aujourd’hui. La réaction de beaucoup fut de laisser jouer la Bourse. Et aujourd’hui on cherche : comment panser les plaies ? Dans bien d’autres domaines on n’écoute pas plus ceux qui ont le souci du bien commun. Dans la vie, absorbés par le quotidien nous sommes en lien avec des personnes confrontées à des réalités inattendues : la perte d’un emploi, d’une réputation, des biens précieux, une estime de soi, un être cher. Alors il faut d'abord se taire devant l'autre qui s'ouvre à nous, dans sa blessure. Pour découvrir le Royaume de Dieu, il faut nous tenir éveillés et rester sur nos gardes.
Jésus nous invite à nous réveiller. Se réveiller, c’est comprendre que notre monde ne pourra aller mieux que si on croit aux autres. C'est de s'engager contre l'injustice et pour la solidarité. C’est le sens du temps de l’Avent.
Pour changer le monde, il faut commencer par changer son cœur. « Veillez et priez sans cesse afin d’être assez forts »