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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:00

15° Dimanche du Temps Ordinaire « C » 10 Juillet 16

Première Lecture : Deutéronome 30 10–14

Deuxième Lecture : Colossiens 1 15–20

Évangile de Jésus-Christ selon St Luc 10 25–37

Un maître de la Loi se leva et lui dit pour l’embarrasser : “Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ?” Jésus lui dit : “Que dit l’Écriture, que vois-tu dans la Loi ?”

L’homme répondit : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même.” Jésus lui dit : “Ta réponse est exacte. Fais cela et tu vivras.” Mais lui voulut s’expliquer, il dit à Jésus : “Et qui est mon prochain ?”

Jésus alors se mit à raconter : “Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu de bandits qui lui enlevèrent jusqu’à ses vêtements. Ils s’enfuirent le laissant couvert de plaies et à demi mort. Un prêtre par hasard descendait ce même chemin ; il vit l’homme et passa de l’autre côté. Un Lévite venait par la même route ; arrivé à cet endroit, lui aussi vit l’homme ; il changea de côté et passa.

Mais voici qu’un Samaritain fait le même trajet, et quand il se trouve face au blessé, il a vraiment pitié de lui. Il s’approche et bande ses blessures en y mettant de l’huile et du vin. Puis il l’installe sur sa propre bête et le conduit jusqu’à une auberge où il prend soin de lui. Le lendemain il sort deux pièces d’argent et les donne à l’hôtelier en lui disant : Fais pour lui le nécessaire ; si tu dépenses davantage, je te le rembourserai au retour.”

Jésus alors demanda : “À ton avis, lequel des trois s’est fait le prochain de l’homme qui a été victime des bandits ?” L’autre répondit : “Celui qui a eu pitié de lui.” Et Jésus lui dit : “Va, et fais pareil.” (Bible des Peuples)

Cette parabole prend une valeur particulière en cette année de la Miséricorde. Le passage de St Luc, que nous venons d’entendre, met l’accent sur la bonté, la miséricorde, le soin du blessé, l'accueil des païens et de tous les exclus.

Selon son habitude, Jésus n'y va pas de main morte pour dénoncer le scandale de l’indifférence à l’égard des souffrances humaines. Jésus choisit des gens honorables, deux biblistes, deux spécialistes de la parole et du service de Dieu, qui trouvent des échappatoires à leur devoir. Il met en comparaison le Samaritain, celui qui prend soin du blessé de la route. Pour les gens qui écoutent Jésus, il s’agit d’une provocation, d’un scandale, parce que le Samaritain est l’ennemi le plus méprisé des juifs. Aujourd’hui, nos tribunaux condamneraient « ces gens bien » pour non-assistance à « personne en danger ».

Cette parabole nous redit que le souci des pauvres et des blessés de la vie est prioritaire. Le Prêtre et le Lévite ont choisi les rites, les encensoirs, ils ont choisi le temple avant de choisir l'Homme. Le Samaritain était un étranger ; il est devenu le prochain du malheureux parce que, pris de pitié, il s'est approché de l’Homme pour le secourir. Le prêtre et le lévite sont passés à côté de l'essentiel. C’est précisément ce que le Pape François veut éviter.

Il est allé au-devant des naufragés de Lampedusa, des prisonniers de Rome et on pourrait multiplier les démarches qu’il entreprend en faveur des exclus de la société. Par-là, le Pape veut réveiller la dignité et la grandeur de tout être humain.

Le signe de la venue du Royaume et de la proximité de Dieu, ce n'est pas seulement une manière d’appliquer une loi ou un règlement, ce sont de nouvelles relations entre les hommes. Des relations, non plus de domination mais de service mutuel, où se révèle la tendresse du Père. En Jésus, Dieu s'est approché des Hommes, non en seigneur et en dominateur, mais en serviteur et en frère.

A la question : «Et qui donc est mon prochain ? » Jésus se mit à raconter cette parabole. Si tu veux être le prochain, il faut s’approcher de lui. Alors je deviens son prochain. Le prochain, ce n'est plus l'Homme qui m'est proche par telle ou telle qualité, par le sang, par la race, la classe ou la religion... C'est tout homme dont je m'approche dans un mouvement de compassion et de tendresse. Cette nouvelle notion du prochain renferme tout le mystère de Dieu, tel que Jésus l'expérimente et le vit au plus intime de lui-même et tel qu'il l'actualise dans le monde : Dieu, dans sa grande compassion, s'est approché de l'Homme blessé ; il est devenu le prochain de l'Homme, afin qu'à son tour l'Homme se fasse le prochain de ses semblables. Le Royaume de Dieu que Jésus proclame consiste essentiellement dans cette nouvelle qualité de relation. Jésus ne fait pas de différence entre les hommes, chacun est l’égal de son frère. Et ce qui rend humain, c’est la qualité de ma présence à tous les marginalisés. Il s’agit d’une qualité où passe le souffle de la tendresse de Dieu pour tous les humains..

Cet Évangile suscite donc la question de la proximité de Dieu aux hommes et des hommes entre eux.

Dans le contexte de cette parabole, Être chrétien, c'est exigeant, et ça dérange. Reconnaissons, c’est une exigence qui remet en cause nos façons habituelles de juger et de nous comporter. Jésus nous demande de ne pas rester sur les habitudes et les jugements tout fait, mais d’en vivre dans les réalités concrètes. L'Évangile est radical, il parle d’un Homme, et quand c'est un Homme, il m’invite à être présent et à me faire proche de lui.

C'est exigeant d’aimer, c'est exigeant d’être chrétien. Mais quand on en vit, c’est épanouissant, ça rend heureux, et en cela, c’est vraiment une Bonne Nouvelle du Royaume.

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