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NOEL 25 décembre 23
Première Lecture : Isaïe 9 1–3, 5–6
Deuxième Lecture : Tite 2 11–14
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 2 1–14
« En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Pour l’intelligence de l’homme du 21°, ce récit de Noël est troublant. La naissance de Jésus est présentée sous un aspect magique. Quelle distance entre ce jeune couple, Marie et Joseph déplacé par l’autorité romaine, et ce Dieu annoncé aux bergers par des anges ! Ce n’est pas pensable que Dieu, dans sa Grandeur et dans sa Bonté, se présente comme le plus petit des Hommes. Quoi de plus fragile qu’un enfant !
Aujourd’hui, l’homme est entraîné à construire sa vie sans Dieu. Noël est devenu un temps de fête et de retrouvailles dans un monde très éclaté. La nostalgie de Noël demeure, mais que sont devenues les interpellations de cet enfant de Bethléem venu partager notre existence ?
Chacun souhaite que ses proches soient heureux et que le monde « tourne rond ». Pour les enfants, on ne manque pas de perspectives solides, mais en même temps, que d'incertitudes et de fragilités. Ah, si les petits pouvaient réussir leur scolarité et les grands trouver des créneaux sécurisés pour un travail. Dans un monde de plus en plus individualiste, on s’inquiète aussi pour leurs liens humains. Pour soi, on souhaite une bonne santé et un travail créateur et rémunérateur. Mais ces souhaits relèvent du rêve, car la réalité est bien différente. De même pour le bébé de la crèche et le concert des anges de l’Evangile, la réalité c’est d’abord le poids de son environnement : le rejet, le froid, la nuit, l’incompréhension mais aussi l’accueil des bergers. Toutes les limites et toutes les possibilités n’empêchent pas Jésus d’accomplir sa mission au cœur de l’humanité.
Jésus est venu réaliser la prophétie d’Isaïe : « Tu as du prix à mes yeux, tu comptes pour moi et je t’aime ». Ça veut dire que nous sommes plus importants qu'un petit grain de sable sur la Terre. En effet, la bible nous dit que « Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance ». Aujourd’hui, à Noël, nous voyons Dieu venir à nous en son fils Jésus. Il revêt la condition Humaine dans sa plus grande fragilité.
Adulte, Jésus parcourt les chemins de Palestine en guérissant les malades, en redonnant espérance, confiance et en annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume. Cette Parole nous est parvenue à travers les méandres de l’histoire pour nous redonner espérance et confiance dans le concret de nos vies. Son contenu est tout simple : Dieu nous aime, il fait route avec nous. Et Jésus nous donne les moyens d’en vivre en disant : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés... Pardonnez comme le Père vous pardonne... Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Mais quand on est pris par l’urgence, l’immédiat on s’enferme dans les difficultés où le chacun pour soi reprend le dessus. Le vieil homme resurgit et fait l’impasse sur la beauté du message. Oh, qu’il est difficile de rester fidèle à ce projet d’Amour de Dieu.
La démarche de l’Amour de Dieu ne peut se vivre que dans l’échange et le respect des petits. Dès la naissance de Jésus surgit la violence d’Hérode qui va organiser le massacre des innocents. Aujourd’hui, on se retrouve face à des massacres comme celui des enfants de la bande de Gaza., sans parler de ces millions d’enfants qui meurent de faim chaque année. Ça confirme l’évidence des limites humaines. Nous n’échappons pas à la violence qui traverse le monde et qui passe aussi par nous. Noël est la fête du pardon, de la paix, de l’amour. Noël nous invite à être des veilleurs pour discerner le beau côté des choses et le bon côté des hommes.
N’est-ce pas un peu la même chose lorsqu’on porte toute l’attention sur la foule innombrable de foyers en difficultés : les mamans isolées, les familles recomposées, les enfants abandonnés et tiraillés par la déchirure de leurs parents…. Aucune loi ne peut résoudre ces difficultés. La seule perspective reste : le dialogue, l’entraide, le respect et le regard sur les possibilités nouvelles. Et personne n’est de trop pour soutenir ce combat contre la haine et la méchanceté. Ce qui fait de chacun un Humain, c’est son engagement dans ces questions vitales.