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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 09:39

4° Dimanche de Carême « C » 05 03 16

Première Lecture : Josué 5 9–12

Deuxième Lecture : 2Corinthiens 5 17–21

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 15 1–32

On voyait tous les collecteurs de l’impôt et les pécheurs s’approcher de Jésus pour l’écouter. Les Pharisiens et les maîtres de la Loi s’en plaignaient : “Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !” Aussi Jésus dit-il à leur intention cette parabole : “Imaginez que l’un d’entre vous possède 100 brebis, et il en a perdu une. Est-ce qu’il ne va pas laisser les 99 autres dans le désert, et courir après celle qui s’est perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la met tout joyeux sur ses épaules et, rentré chez lui, il rassemble amis et voisins et leur dit : ‘Partagez ma joie, car j’ai retrouvé ma brebis perdue !’ Je vous le dis : Il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de se repentir. “Si une femme a dix pièces d’argent, et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison et chercher soigneusement jusqu’à ce qu’elle la trouve ? Et quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et voisines et leur dit : ‘Partagez ma joie, car j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue !’ De même, je vous le dis, on est tout joyeux chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.” Jésus dit encore : “Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part du domaine qui me revient.’ Et le père leur partagea son bien. Le plus jeune fils ramassa tout et partit peu après pour un pays lointain où il dépensa son héritage dans une vie de désordres. Quand il eut tout dépensé, une grande famine s’abattit sur ce pays et il commença à manquer de tout. Il alla donc se mettre au service d’un des habitants du pays qui l’envoya dans ses champs pour garder les cochons. Là il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais à lui, personne ne lui donnait rien. Il rentra alors en lui-même : ‘Combien d’ouvriers de mon père, se dit-il, ont du pain plus qu’il n’en faut, et moi ici je meurs de faim. Je vais me lever, retourner vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le Ciel et devant toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, mais prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se mit donc en route et retourna chez son père. Quand il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. Le fils alors lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le Ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Apportez vite la plus belle tunique et habillez-le, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Allez chercher le veau gras et tuez-le, car il nous faut manger et faire la fête : mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à faire la fête. Le fils aîné était aux champs, mais il finit par rentrer. Comme il approchait de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela l’un des garçons et lui demanda ce qui se passait. L’autre lui répondit : ‘C’est ton frère qui est arrivé et ton père a tué le veau gras car il l’a retrouvé en bonne santé.’ Il se mit en colère. Comme il refusait d’entrer, son père sortit pour l’en prier. Mais il répondit à son père : ‘Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à un seul de tes ordres, et à moi tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire la fête avec mes amis. Mais lorsque revient ton fils que voilà, celui qui a mangé toute ta fortune avec les prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras !’ Le père lui dit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est toi C’est maintenant qu’il fallait faire la fête et se réjouir, car ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !’”

« Un homme avait deux fils ! » Le plus jeune est pris par la frénésie de vivre, de s’éclater, de connaître d’autres horizons, de vivre en liberté ! Il veut profiter de la vie. En cela il est normal, et il ressemble beaucoup aux jeunes d’aujourd’hui. Cette aspiration à vivre autre chose que la routine quotidienne, le désir de découvrir l’inconnu, d’aller au-delà du vécu, de créer du neuf, n’est pas contre nature, c’est un cadeau donné par Dieu avec la vie. L’aîné au contraire reste à la maison, bien sagement. Il est sérieux, travailleur et à première vue, il ne présente pas de problèmes. Il n’y a pas de reproches à lui faire.

Néanmoins, à y regarder de plus près, le père vit un double drame, un double conflit. Curieusement l’aîné, celui qui reste à la maison, passe inaperçu au point de départ, et pourtant sa révolte est plus sournoise, plus profonde. Plus tard, sa conversion sera plus difficile à réaliser que celle de son frère fugueur. Et pourquoi ?

En Palestine, l’aîné d’une famille avait des prérogatives, des droits supplémentaires. Il était investi d’une fonction. Du vivant du père, il tient la première place parmi ses frères. A la mort de son père, il lui succède à la tête de la famille et il reçoit une double part d’héritage.

Mais Dieu ne se laisse pas enchaîner par cette loi : souvent dans la bible, le choix de Dieu porte sur le cadet ou le dernier : par exemple, David est le 8°. Dieu n’aime pas ce qui se fait par habitude, de façon automatique, ce qui se transmet en héritage. On peut même dire que Dieu jette un sacré désordre dans le puzzle. Il bouleverse les plans, culbute les certitudes. La façon d’agir de Dieu est toujours pleine de surprise. C’est étrange, on n’y peut rien, le fait est là. Il faut croire que Dieu n’est jamais à l’heure et ne se plie pas aux habitudes. A chaque personne, il veut manifester sa tendresse et sa proximité. Pour Lui, aucun n’est de trop et surtout pas le plus faible ou le « raté ».

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Nous sommes invités à nous reconnaître dans l’attitude de l’un ou de l’autre de ces 2 fils. Disons que le drame de l’aîné, celui qui se déclare juste et qui se met d’emblée du bon côté, a sans doute le plus de difficultés à se mettre en cause. Il est porté par la société qui n’a que des louanges pour sa réussite apparente. Généreux, travailleur, dévoué, occupant une fonction et un grade, il ne voit pas en quoi il pourrait être appelé à changer. Quant à lui, il en fait bien assez !

Par contre, le « fils prodigue » est questionné de façon vitale pour se nourrir, pour être reconnu et aimé, alors, au creux de sa misère, il cherche ce qu’il doit changer dans sa vie.

Dans cette parabole, les 2 fils sont pécheurs, les deux doivent changer sur un aspect différent de leur vie. La parabole nous rappelle la nécessité urgente de nous convertir. Trop souvent, on ne se rend pas compte de ce qu’il faut changer en nous-mêmes.

Pourtant, on se rend bien compte qu’il y a trop de violences et de morts innocents. Ca suffit avec les injustices et les inégalités entre les hommes et les peuples…. et bien sûr, c’est toujours la faute aux autres : aux extrémistes, aux islamistes, aux patrons, aux dirigeants… Et nous, en quoi sommes-nous concernés par ce qui arrive chez nous et dans le monde ? Il y a certainement des choses a changé dans nos vies pour que nos relations soient plus fraternelles, plus respectueuses, plus chaleureuses….

Un chrétien ne peut pas se contenter de ce qui se passe à l’intérieur de son église ou de sa communauté de croyants, il faut qu’il soit accueillant à la vie des hommes de son temps.

Comme croyant, nous avons vécu depuis l’enfance dans la proximité de Dieu, mais est-ce suffisant ? Que de routine et d’usure dans notre foi !

Sommes-nous encore capables d’apprécier, à l’image de cette parabole, que Dieu est toujours là à nous attendre et à nous offrir son pardon quand nous reconnaissons nos limites et nos faiblesses ! Alors, quelle joie de pouvoir découvrir et emprunter des chemins de vie. Merci Seigneur, de nous avoir fait découvrir ce matin, la tendresse et la miséricorde sans limite de notre Père.

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