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20181212
12° Dimanche du Tps Ord. « B » Fête de St Jean Baptiste 24 06 18
1ère Lect du livre du prophète Isaïe (49, 1‑6)
2ème Lect du livre des Actes des Apôtres (13, 22‑26)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57‑66. 80)
« Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. »
Pour mieux comprendre ce passage d’évangile, il faut le situer dans son contexte historique et concret. Le peuple de Dieu est en attente du Messie. Tout le monde est fatigué par la présence dominante de l’armée romaine. En même temps, la conduite de leurs responsables religieux ne proposait aucune espérance. Ils étaient de mèche avec l’occupant. Heureusement, Dieu n’est pas loin de son peuple en souffrance. Elisabeth et Zacharie était un couple sans avenir, mais « rien n’est impossible à Dieu. »
Jean-Baptiste, c’est d’abord un destin unique, un personnage original, de par les circonstances de sa conception et de sa naissance, choisi par Dieu lui-même. N’est-ce pas le fondement de tout croyant ? Chacun de nous n’est-il pas unique, lui aussi ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, même dans les aléas ordinaires de notre vie, des élus de Dieu, des désirés de Dieu, des appelés par lui à la vie, chacun avec un rôle à jouer, irremplaçable, dans son existence, si humble qu’elle soit ?
Oui, il y a du Jean-Baptiste en chacun de nous, parce que nous sommes des humains créés à l’image de Dieu, parce que nous sommes tous des aimés et des envoyés de Dieu depuis toujours. Il est l’homme d’une mission qui inaugure un monde nouveau. C’est la fin de l’ancien testament.
Jean Baptiste a consacré son temps avec audace, et même toute sa vie, pour aller jusqu’au bout de sa mission. Courageux dans la dénonciation du mal, persévérant, malgré les persécutions des despotes de son temps. C’est un exemple qui doit encore nous parler aujourd’hui. Tout chrétien doit vivre en cohérence avec sa foi.
Il y a du Jean-Baptiste dans tout chrétien, sinon, il trébuche et finit par se décourager. Dans un monde où il ne reste plus que le matérialisme, le vide spirituel provoque une méfiance, voire une hostilité à l’égard de tout ce qui est religieux. De ce fait, on ne sait plus apprécier et reconnaître ce qui est indispensable à notre équilibre humain. Encore aujourd’hui, il y a des personnes qui dénoncent le matérialisme et la modernité comme la panacée qui peut résoudre tous les problèmes. Alors que c’est aux personnes et à chacun de nous de résoudre les problèmes Dans ce domaine, nous avons la chance d’avoir le pape François, qui est un pionnier.
La vie de Jean-Baptiste était entièrement orientée vers une lumière, le Sauveur, comme le tournesol vers le soleil. Son existence fut une longue transparence à Jésus. Comme le montrent de nombreux tableaux et statues, il fut vraiment le doigt qui désigne le Christ à ses propres disciples, qui vont suivre le Messie.
En ce sens, être Jean-Baptiste aujourd’hui, c’est le cœur de la mission d’une Eglise humble et fidèle, toute orientée par l’Evangile du Christ et son Esprit. L’Eglise n’a pas un intérêt personnel, mais doit se mettre totalement au service de son Seigneur.
C’est la vocation de chacun de nous. Prêtres, diacres, religieux et laïcs, nous devons tous être branchés sur Jésus. Il importe d’entendre sa Parole, d’être nourris par son Eucharistie, inspirés et dynamisés par son Esprit.
Les témoins qui nous voient vivre de cette proximité avec Dieu, peuvent dire comme Jésus : « Voyez comme ils s’aiment ». Ainsi ils rendront gloire à notre Père qui est dans les cieux.