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19e dimanche du Temps Ordinaire 8 Août 10
Première Lecture : Sagesse 18 6–9
Deuxième Lecture : Hébreux 11 1–2, 8–19
Évangile de Jésus-Christ selon St Luc 12 32–40
Jésus disait à ses disciples : « N’aie pas peur, tout petit troupeau : car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume ! » Vendez vos biens et donnez-les en aumônes ! Faites-vous dans les cieux des bourses qui résistent au temps et des réserves qui ne s’épuisent pas : là, point de place pour le voleur qui dérobe, ni pour la mite qui détruit ! Et là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Soyez prêts, la ceinture bouclée, avec vos lampes allumées ! Soyez comme des gens qui attendent leur maître : il va rentrer des noces et l’on s’apprête à lui ouvrir aussitôt qu’il sera là et frappera. Heureux ces serviteurs que le Seigneur à son retour trouvera éveillés ! En vérité, je vous le dis, c’est lui qui se mettra le tablier ; il les fera passer à table et les servira l’un après l’autre. Et s’il arrive tard le soir et qu’il les trouve ainsi, ou même passé minuit, heureux ces serviteurs ! Si le maître de la maison savait à quelle heure viendra le voleur, vous comprenez bien qu’il resterait éveillé et ne le laisserait pas perforer sa maison. De même soyez prêts, car le Fils de l’Homme vient à l’heure que vous ne savez pas.”
L'expérience de la vie et le ministère m'ont appris que bien souvent nous vivons dans l'inquiétude. Inquiétude pour nous-mêmes : nous craignons de manquer d'argent, de travail, de perdre notre aisance, de perdre l'estime que les gens ont pour nous. Inquiétude pour les autres : nous ressentons la souffrance de ceux que nous aimons, nous nous tracassons pour eux. Inquiétude pour demain, nous vieillissons. Que nous arrivera-t-il? Malgré nos bonheurs, et même nos situations privilégiées, il y a bien des embûches, des obscurités sur nos chemins.
Dans les nuits de nos vies, Jésus nous rejoint pour nous dire : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » Remarquons bien, la phrase est au présent. Bien sûr, le Royaume est éternel, il est pour après notre mort, mais il est déjà commencé. Nous pouvons déjà en prendre possession, le goûter dans la foi, nous dit l'auteur de la lettre aux Hébreux dans la deuxième lecture.
La foi chrétienne nous permet d’apprécier d’avance une réalité que nous ne pouvons expérimenter aujourd’hui. Le Royaume de Dieu est déjà là, et pourtant nous n’en percevons que des signes. Jésus nous indique des pistes et nous propose des moyens pour y arriver.
Tous les jours nous côtoyons des gens durement éprouvés. Nous-mêmes, nous pouvons être frappés dans notre propre chair. A l’annonce d’un cancer, d’un divorce, d’un échec professionnel, d’un accident qui remet en cause des projets de vie, des jeunes sans perspectives et par le fait même ne trouvent plus de combat à mener……devant l’annonce de toutes ces épreuves on se sent démuni, on ne peut pas parler à la légère. Et voilà que Jésus nous propose la confiance en son Père. Il est un fait que nous ne sommes pas en capacité de tout prendre à notre compte. Pourtant, Jésus nous demande de prendre en compte ce qui nous revient, à savoir : gérer au mieux ce que Dieu nous a confié, la vie et ses multiples possibilités!
La foi en ce Père, qui est bon pour nous, n’est pas une échappatoire bon marché qui entretien l’illusion. La foi est au contraire, la prise en compte de nos limites et de nos capacités à participer à la construction de ce nouveau monde en gestation que Jésus appelle « Le Royaume de Dieu ».
Il nous demande de tendre dans le calme et dans la paix, vers la nouvelle manière de vivre qu'il est venu nous enseigner. Cela consiste à ne pas rechercher avec anxiété et inquiétude son petit succès à soi, mais à faire la volonté du Père dans le service des autres, dans l'amour, dans le don de soi. N’avons-nous pas à laisser agir en nous la grâce de Dieu? En effet, Jésus est passé lui-même par ce déchirement qui touche chacun un jour ou l’autre. Devant la trahison de ses amis les plus proches, et l’angoisse devant la mort qui approche, avec ses peurs et ses larmes, Jésus s’en remet à son Père. C’est le chemin d’une vie nouvelle qui s’ouvre à lui dans sa résurrection. Cet événement de sa résurrection est le signe fondateur du Royaume de Dieu pour tous les hommes.