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29e Dimanche du Tps Ord « A » 18 IO 2O
Lecture du livre du prophète Isaïe 45, 1. 4-6
1ère lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 1, 1-5b
Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 22, 15-21
« En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Aujourd’hui, ce n’est plus l’effigie de César que Jésus nous présenterait, mais l’Euro ou le Dollar. Comme il y a deux mille ans, nous vouons tous, plus ou moins, un culte à l'argent et sommes esclaves de ce système pour nous-mêmes bien sûr, mais surtout pour nos enfants, en espérant que cela nous rendra heureux. Est-ce toujours vrai ? Certes, beaucoup de nos enfants possèdent beaucoup de gadgets, mais sont-ils plus heureux pour autant ? Est-ce que le bonheur réside essentiellement dans la possession ou bien plus dans la joie de partager ce qu’on possède. Dans mes différents voyages, j’étais très touché par l’hospitalité et le partage de ceux qui en avaient peut-être le moins. Dans ma jeunesse, j’entendais souvent : « Tu peux rester, quand il y en a pour 5, il y en aura assez pour un 6° ».
Ce ne sont pas seulement l’argent et le pouvoir qui mènent le monde. Nous avons soif d’autre chose que de sécurité matérielle, de confort ou de richesse. Nous ne sommes pas que des producteurs et des consommateurs. Il y a en chacun de nous, un puissant désir de vie et d’amour : « d’aimer et d’être aimé. » Ce désir nous conduit bien au-delà des préoccupations financières ou politiques. Si nous négligeons cette part essentielle de nous-mêmes, nous risquons de faire de l’argent et du pouvoir un tout ou un absolu. Nous serons alors prisonniers de nos envies, de nos frustrations, de nos rivalités et de nos rapports de force.
Ne soyons pas naïfs au point de croire qu’il soit possible de se dégager complètement des réalités économiques et politiques. Personne ne peut prétendre se détacher des solidarités sociales au point d'ignorer la politique, le pouvoir, l'État. La fidélité à Dieu ne nous oblige pas à nous détacher complètement des préoccupations économiques et politiques comme si cette réalité ne concernait pas le chrétien. Je suis persuadé que le chrétien doit être présent partout où on prend des décisions concernant l’avenir de l’Homme. Le chrétien de par sa proximité avec l’Evangile est expert en humanité. Et c’est à ce titre-là, qu’il doit dénoncer fermement ce fossé qui se creuse de plus en plus entre les riches et les pauvres.
Sans vouloir jouer au prophète de malheur, après la pandémie, nous allons vivre une éclosion de la pauvreté, de la misère. Le processus est déjà bien entamé.
Comment accepter qu’un footballeur, bien placé, peut gagner 131 millions d’Euros par an, alors que le salaire brut d’une infirmière débutante est de 1700€. - On a déjà oublié le cri des premiers gilets jaunes ? Je peux comprendre que ceux qui gagnent l'argent à profusion disent parfois: « Oh, l'argent n'a pas d’odeur » Mais si, l'argent a une odeur. L'argent sent la sueur et parfois le sang. Il sent souvent la domination et l'exploitation. Oh, combien d'enfants travaillent pour un salaire de misère et pour l'enrichissement des riches. L'argent a le goût de la guerre économique, de la dette internationale. Il a une odeur de misère là où s'épuise tant de générosité.
La Parole du Christ: « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » nous engage à veiller à ce que partout, l'Homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, soit estimé et respecté. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. Comment célébrer l’eucharistie, sacrement de l’Amour de Dieu pour l’humanité, si nous ne rendons pas la dignité à l'Homme. « Car la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant »