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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 10:05

19 Dimanche du Temps Ordinaire  « A » 13 08 17

  Première Lecture : 1Rois 19 9, 11–13

   Deuxième Lecture : Romains 9 1–5

       Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 14, 22-33

 

« Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Pour comprendre ce passage d’évangile, il faut rappeler que c’est la suite de la multiplication des pains. L’évènement a déclenché une telle admiration de la foule  que Jésus veut préserver ses disciples des fausses sécurités, d’un sentiment de puissance trompeur et d’un triomphalisme trop facile. N’est-ce pas le triomphalisme humain qui éloigne l’Homme de Dieu : quand on a l’argent, le pouvoir, la renommée, il est facile de croire qu’on peut se passer de Dieu. Mais le plus grave, c’est de croire que ça vient de soi.

De ce fait, Jésus oblige ses disciples à tourner la page et à monter dans la barque pour aller vers d’autres horizons. Il ne faut pas s’installer. Il les met à l’épreuve en les laissant seuls sur une barque durant la nuit. La nuit descend, le vent souffle, et une fois de plus, les disciples se sentent perdus.

Les apôtres sont encore tout éblouis par l’affaire du pain multiplié et partagé dont ils ont été un peu les acteurs. Jusque là, tout baigne. Mais subitement, la barque est battue par les vagues car le vent est contraire ! Brutalement, la vie reprend ses droits et ils sont rejoints par les imprévus du quotidien.

Comme beaucoup de Juifs à leur époque, les apôtres croient que les forces infernales sont cachées dans la mer. La situation pour eux est plus grave que jamais. La peur des fantômes, des forces infernales du mal prend le dessus.

Des malades, des gens qui ont faim, des accidentés, on en voit tous les jours, on s’y habitue ; mais quand on est concerné soi-même, l’instinct de survie prend le dessus. Les plus beaux conseils qu’on peut donner aux autres, disparaissent.  

En effet, les disciples ont peur et ils ne reconnaissent pas Jésus venu vers eux sur les flots au milieu de l’orage. La foi va peu à peu transformer l'âme de Pierre et en  faire un homme fort et courageux, capable d'aller jusqu'au martyre. Pierre est constamment soulevé par le désir de rejoindre et d'accompagner Jésus. Il incarne tout le cheminement de la foi dans le cœur de l'homme : il croit, mais sa foi reste fragile. Cette fragilité se manifestera au soir du jeudi-saint : «Même si tous tombent et abandonnent, moi jamais ! » Jésus répond : « En vérité je te le dis, cette nuit même, avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois. » 

Et nous-mêmes, ne sommes-nous pas comme les apôtres envahis par les peurs, les inquiétudes, la remise en question de notre foi ? Comme Pierre, nous avons à renouveler notre adhésion à cette Bonne nouvelle annoncée par Jésus.

 Les événements de la vie courante et les informations bousculent toutes nos certitudes ainsi que ce qui nous a construits. L’équilibre au niveau international est suspendre comme à un fil fragile : Corée du Nord, Qatar, Lybie, Vénézuela etc… l’équilibre entre les dominants et les dominés, entre les hommes et les femmes semble de plus en plus fragile. L’équilibre mondial est toujours remis en cause. Avec toutes ses conséquences pour l’accès à l’eau, à la nourriture, au travail. Chacun essaie de trouver sa « niche » pour se protéger. Il n’y a pas qu’une crise  financière, il y a aussi de nombreux désarrois dans la vie de chacun, liés à la santé, à l’affection, à la confiance, aux perspectives d’avenir. Face à toutes ces difficultés, la tentation chacun est de préserver un petit coin de paradis.

Rappelons-nous comme le dit l’évangile : que Jésus n’est jamais loin. Il est à nos côtés. Et quand tout nous semble désespéré, quand nos yeux ne savent plus reconnaître sa présence, notre foi nous invite à continuer à lui faire confiance. Même si je ne sais pas comment il est présent, il est bien là comme une Bonne Nouvelle et non comme une menace. 

Les orages font partis du déroulement de l’histoire et de la création. Mais au milieu de toutes les contradictions et les fragilités qui nous touchent et nous bousculent, il nous faut apprendre à repérer la présence de celui qui est l’envoyé du Père à nos côtés. Mais, nous ne saurons jamais si nous pouvons marcher sur les eaux, sauf si nous sortons de la barque, càd de nos sécurités pour nous mettre au service de ceux qui peinent, et ainsi nous lancer avec courage dans cette merveilleuse aventure qu’est la foi.

 

 

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