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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 18:46

3° Dimanche de Carême « A » 19 03 17

Première Lecture : Exode 17 3–7

Deuxième Lecture : Romains 5 1–2, 5–8

Évangile de Jésus-Christ selon St Jean 4 5–42

 

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » « je vois que tu es un prophète » !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

 

 

Dans le récit que nous venons d’entendre, nous sommes en présence d’une rencontre merveilleuse entre Jésus et la Samaritaine, qu’on pourrait qualifier : l’histoire d’une impossible rencontre. Tout s’y oppose: la race, la religion, la moralité et, aussi, le fait qu’il s’agisse d’un homme et d’une femme; ça ne se faisait pas qu’un juif parle avec une femme qu’on appellerait aujourd’hui, Palestinienne. St Jean en fait d’ailleurs la remarque : « Ils étaient surpris de le voir parler avec une femme ». Mais la rencontre impossible devient la rencontre qui rend tout possible. On sort rarement indemne d’une vraie rencontre où deux personnes s’ouvrent et se livrent l’unàl’autre.
 

A priori, Jésus n’a rien à gagner à une telle rencontre, sinon aggraver encore sa mauvaise réputation d’homme, qui fréquente n’importe qui, même les pécheurs, voire une femme peu recommandable. Et pourtant, c’est lui qui fait les premiers pas et qui mendie l’attention de cette femme. Il a besoin d’elle, il a soif... Si elle connaissait son interlocuteur, la femme aurait toutes les raisons de s’en aller, pour n’être pas jugée, pour ne pas être écrasée dans l’indignité qu’on lui attribue. Mais elle ne demande rien. Au contraire, c’est à elle qu’on demande à boire et cette demande la remet debout et la rétablit dans sa dignité de femme. Dieu exprime son besoin des Hommes et cela leur permet de se tenir, debout et sans honte, devant lui. Dans le désert, les longues marches assèchent la gorge et la fraîcheur d’un puits invite à se désaltérer. Jésus a soif, et cette soif en cache et en révèle une autre, plus vive: il a soif d’aller au-devant de tous ses frères et sœurs humains, pour se donner à eux et recevoir confiance. Pour lui aucune rencontre n’est impossible, sinon celle de ceux qui sont fermés et rassurés dans leur suffisance, car ils n’ont plus soif de rien. Par contre, lui-même annonce « qu’il est venu pour les pécheurs et pas pour les bien-portants. »

St Jean ne mentionne pas l’échange de l’eau, car ça va de soi. Il veut souligner que la soif de Jésus, c’est de rencontrer les gens sur son chemin. La soif de Jésus, réveille la soif de la Samaritaine. Au point de départ, c’est l’étonnement, la curiosité qui se transforme en soif d’apprendre et de comprendre. C’est une soif de croire et d’être aimée tout simplement. Et elle dit à Jésus : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’ai plus soif ».

Et Jésus se livre, se donne, explique. Le don de Dieu n’est pas un mot, mais quelqu’un : « C’est lui qui te parle! » La Samaritaine peut alors courir vers le village, déjà transformée en missionnaire. Elle n’a plus besoin de sa cruche puisque son cœur déborde d’eau vive, de foi en celui qui est le Sauveur du monde.

Dans les moments de découragement où nous éprouvons une forme de vide en nous, où tout semble fragile et remis en cause, n’oublions pas ce passage d’évangile où Dieu nous dit : « Je t’aime, tu as du prix à mes yeux, tu comptes pour moi ». Nous avons tous besoin d’être reconnus, appréciés, mis en valeur… c’est comme une source de vie qui nous régénère.

Tant d’hommes et de femmes sont déçus, blasés, parce qu’on les a trompés, et ils ont perdu le goût de vivre. Saurons-nous les entraîner jusqu’au bord du puits de la Source des eaux vives pour qu’ils y puisent avec nous ? Ceci n’est possible que dans la mesure où nous essayons d’ECOUTER les cris des Hommes, pour mieux COMPRENDRE leurs désarrois et leurs besoins de justice, de vérité et de paix.

A nous maintenant d’avoir soif, comme le peuple au désert, comme Jésus à Sykar. Dieu lui-même viendra nous désaltérer et se livrer comme une source d’eau fraîche. Alors, nous saurons l’apprécier en esprit et en vérité.

 

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