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25e dimanche ordinaire 19 09 21
1ère lecture : Livre de la Sagesse 2,12.17-20
2ème lecture : Lettre de St Jacques 3,16-4,3
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 30-37
« En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Quelle ressemblance entre le passage de la première lecture du livre de la Sagesse et de ce qui se passe aujourd’hui dans notre société, dite évoluée. L’auteur de la Sagesse décrit des gens prêts au pire, parce que la bonté, la douceur et la patience les agacent et les dérangent. Et St Jacques, dans la deuxième lecture, met le doigt sur tout ce qui fausse le plus nos relations, ce n’est pas l’incompréhension, mais ce qui se passe dans le cœur de chacun : la jalousie, la convoitise, la domination, être le plus beau et le plus fort etc….
Reconnaissons que la compétition à quelque chose de positif, elle fait vivre notre dynamisme, et met en valeur nos capacités. Nous avons pu le vérifier lors des JO à Tokyo., surtout lors des « Paralympiques ». Cela donne de l’enthousiasme et c’est nécessaire pour progresser.
Cependant, ça reste ambigu. Ainsi, pour être le premier ou le plus grand, trop souvent, cela se fait au détriment des autres, voir avec du mépris. Et Jésus nous rappelle que : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous ! »
Et voilà, que même les disciples se disputent les places d'honneur du Royaume qu'ils imaginent aux couleurs de leurs ambitions. Qu'avaient-ils alors compris à la nouveauté apportée par Jésus? Le Maître leur parle d'abaissement et eux rêvent de monter dans la hiérarchie; il leur annonce la dégradation de la croix, et eux réclament de monter en grade!
Nous aurions tort cependant d'accabler Pierre, Jacques, Jean et les autres, gens du peuple. Nous ferions mieux de débusquer en nous dans les replis plus ou moins secrets de notre personnalité et dans nos réactions quotidiennes, la soif de pouvoir qui nous habite, peut‑être inconsciemment.
Dans nos responsabilités, en famille, au travail et même dans nos églises, nous pouvons nous comporter en petits chefs, imbus de notre suffisance. II nous arrive d'imposer notre point de vue et de nous complaire dans la servilité d'autrui, en nous adjugeant la première place. Rien de neuf depuis la création !
La leçon donnée par Jésus à ses disciples ne nie pas la nécessité de l'autorité. On voit bien où ça mène quand il y a un laisser-faire ou fair-play. Autorité ne signifie pas domination, mais service. Mettre ses compétences au service de la société. "Celui qui veut être le premier, qu'il soit le dernier et le serviteur de tous!" Telle est, en effet, la place que Jésus lui‑même a voulu prendre.
Le service est donc une manière nouvelle de « prendre le pouvoir » et d'exercer l'autorité. Sur ce point, les chrétiens ont à faire entendre leur différence, tout spécialement dans l’Église. Le pape François s’insurge précisément contre un certain cléricalisme dans l’Eglise. Sur la base du service, comme le souhaite Jésus, de nouvelles relations s'établissent entre les hommes, et un monde nouveau est en train de naître, loin du climat de violence et de « l'univers impitoyable » dont les médias nous renvoient l'image.
Utopie de mettre en pratique le commandement de Jésus de se mettre au service de ses frères? Non, signe distinctif et mission prophétique du christianisme.
Jésus place un enfant au milieu de ses disciples, un petit au centre du cercle de ceux qui rêvent d'être grands: geste fort et provocateur; expression d'un renversement des valeurs. La vraie grandeur est dans le service des petits, en eux, Dieu lui‑même est accueilli. « Ce que vous avez fait aux plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »