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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 09:14

16° Dimanche du Tps Ord. « A » - 23 07 17

Première Lecture : Sagesse 12 13–16, 19

Deuxième Lecture : Romains 8 26–27

Évangile  de Jésus Christ selon St Matthieu 13 24–43

 

« En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” » Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-til à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

« Dieu n'est pas juste. » Que de fois, j'ai entendu cette phrase dans la bouche de gens durement éprouvés par un décès brutal ou un malheur qui bouscule toute leur vie. On peut se demander, si soi-même on n’a pas dit ou pensé : « Pourquoi Dieu m'envoie-t-il cette maladie, cette épreuve, alors qu'il donne la santé, l'aisance, la prospérité à des gens  qu’on traite de malhonnêtes? » Dans l’adversité, on voudrait que Dieu réagisse de suite. Il faudrait qu’il récompense les bons et punisse les mauvais, au fur et à mesure de leurs actions.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit  que ce n’est pas l’objectif de son Père. Dieu est bon, et on l'appelle le « Bon Dieu ». Comme le semeur de la parabole, il veut récolter du bon grain et non pas régler des comptes. Il laisse pousser l'ivraie avec le bon grain. Comme le Dieu de la Bible, il fait pleuvoir chez les mauvais comme chez les bons. Plusieurs paroles de Jésus, plusieurs textes de la Bible nous révèlent la patience et la douceur de Dieu. La première lecture de ce jour nous disait : « Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. » « Je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les malades. » «N'éteignez pas la mèche qui fume encore. » « Toi Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu gouvernes avec beaucoup de ménagement,... à ceux qui ont péché, tu souhaites qu’ils se convertissent ». Nous avons du mal à réaliser et à bien comprendre que Dieu est un « Bon Père ».

Les parents d'adolescents savent très bien que leurs enfants n'arrivent pas à trouver l'équilibre et la maturité au premier essai. Ils font des expériences qui sont sources de bêtises et de progrès. Dieu sait très bien que ses enfants, et même les plus grands, ont besoin de temps pour grandir, s'épanouir et apporter leur part à leur famille. Devant leurs maladresses, leurs  révoltes et leurs tâtonnements, Dieu est patient et fait confiance. Il donne du temps, il offre une nouvelle possibilité, il pardonne. Cette attitude peut aussi nous aider. Il ne faudrait donc pas nous révolter trop facilement devant la patience et la miséricorde de Dieu. Si Dieu nous ressemblait, le feu du ciel nous écraserait.

Quand ça va mal, l’instinct de survie nous fait oublier l’essentiel. Nous nous prenons pour des victimes innocentes, alors que nous sommes traversés, comme chacun, par le bien et le mal.  Jésus nous demande d'avoir la même attitude que Dieu le Père et de nous conduire comme lui.  Nous avons entendu dans la première lecture : « Par ton exemple, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ».  Ça me rappelle l’exemple de plusieurs parents qui se sont investis pour défendre la dignité du criminel de leur enfant et aller jusqu’au pardon.  Je me souviens d’Isabelle Bolduc, violée et sauvagement assassinée. Au procès du criminel, on a demandé au père de la victime s'il aimerait qu'on applique la peine de mort pour des crimes comme celui-là. Il a répondu : « Vous ne trouvez pas qu'il y en a assez d'une qu'on a tuée. » A mon sens, sa réponse est conforme à l'esprit de Jésus. La société doit se protéger efficacement, mais ne pas se laisser piéger et enfermer dans la vengeance. Elle doit favoriser la réadaptation et ouvrir le chemin vers le pardon. Par expérience, nous savons que le pardon est une étape délicate dans la vie. Il ne s’agit pas d’une simple formule juridique, mais d’un pas nouveau dans sa conscience qu’on peut appeler : conversion. Et cette conversion est aussi source de libération.

Le chrétien est appelé à l’image du Père à être pour la VIE et non à régler des comptes qui relèvent de la vengeance. Le mal existe. On en est parfois victime mais aussi complice. Souvent ce se sont ceux que nous aimons qui nous font mal à cause de nos liens affectifs. Il nous faut continuer à les aimer, leur laisser du temps, leur donner une  chance de se reprendre. Jésus nous a dit : il faut pardonner jusqu'à 77 fois 7 fois. Nous n'avons rien à perdre quand nous aimons. C’est même la source fondamentale d’une vraie richesse qui dépasse le temps. Elle nous permet de vivre avec compréhension, tolérance, pardon et amour. N’oublions pas qu’avec l'ivraie, il y a du bon blé, et c’est lui, qu'il faut récolter.

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