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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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18° Dimanche du Temps Ordinaire "A" 31 07 11

Le 18° Dimanche du Temps Ordinaire A, 31 juillet 11

Première Lecture : Isaïe 55 1–3

Deuxième Lecture : Romains 8 35, 37–39

      Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 14, 13-21

 

Lorsque Jésus connut la nouvelle (de la mort de Jean-Baptiste), il s’éloigna et partit discrètement avec la barque vers un lieu désert. Mais la foule l’apprit et les gens vinrent des villes à pied pour le rejoindre. En débarquant, Jésus vit cette foule nombreuse, il eut pitié d’eux et il guérit leurs malades. Lorsque le soir arriva, ses disciples s’approchèrent de lui et lui dirent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà passée. Renvoie cette foule pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les villages voisins.” Mais Jésus leur dit : “Il n’est pas nécessaire qu’ils s’en aillent, donnez-leur vous-mêmes à manger.” Ils lui disent : “Ici, nous n’avons que cinq pains et deux poissons !” Alors Jésus leur dit : “Apportez-les-moi ici !”

Puis il donne l’ordre à tout le monde de s’étendre sur l’herbe. Il prend les cinq pains et les deux poissons, il lève le regard vers le ciel, il prononce la bénédiction et rompt le pain. Ensuite il donne le pain aux disciples et les disciples le donnent à la foule.

Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les morceaux qui restaient : douze pleins paniers. Pourtant ceux qui avaient mangé étaient près de 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants.

 

            « Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. » En cette période d’été, on pourrait imaginer que Jésus, comme un chacun, avait besoin de vacances  et de silence ! Ce qui est sûr, c’est qu’il avait envie de changer d’air, en d’autres termes, il avait un besoin urgent de s’extraire du contexte où on voulait l’enfermer. Il était écœuré par les menaces et les exécutions, dont celle de son précurseur, Jean-Baptiste. Ecœuré par la façon de faire des puissants à l’égard des petits et à l’égard de tous ceux qui sont gênants parce qu’ils dénoncent les injustices. Les foules apprécient sa démarche, elles veulent prendre le même chemin pour ne pas être manipulées et utilisées. Sa parole entraînait, donnait de l’espérance au lieu d’écraser. Parce que ces foules quittaient leurs villes pour le rejoindre, on peut y déceler une grande confiance à son égard. L’évangéliste Matthieu met cette confiance en  valeur, car elle sera la base d’une rencontre merveilleuse entre Jésus et cette foule.

            Qui  peut rester indifférent devant les images insupportables de famine en Somalie, Ethiopie, et tant de campements de réfugiés où la misère a pris la place de la nourriture ? De même qui peut rester indifférent devant le massacre en Norvège où  76 jeunes sont morts par balles et sans compter les blessés graves ?

Combien de réfugiés, d’affamés arrivent, ou pas, à nos frontières sur des embarcations de fortune et qui voudraient bien partager quelques miettes de notre superflu. Manquer du nécessaire, c'est aussi la dure réalité de la vie de milliers de personnes autour de nous.

Effectivement, nous nous trouvons devant les deux situations les plus dramatiques qui soient. C’est la confrontation mondiale Nord-Sud, illustrée par la parabole suivante :

« Un riche et un pauvre soutenaient leurs ventres des deux mains : chacun souffrait d’ulcère.

« J’ai trop mangé » dit l’un. « J’ai trop faim » dit l’autre.

- Aurais-tu un remède pour moi ? dit le riche.

- Bien sûr, répond le pauvre : faisons table commune !

- Marché de dupe ! s’écrie le riche : qui s’y laisserait prendre ?

- Tu refuses mon remède parce que tu préfères ton mal à mon bien. Sans doute, j’envie ce que tu as mais toi, tu as peur de ce que je suis. C’est au cœur que nous avons l’ulcère. »

Le problème de la faim dans le monde, mais aussi le problème du terrorisme sont des problèmes d’Homme. Ils ne sont pas d’abord la conséquence du manque de moyens matériels  et techniques. Ils sont le résultat du chacun pour soi, de l’accumulation et du manque de confiance.  On trouve toujours de bonnes raisons pour justifier l’accueil de l’étranger qui a de l’argent et des capacités, alors qu’on renvoie à sa misère celui qui n’a rien. N’avez-vous jamais entendu cette triste justification : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. » On reste enfermé sur cette croyance que la violence et la force auront le dernier mot.

La tentation des apôtres, « renvoie cette foule, qu’ils aillent dans les villages s’acheter à manger », n’est-elle pas partagée par les meilleurs d’entre nous : « On n’y est pour rien, qu’ils se débrouillent ! » -  « Où est le problème ? dit Jésus. Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Autrement dit : « S’il y a un problème, c’est en vous que se trouve la solution ! »

Il se passe donc ceci. À une logique de consommation : vendre – acheter, Jésus répond par une logique de gratuité : donner – recevoir. De plus en plus de voix proclament qu’il est grand temps de fonder notre civilisation sur de nouvelles bases, sinon nous allons à notre perte. N’est-ce pas ce qu’Isaïe nous promettait déjà : « Venez, achetez sans argent et sans rien payer ! » Ils rêvent, ces prophètes !

« Nous n'avons que 5 pains et 2 poissons! » Nous nous sentons démunis devant la violence, les tensions, les groupes humains qui sont en train de se disloquer sous les coups de boutoirs des multiples réformes engagées dans tous les domaines. Tout cela est dangereux. Nous avons tendance à renvoyer la foule, à renvoyer les problèmes ailleurs car nous nous sentons dépassés. Ces 5 pains et ces 2 poissons sont devenus dans les mains du Christ offrandes à son Père de l’humanité entière et semences de communion en surabondance pour cette grande foule. « Et tous mangèrent à leur faim ». C’est l’annonce de l’Eucharistie, le pain de VIE pour l’humanité entière, c’est l’Amour de Dieu mêlé à nos vies !

            Et si nous restions ensemble, et si on apprenait à se parler - Si la confiance pouvait renaître, peut-être que beaucoup de choses pourraient aller dans le bon sens.  C’est l’inverse du sauve qui peut où chacun se préoccupe de sa survie y compris aux dépens de ses proches.

Le monde actuel est riche en moyens mais je crains pauvre en fraternité, en communication, en partage. Et si c'était notre propre cas, ça vaudrait certainement le coup de se mettre ensemble pour partager nos petits moyens et nous mettre à l’ouvrage pour bâtir cette cité fraternelle où le pain, si important à la vie des hommes, ne fera plus jamais défaut sur la table de l’humanité.

Par ce travail collectif, on entre dans l’amour de Dieu qu’il veut partager avec tous.

           

 

 

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