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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 18:59

                     ASSOMPTION 2017

Première Lecture : Apocalypse de St Jean 11 19—12 6, 10

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 15 20–26                                         Évangile  de Jésus-Christ selon St Luc 1 39–56

 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empres­sement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tres­saillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 

 

A notre époque où on est toujours en train de courir, beaucoup redécouvrent les vertus de la randonnée – de la marche – du vélo. Marcher en groupe, avec quelques amis, cela refait la santé, mais permet aussi d’oxygéner les esprits fatigués et stressés. N’est-ce pas aussi pour cette raison que les pèlerinages, entre autre celui de St Jacques de Compostelle, ont retrouvé beaucoup de ferveurs ? Le pèlerinage est une invitation à partir, à se mettre en route, aller à la rencontre d’autres personnes, prendre le temps de relire nos liens  avec les Hommes de ce temps et avec Dieu L’important n’est pas d’arriver à une destination, mais de vivre une expérience en cours de route. C’est le chemin qui permet de progresser lentement  et de découvrir des situations nouvelles ! Ce chemin est fait de joies et de peines, de souffrances et d’espérances qui nous font sortir de nos enfermements. Les croyants ne sont pas des gens arrivés. Ce sont des nomades, des gens en marche. Celui, qui est installé, a des difficultés à progresser  dans sa  foi et à la garder vivante.

Dans ce temps de vacances, il y a ceux qui ont choisi ces moyens de détentes  et de renouvellements. Mais en même temps, on n’a jamais autant parlé des foules immenses qui sont obligées de quitter leur maison, leur pays, leur famille, leur religion sous peine de mort. Chez nous, tous ces immigrés qui se cachent sous des ponts, dans des squats, dans les forêts, dans les dunes, ceux qui sont dans des centres de rétention. On ne peut même pas dire ce qui s’y passe, tellement c’est grave et désespéré pour beaucoup. Face à tous ces drames humains quelques voix et quelques actions redonnent un peu d’espoir. De grâce, pas de jugements tout faits, mais cherchons à connaître pour comprendre et soutenir.

Revenons  à Marie, que nous fêtons aujourd’hui. L’Assomption met en valeur la maman de Jésus qui a aussi beaucoup marché. Elle est allée soutenir sa cousine Elisabeth dans la montagne de Judée. Elle a marché, sans doute avec beaucoup de fatigue, pour aller de Nazareth à Bethléem au moment du recensement alors qu’elle était enceinte. Après la naissance de Jésus, devant le massacre des innocents, Marie et Joseph ont vécu la fuite en Egypte. Elle a marché sur les routes de Palestine à la suite de son Fils jusqu’au Golgotha, un certain vendredi saint. – Elle a aussi accompagné les apôtres dans les débuts de la communauté chrétienne. Ainsi on la retrouve avec l’apôtre Jean à Ephèse.

Marcher, aller à la rencontre de… progresser…avancer….chercher de nouvelles issues à leur drame, voilà un vocabulaire qui  rejoint les requêtes de l’Homme d’aujourd’hui.

Marie a eu surtout une foi itinérante… une foi qui progresse. Marie n’est pas l’icône d’une foi magique qui n’a pas besoin de s’investir. Marie a connu, comme chacun d’entre nous : des hauts et des bas. Des moments où tout paraît simple, facile à vivre. Mais sa foi, comme la nôtre, a été une foi chahutée avec ses commencements, ses incompréhensions, ses doutes mais aussi avec ses certitudes, ses joies, ses engagements.

Sa foi éclaire notre itinéraire et celui de toute l’humanité. Marie est la mère des commencements. Elle s’est mise en route sans savoir d’avance jusqu’où cela la conduira. Marie qui n’a pas tout compris du 1° coup, nous rappelle combien la foi est source permanente de relecture, d’interprétation toujours renouvelée de la Parole de Dieu au contact des événements du monde et de l’actualité.

Son Magnificat prend ses racines dans la vie du peuple de la Palestine. Il est question des opprimés, des humbles, des petits, de renversement de situations…ça bouge….ça         tourne… ça ne laisse jamais indifférent.
Pour Marie il n’est pas possible de séparer l’histoire et son actualité du Royaume de Dieu. Le combat pour une vie meilleure est inséparable de l’amour de Dieu pour son peuple.

Ainsi l’itinéraire de Marie nous montre combien la foi est d’abord une « naissance », une vie toujours en croissance, une semence jetée dans le cœur de l’homme, qui doit germer, prendre racine et donner du fruit.

Les chrétiens sont des voyageurs comme Abraham, comme Marie comme tous les croyants de l’histoire humaine. Nous aussi, tant que nous marchons, nous sommes des vivants

Ceux qui croient être arrivés, s’installent et à force de s’installer, de se sédentariser, de penser au confort, ont fini par oublier le but du voyage.

Dieu nous veut sur les chemins et les routes, dispersés à travers le monde, comme la semence est dispersée. Notre baptême nous a fait membres de cette Eglise en marche, qui va de l’avant, qui témoigne d’une foi vivante.

 

Bonne fête à toutes les « Marie »

 

                                   

 

 

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