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5° Dimanche du Tps Ord "B" - 08 02 15

5° Dimanche du Tps Ord « B » – 8 février 15

1ère lecture du livre de Job 7,1-4.6-7

C’est une corvée, cette vie de l’homme sur terre, ses jours sont dignes d’un mercenaire.

Il est l’esclave qui soupire après l’ombre, l’ouvrier qui attend son salaire.

J’ai reçu en partage des mois de malheur, les nuits de souffrance ont été mon lot.

Au lit je me dis : “À quand le jour ?” ; une fois levé je soupire : “Quand fera-t-il nuit ?”

et mon esprit s’agite jusqu’à la fin du jour. Mes jours ont couru plus vite qu’une navette,

et voici qu’ils s’achèvent sans espoir. Rappelle-toi que ma vie n’est qu’un souffle

et que mes yeux ne reverront pas le bonheur ! (Bible des Peuples)

2ème Lecture 1ère lettre de St Paul aux Corinthiens 9,16-19.22-23

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 29-39

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : «Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti.»

Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais. (Bible des Peuples)

Le cri de Job a commencé à se fait entendre depuis fort longtemps. Lorsque le premier être humain a été blessé dans sa chair, il s’est mis à hurler de douleur. Ce cri est celui de toutes les victimes de cataclysmes naturels et de la méchanceté humaine. Il résonne aujourd’hui encore lorsque le terrorisme fait peur au niveau international ; il déchire des familles par des massacres ; kidnappe des écolières adolescentes pour en faire des esclaves ; on veut nous rendre témoin de gens égorgés sans autre raison que le scandale du spectacle. Il y a aussi des cris de désespoir quand la neige tant attendue devient un cauchemar pour tous ceux qui n’arrivent pas à leur destination et toutes les imprudences qui font des blessés et des morts. Il y a quelques mois, on n’avait pas de mots pour parler de la gravité d’Ebola qui a anéanti des milliers de personnes y compris parmi les secouristes. Toutes ces clameurs ne résonnent-elles pas comme le cri de chaque être humain touché par les maladies, les catastrophes et les injustices ?

Les cris de désespoir, de révolte et de vengeance font partie de notre condition humaine créée par Dieu. Trop de gens, surtout parmi ceux qui ont eu une ‘’bonne éducation chrétienne’’ s’imaginent que ces sentiments-là sont des péchés. En nous donnant un cœur, et non un bloc de glace à la place du cœur, Dieu a pris le risque d’y voir fleurir l’amour et jaillir la haine.

Job est plus proche de nous que nous ne le pensons. Car Job, comme Jonas, est un personnage imaginaire, il est présent en chacun de nous ! La question qui est posée dans le livre de Job est celle-ci : existe-t-il quelqu’un qui soit capable, à partir d’une souffrance injuste, d’affirmer sa foi et sa confiance en Dieu, donc de bien parler de Dieu ?

Et en effet, Dieu donnera sa réponse, mais cinq siècles plus tard. Sa réponse s’appellera Jésus de Nazareth, dont le nom signifie « Dieu sauve ». Jésus ne fait jamais de discours sur la souffrance, mais toujours il est proche et soutien tous ceux qui peinent. Il refusera toujours d’expliquer la souffrance. Par son attitude, il vient l’habiter de sa présence. C’est ce que l’évangile de Marc nous montre au cours de cette journée type de Jésus. Là, on s’aperçoit qu’il va d’abord, non pas chez « les grosses légumes du parti », de la région et de la synagogue. Mais il prend un soin particulier pour tous ceux qui ont le visage même de Job, l’innocente victime du malheur : les lépreux, les paralysés, les déprimés. Par contre, il remet en place tous ceux qui veulent profiter du malheur des autres avec leurs ‘’esprits mauvais’’.

Suite au massacre de Charlie Hebdo, une foule immense s’est levée pour témoigner de son attachement aux valeurs Républicaines. Pour nous chrétiens, le titre du journal qui suivra l’événement: « Tout est pardonné » est parlant de l’attitude de Dieu qui n’a pas de compte à régler. C’est le cri même de Jésus sur la croix disant : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Malheureusement, quelques semaines plus tard, les débats politiques et les élections cassent ce projet républicain pour revenir aux vieux démons partisans en laissant la place à la haine et au règlement de compte.

Jésus continue à venir à nous, de même qu’il est allé chez la belle-mère de Simon et chez tous les paumés du quartier et les blessés de la vie. Il continue à venir à nous avec une « oreille attentive ». Il se tient au pied du lit de chaque malade pour leur manifester la tendresse de son Père.

En ce dimanche des malades, l’Eglise tient à manifester cette attention particulière de Dieu à l’égard de tous ceux qui font l’expérience du mal, de la détresse, de l’injustice et qui cherchent une main, un réconfort, une compréhension et un sourire de tendresse.

Pour nous aujourd’hui, l’attitude de Jésus, nous invite à mesurer les souffrances qui écrasent tant de gens et de peuples. On a fait d’énormes progrès pour apaiser la douleur physique, mais il y a toujours des déchirements qui persistent au cœur de tant de personnes. A toutes les souffrances que certains combattent, d’autres en rajoutent encore. Récemment, certains ont cru voir le doigt de Dieu dans la maladie du sida et du virus Ebola. Faut-il encore rajouter une couche à celui qui est déjà atteint, comme s’il ne suffisait pas au malade d’être malade et qu’il fallait en plus l’écraser, le juger, le calomnier, le condamner ? Jésus prend la main de la malade et la remet debout. C’est tout ! Dans l’Evangile le discours sur la maladie n’existe pas. Jésus agit ! Combien de bénévoles visitent les malades dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite et d’handicapés. Ils n’ont peut être pas grand-chose à dire, mais leur présence les font exister et leur redonne goût à la vie. Savoir prendre la main de celui qui souffre, c’est une autre façon de lui dire qu’il reste un frère.

Jésus ne cède pas à la tentation de la gloire facile, fruit des guérisons accomplies. Il se retire pour prier et repart sur les routes annoncer la Bonne Nouvelle. Rien ne le détournera de sa mission. Prier, annoncer, guérir: trois attitudes pour une unité de vie. Tout prend sa source dans l’intimité avec le Père, et les guérissons sont des signes de la proximité du Royaume.

Les mêmes mots peuvent être les piliers de toute vie chrétienne. Etre présent, témoigner, agir, aimer, prier, tendre la main au malheureux, être artisan de paix.... voilà un bon programme pour qui veut être un vrai disciple de Jésus-Christ. Voilà la source de toutes guérisons. Et la guérison donne confiance à chacun pour repartir vers une vie nouvelle.

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