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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:49

5° Dimanche de Carême « C » 13 O3 16

Première Lecture : Isaïe 43 16–21

Deuxième Lecture : Philippiens 3 8–14

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : 8, 1-11

"Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : «Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Nous voilà invités à assister à un procès qui sort de l’ordinaire. Les scribes et les pharisiens s’adressent à Jésus comme Juge, pour pouvoir le condamner. En effet, ils veulent se débarrasser de lui par tous les moyens. Mais Jésus, à sa manière, retourne la situation. En les dévisageant, il s’adresse à tous ceux qui se contentent de coller des étiquettes sur le dos des autres. Car des étiquettes, il y en a ! Vous connaissez tout ce qui nous fait, consciemment ou non, classer les gens en catégories : « Celui-là, c’est un fainéant ... Untel, c’est un coureur ... une grande gueule ... un escroc ... une prostituée …..un Roms…..». Or, toutes ces personnes ont aussi des qualités insoupçonnées.

Dans ce récit, nous avons affaire à quelqu’un qui n’a pas de nom. Ceux qui la traînent devant Jésus parlent de la « femme adultère ». « Or, dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Nous savons déjà que les rôles vont être inversés : scribes et pharisiens sont sûrs de pouvoir coincer Jésus, quelque soit sa réponse. « Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Ainsi, Jésus s’adresse à la conscience de chacun. Avant de condamner, il faut commencer par se regarder soi-même et se poser la question : Qui suis-je pour juger et condamner quelqu’un ?

Les voilà donc : ils viennent faire comparaître ‘’Flagrant Délit d’Adultère’’ devant celui qu’ils ont désigné comme leur victime. Car Jésus, c’est l’homme à abattre et, pour y arriver, ils vont utiliser cette femme-là. La précision est importante : cette femme ne les intéresse pas, ce n’est qu’une femme-objet. Ce qui leur importe, c’est de coincer Jésus dans le choix qu’ils lui imposent. Ou bien il vote l’impunité, et alors il s’oppose à la Loi et il se condamne lui-même à mort. Ou bien il souscrit à la sentence de lapidation, et alors il se contredit, lui-même et son message d’amour. Leur démarche est tellement tordue qu’ils n’utilisent la loi que dans son aspect le plus macho ; au Livre du Lévitique 20, 10 il est écrit : « En cas d’adultère, ils seront mis à mort tous les deux, l’homme et la femme ». Ça va, on a compris, et ils se retirèrent les uns après les autres en commençant les plus âgés. Quant à Jésus, il est désappointé devant ces réactions primaires qui ne laissent aucune place à ce qui est humain. La miséricorde n’a pas de place dans ce procès.

Le regard de Jésus est tourné vers son Père qui met toujours en valeur ce qu’il y a de plus beau et de plus grand dans l’humain et dans la dignité abusée de la femme qui est là devant lui.

Que de gâchis autour de nous où tant de personnes sont méprisées et réduites à n’être que des objets. Il suffit de penser à tous ces otages décapités, ces milliers de migrants agglutinés aux barbelés et ceux qui pataugent dans la boue. Sans faire un étalage des misères du monde, que chacun regarde bien autour de lui avec un cœur compatissant. Car, il n’y a rien de plus beau et de plus dynamisant que d’être reconnu, aimé, respecté dans sa dignité d’homme et de femme.

Que ce temps de carême nous aide à faire disparaître de nos horizons tous les classements, les étiquettes et les jugements tout faits, et reconnaître en chacun des enfants de Dieu. On n’a jamais le droit d’utiliser la vie d’une personne pour ses intérêts personnels. Il s’agit d’une conversion à laquelle nous sommes tous appelés. Cette conversion doit nous amener à servir l’espérance et la liberté d’un chacun. Et ce sera aussi pour chacun l’occasion de repartir, comme la femme adultère, vers un avenir nouveau. Le temps des combines devraient se terminer pour faire place à la dignité de chacun.

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commentaires

BRITTO AMALAN ARULJ PANDIAN 19/03/2016 15:51

cher François, toujours j'attends ton homélie pour les Rameaux. merci

amitié
britto

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