Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ – 22 juin 14
Première Lecture : Deutéronome 8 1–3, 14–16
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 10 16–17
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 6 51–58
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et ce pain que je donnerai, c’est ma chair livrée pour la vie du monde.” Les Juifs commencèrent à se diviser. Ils disaient : “Cet homme va-t-il nous donner à manger de la chair ?” Jésus leur dit : “En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang vit de vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour. Ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment une boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que je vis par le Père, car le Père qui m’a envoyé est vivant, de la même façon celui qui me mange vivra par moi. Voici le pain qui est descendu du ciel. Ce ne sera pas comme pour vos pères qui ont mangé, et ensuite ils sont morts : celui qui mange ce pain vivra pour toujours.” (Bible des Peuples)
Avec la venue de l’été, les fêtes se multiplient au niveau local et au niveau international : la fête des voisins, la fête du quartier, la fête de la musique, les fêtes traditionnelles remises au goût du jour, les associations qui se retrouvent. Au niveau international, il y a aussi des temps forts, comme actuellement la coupe du monde de football. Dans toutes ces manifestations, on recherche l’excellence, les plus beaux côtés de chaque spécialité. Toutes ces fêtes sont importantes pour manifester la dimension mondiale de chaque personne : chacun est membre de la même humanité. Seul on n’est rien, ni le passé, ni le présent, ni l’avenir ne peuvent exister sans les autres. L’être humain est un être de relation. En la fête de la Trinité, dimanche dernier, on célébrait déjà cette vie réussie en Dieu : Père, Fils et Esprit Saint.
Aujourd’hui, en la fête du Corps et Sang du Christ, l’évangile veut nous donner les moyens de réussir notre vie avec les autres. Se donner encore quand on a tout donné ! C’est l’exemple du Christ quand il offre à ses disciples son corps en nourriture et son sang comme boisson. C’est au moment le plus tragique de son existence que Jésus se livre tout entier à ses disciples, non comme une nourriture terrestre, mais comme une nourriture qui transforme la vie. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » C’est la clé de son testament. Jésus est venu pour transmettre la vie de Dieu et permettre aux disciples de tous les temps et à nous aujourd’hui, d’en vivre pleinement. De la même façon que cette nourriture nous ouvre à la fraternité, à la paix et à la justice pour tous, ainsi, nous mettons en œuvre les béatitudes. Cet idéal de vie est contrecarré en permanence dans notre société. Là où la générosité est mise en valeur, certains n’hésitent pas à accaparer pour eux ce qui appartient à tous. Dans le quotidien, qui se préoccupe du respect des biens publics ? « Comme ce n’est pas à moi, j’en ai rien à cirer, je m’en fous », cette expression est courante, nous l’avons certainement entendue et peut être même exprimée. La réussite du vivre ensemble dépend du comportement et de l’attention de chacun. Et Jésus montre l’exemple en disant : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour, que de donner sa vie pour ses amis. »
Communier au Corps du Christ doit réveiller notre attention aux plus fragiles, à ceux que la vie nous confie. Par le fait même, la communion au Christ nous éloigne du chacun pour soi et de l’indifférence en général. Se donner aux autres, se rendre utile, apporter le meilleur de soi-même est certainement la plus grande source de joie et de bonheur. A tel point que St Paul, dans les Actes des Apôtres ch 20,35, met dans la bouche de Jésus cette belle phrase : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
L’Eucharistie est un acte d’amour. C’est Jésus qui se donne à nous gratuitement et nous confie une responsabilité au cœur de ce monde. Nos vies, nos souffrances, nos luttes humaines, nos responsabilités, nos joies, notre travail, nos peines, Jésus nous invite à ne pas les subir. Il nous invite à les assumer librement. « Prenez et mangez » veut dire, nourrissez-vous de ma vie pour sortir de vos Eglises. Aller vers ceux qui cherchent, qui doutent et qui attendent une présence aimante, à l’image de Celui qui s’est livré pour nous. Réapprendre à nous donner librement, à nous livrer, quoi qu’il arrive. Recevoir dans la communion la grâce de la liberté des enfants de Dieu, à savoir : donner le meilleur de nous-mêmes dans les petites choses de la vie comme dans les plus grands engagements de l’existence. Il faut se réapproprier le chapitre 25 de St Matthieu : « ce que tu as fait à ton frère, c’est à moi que tu l’as fait ». Il reste tant à faire pour que tous les hommes aient de quoi à manger ; pour que dignité, paix et liberté deviennent bien réelles à l’ensemble de l’humanité. Pour Jésus et pour ses disciples, importe que plus personne ne se sente rejeté, exclu.
Réapprendre à croire en l’amour de Dieu quoi qu’il arrive. L’eucharistie nous en offre la grâce. Vous qui connaissez la maladie, les infirmités, vous savez combien il est difficile de se croire encore aimé par Dieu aux heures les plus sombres. Et pourtant, de quelle force rayonnent tous ceux qui sont habités par une telle foi. Quelle chance, quelle grâce pour l’humanité quand des hommes et des femmes burinés par l’épreuve s’ouvrent toujours et encore à une disponibilité désintéressée !
Dans l’Eucharistie, nous réapprenons à nous faire les serviteurs d’une fraternité universelle. Au sein de notre humanité désunie et déchirée nous avons à devenir ferment de vraie liberté, d’espérance et de fraternité. Puissions-nous tous et chacun faire fructifier cette ouverture que l’Eucharistie nous donne de bien vivre ensemble.