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2ème Dimanche du Temps Ordinaire « A » 19 01 20
Première Lecture : Isaïe 49 3, 5–6
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 1 1–3
Evangile de Jésus Christ selon St Jean 1 29-34
« En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais »
A force d’être inondé d’infos, nous sommes habitués à ces images télévisées qui nous montrent des peuples entiers laminés par la guerre ou affaiblis par la famine. Où est la dignité de ces hommes qui luttent pour leur survie ? Quel est le prix de ces populations décimées par les fléaux ? Ces hommes semblent n'avoir de prix aux yeux de personne. On joue avec la vie humaine. Une « erreur d’appréciation » a coûté la vie de ces 176 passagers Téhéran-Kiev. Et déjà, on les oublie...un événement en chasse un autre ! Il est bon de rappeler la phrase du prophète Isaïe : « Tu as du prix à mes yeux, du compte pour moi, je t’aime… » dit le Seigneur au creux de l’oreille d’un chacun.
Peut-être aussi, sommes-nous habitués aux chiffres du chômage. Il y aurait les lois implacables de l'économie qui justifieraient le rejet des milliers d'hommes et de femmes qui forment déjà les " exclus " d'une société où seul le rendement a du prix.
Peut-être enfin côtoyons-nous de ces hommes qui n'ont pas de prix à leurs propres yeux, se sentant étrangers dans une société où les critères de réussite se fondent sur la beauté, la richesse, les diplômes.
Ces hommes et ces femmes " dévalués " ne sont pas regardés pour eux-mêmes, mais toujours en fonction de critères qui leur sont extérieurs. La première chose à faire est sûrement de regarder chacun pour lui-même pour en découvrir l'unicité. Un peu à la manière de Jean-Baptiste qui " repère " le Christ au milieu de la foule qui vient se faire baptiser. Déjà il l'indique à ceux qui l'entourent : « Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. »
Ceux qui viennent vers Jean pour se faire baptiser sont des hommes qui ont pris conscience et du mal dans la société et du mal dans leur cœur. Aujourd’hui le mal, dans le monde et dans nos cœurs, se présente sous des formes toujours nouvelles. L’histoire et la vie changent constamment, elles sont en évolution permanente. Mais chacun voit surtout le mal qui l’écorche et qui le fait crier. En même temps, on ne sait pas voir le mal qui nous habite et par surcroît, on arrive toujours à justifier nos façons de faire. Jésus dénonçait cette façon de faire en disant : « Tu vois la paille dans l’œil de ton frère. Tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. » En regardant l’actualité, les exemples ne manquent pas. On traite facilement de profiteurs tous ceux qui bénéficient de l’aide sociale, alors qu’ils viennent les mains vides. Par-dessus le marché, on généralise les défauts de quelques uns pour jeter le discrédit sur tous. D’autre part, on ne cherche pas à aller au fond des choses, on parle comme les médias, on veut surtout justifier ses positions personnelles. Les montages qui circulent le plus, par Internet, sont truqués. Ils veulent surtout prouver ce qui les arrange. C’est le contraire de la vérité. C’est le contraire de l’évangile qui est Bonne Nouvelle pour tous les hommes.
À ces hommes qui désirent et essayent de se sauver, Jésus vient révéler le don de Dieu. Cette révélation est capitale. Elle habille d’espérance l’avenir de l’humanité et justifie nos combats pour la justice. En effet, Jésus – se plaçant au milieu des pécheurs pour être baptisé – sera reconnu comme « l’Agneau de Dieu » qui enlève le péché du monde. Aucun signe ne le distingue et c’est à son humilité, à son amour que Jean le reconnaît et le désigne. C’est bien lui qui enlève le péché de nos épaules pour le pardonner. Du haut de la croix il dira : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». St Paul souligne à plusieurs reprises que : « C’est par grâce que vous êtes sauvés ». C’est le cadeau de Dieu. « L’amour a fait les premiers pas ».
Par notre baptême nous avons reçu le cadeau de Dieu. Par notre baptême nous savons que nous pouvons appeler le Père de Jésus : notre Père. Mais il ne suffit pas de dire : « Père », il faut vouloir que son règne vienne : règne d’Amour, de Justice et de Paix. Et pour ce faire, il faut nous bouger. Il ne suffit pas de dire : « Paix », mais désirer la paix et nous souvenir qu’elle ne peut se poser que là où elle trouve des enfants de paix. Ces enfants de paix sont « ceux qui ont faim et soif de justice ».
Pour que l’humanité ne sombre pas dans la désespérance, il lui faut des témoins d’espérance. Le mot témoin vient du grec : martyr. Ce mot a pris le sens du témoin qui va jusqu’à donner sa vie pour témoigner de la vérité. Pour nous chrétiens, cette vérité, c’est la tendresse de Dieu. C’est la source de notre joie et de nos combats. Quoiqu’il arrive, nous pouvons compter sur Lui, quel bonheur !
A chaque eucharistie, nous reprenons les mots du Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Les juifs mangeaient l’agneau pascal. Aujourd’hui, Jésus se fait notre nourriture pour faire grandir en nous la douceur, la tendresse, la pauvreté du cœur, en un mot, la vie même de Dieu en nous et entre nous.