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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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1er Dimanche de l'Avent "B" - 30 11 14

1er Dimanche de l’Avent « B » 30 Novembre 14

Première Lecture : Isaïe 63 16–17, 19; 64 2–7

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 1 3–9

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 33-37

« Jésus parlait à ses disciples de sa venue. Faites attention, restez éveillés ! Car vous ne savez pas quand ce sera le moment. Il en sera comme d’un homme qui part à l’étranger et laisse sa maison ; il a donné des responsabilités à ses serviteurs : à chacun son travail, et il a demandé au portier de rester éveillé. Veillez donc ! Vous ne savez pas si le maître de maison reviendra le soir, au milieu de la nuit, au chant du coq ou au petit matin. Il ne faudrait pas qu’il vous trouve en train de dormir lorsqu’il reviendra à l’improviste. Ce que je vous dis, je le dis à tous : restez éveillés ! » (Bible des Peuples)

Ca y est, c’est parti avec huit jours d’avance ! Vous devinez certainement ce à quoi je fais allusion ? En cette fin d’année, tous les médias rivalisent d’imagination, pour aguicher la clientèle : il y en a pour les petits et pour les grands. La préparation des fêtes de Noël est devenue un grand marché. Il n’y a plus que les bonnes affaires qui comptent. Sans tarder, des parents, des grands parents se mettent « en chasse » pour trouver le cadeau souhaité par leurs petits « chéris ». Mais qu’est-ce qui fait courir tant de monde en cette période de l’année ? D’une part, au nom de la laïcité, certains voudraient éliminer toutes références religieuses, et en même temps on utilise les mots, les décors de « crèches » qui sont les fondements de notre vie chrétienne.

En commençant cette nouvelle année liturgique, Jésus nous recommande : « Prenez garde, veillez ». Et il y a de quoi faire ! Par là, il demande, à ses disciples et donc à nous aussi aujourd’hui, d’être des guetteurs à l’affût des appels que Dieu nous fait dans le quotidien de nos vies. C’est pour cela qu’il nous faut aiguiser notre sensibilité à l’égard de ce qui nous entoure. Comme la semaine dernière, Jésus nous ramène à la réalité de notre existence, là où les hommes peinent, luttent et aiment. C’est là, dans le concret, que chacun peut être un vrai disciple de Jésus. C’est là, où on peut vérifier que notre foi n’est pas un rêve décroché de l’existence, mais elle est enracinée dans ce que Dieu met à notre portée. « Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mat 25)

L’Eglise propose ce temps de l’Avent pour renouveler notre façon d’accueillir et de découvrir Celui qui est déjà à l’œuvre dans l’humanité, à savoir : l’Esprit de Dieu que Jésus est venu révéler et manifester. Dans un monde de plus en plus perturbé, divisé et en mutation, la situation des hommes semble de plus en plus difficile, fragilisée et pleine de contradictions. En son temps, Jésus a rencontré la violence de l’occupant mais aussi de ses propres dirigeants. Au contact des exclus, des lépreux, des aveugles et de tous les marginaux de l’époque, Jésus voulait que ce monde se transforme et devienne meilleur. Pour ce faire, il a pris le chemin du désert et s’est inscrit à la suite de ceux qui avaient faim et soif d’un monde plus juste et plus fraternel.

Aujourd’hui, Jésus invite ses disciples à s’inscrire dans une démarche de croyant au Dieu présent dans le concret de la vie. C’est à eux maintenant de faire surgir l’Esprit de Vérité, de Justice et de Paix. C’est aux chrétiens de révéler qu’il s’agit bien de l’Esprit de Dieu qui agit au cœur de tous nos efforts et de nos luttes pour un monde meilleur. En effet, un chrétien qui n’est plus motivé, en recherche de paix, de vérité et de justice ressemble à un blasé, un déçu, à quelqu’un qui ne croit plus en rien et qui n’attend plus rien. Il ne lui reste plus que sa paralysie, son amertume à partager. Cela est sans espoir et sans avenir.

Mais, heureusement, il y a aussi des gens qui n’ont jamais entendu parler de Jésus, mais qui sont animés par le même Esprit de paix, de justice et de miséricorde. L’important dans la façon de conduire sa vie n’est pas dans l’étiquette chrétienne, mais dans la façon de se comporter avec les autres. C’est ce que l’évangile de dimanche dernier nous rappelait.

Dans le contexte d’aujourd’hui, les subventions aux nécessiteux diminuent et les affamés augmentent : l’hiver dernier, les Restos du Cœur ont servi 130 millions de repas en France. Il y a même de plus en plus d’étudiants et des jeunes à la rue qui cherchent de quoi calmer leur faim. Tout le monde est unanime pour dénoncer la misère et pour solliciter les bonnes volontés. Cependant, il est plus important d’établir des règles qui permettent à chacun de vivre dignement et d’apporter sa part à la société que de dépendre du bon vouloir de ceux qui ont les moyens. C’est une question de justice et de dignité. Dans son discours à Strasbourg, le Pape François, en s’adressant aux députés européens rappelait l’essentiel de toute responsabilité humaine : « ….affirmer la dignité de la personne, c’est reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, qui nous est donnée gratuitement et qui ne peut, pour cette raison, être l’objet d’échange et de commerce…. »

Nous faisons tous l’expérience que notre vie est mêlée à des aspects qu’on ne maîtrise pas. La plupart des discours veulent nous apaiser et nous endormir, alors que Jésus nous dit le contraire : « VEILLEZ »

Veillez, c’est être attentif et à l’écoute, individuellement et collectivement, de tous les cris des malheureux. C’est se laisser bousculer et s’indigner du malheur qui leur arrive. C’est chercher avec eux des ouvertures et des possibilités pour améliorer leur condition de vie. N’est-ce pas la dimension concrète de la foi qui ne désespère jamais de l’Homme ?

Ce temps de l’Avent, c’est une chance de ressaisir l’originalité de notre foi chrétienne. Temps propice pour raviver en nous les énergies enfouies. Ce n'est pas chose facile de jeter sur nous-mêmes un regard loyal, sans complaisance, un regard lucide et un regard d’espérance qui fait la vérité et permet de se convertir.

En ce premier dimanche de l'Avent, ne perdons pas de vue que l'Avent ne nous prépare pas seulement à célébrer la naissance de Jésus comme la mémoire d'un passé qui s'est déroulé à Bethléem. C’est la naissance du Christ AUJOURD’HUI dans le cœur des hommes. Là, nous passons d’un doux souvenir à une réalité complexe mais riche de la bonté de Dieu.

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