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Par Riehl François
2° Dimanche de l’Avent « B » 10 12 17
Première Lecture : Isaïe 40 1–5, 9–11
Deuxième Lecture : 2Pierre 3 8–14
Évangile de Jésus Christ selon St Marc 1 1–8
« Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
Le premier dimanche de l’Avent, Jésus nous annonce une Bonne Nouvelle : « Restez éveillés. » Si Jésus insistait sur cette attention, il savait que le quotidien de la vie nous embarque dans un tourbillon, qui nous rend prisonnier. On est tellement pris par l’immédiat, les urgences au point qu’on ne sait plus apprécier les vraies raisons de vivre. Il serait intéressant de porter un regard lucide sur ce qui nous a permis de « veiller » càd, d’être attentif sur notre vécu de la semaine, comme le demandait Jésus. Cette prise de conscience ne peut se faire que dans la mesure où je me sens lié au Créateur, qui nous a créés à son image ? Comme Jean Baptiste est l’envoyé du Créateur, ainsi, chacun de nous est aussi un chargé de mission.
Jean Baptiste est parti au désert pour y vivre. Mais il a entraîné derrière lui, tous ceux qui en avaient assez de cette société de faux semblants, de magouilles, de trahisons et de complicité avec les dominants. Aujourd’hui nous vivons dans des conditions aussi troubles, et Marc l’évangéliste nous invite à préparer le chemin du Seigneur, au milieu des réalités de la vie d’aujourd’hui. Et ce chemin, c’est la compassion, la paix, la justice, la fraternité, l’amour de Dieu et du prochain que nous avons à mettre en oeuvre. Nous mesurons que ce chemin-là n’est pas facile. Mais si nous voulons vivre en disciple du Seigneur et en harmonie avec les plus fragiles, il nous faut emprunter ce chemin. Difficile, mais non impossible.
Quand on repère des gens, croyants ou non, qui engagent toutes leurs énergies dans ce service d’humanité, ils en sont transformés et sont entrainants pour d’autres. Evoquons, l’Abbé Pierre et les sans toits, Sœur Emmanuelle et les chiffonniers, Sœur Térésa et les mourants. Aujourd’hui, on peut évoquer le Père Henri Burin des Roziers, qui s’est engagé, comme avocat, pour défendre les droits des paysans sans terre au Brésil, au risque de sa vie. On ne peut pas oublier non plus, toutes les démarches du pape François à l’égard des gens en grands dangers, comme les migrants à Lampedusa et ces jours-ci les Rohingyas en Birmanie. Comme ces personnes exemplaires, chacun a des capacités à mettre en œuvre pour servir son prochain.
Le temps de l‘Avent est un temps où on est invité à faire naître et surgir le Dieu d’Amour, bien présent au cœur de nos vies. Jésus nous dit qu’il est là, mais on a du mal à le découvrir parce qu’on le cherche ailleurs, dans le sensationnel et trop souvent dans le futile. On agit à son égard comme ceux qui entretiennent l’illusion que la loterie va les faire vivre tous les jours. C’est à l’image d’un enfant qui est accroc à son portable ou à sa tablette. Les yeux, les mains et les oreilles sont tellement occupés que rien ne peut le toucher. Par ailleurs, des gens se font appareiller pour mieux entendre, voir et communiquer. Les appareils les plus perfectionnés restent ambivalents et ne nous rapprochent pas nécessairement de Dieu. C’est la conscience d’un chacun qui est porteuse de dépendance ou de liberté, de soumission ou de service.
L’expérience du désert, c’est de laisser des espaces et du temps libres. L’expérience du désert est une expérience qui conduit à une transformation intérieure. Et c’est cette démarche-là, qui nous met en capacité d‘accueillir l’amour de Dieu et des autres.
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