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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 08:45

3° Dimanche de Carême « C » 28 02 16

Première Lecture : Exode 3 1–15

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 10 1–12

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 13 1–9

« Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : “Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces 18 personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.” Jésus disait encore cette parabole : “Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? » Mais le vigneron lui répondit : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.”

Voilà une parole de Jésus qui, à première vue, heurte nos mentalités contemporaines. On vient lui rapporter deux faits divers : le massacre d'un groupe de pèlerins galiléens par Pilate, et l'effondrement de la tour de Siloé, dans laquelle dix-huit personnes ont été tuées. Et Jésus n’a qu’une réponse : « Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». Jésus semble donc lier malheur, mort violente, et péché. Cela ne peut que nous révolter. Pourtant, beaucoup de gens ont encore cette idée-là dans la tête. Combien de fois n'avons-nous pas entendu des réflexions de ce type : "Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu ?", ou encore : "Je n'ai pas mérité cela !" Et quand ça nous touche de près, on a les mêmes réactions. Alors, il est nécessaire de prendre du recul pour ne pas se laisser enfermer dans les malheurs du moment. Dieu serait-il le punisseur, le Dieu cruel, qui veut la mort du pécheur ? Et Jésus, à deux reprises, leur dit : « Eh bien, je vous dis : pas du tout ! »

Il nous faut donc commencer par préciser nos doutes, ce que nous ne pouvons pas accepter, ce qui contrarie notre manière de vivre, d’espérer et de partager. On ne peut que se révolter contre un Dieu qui comptabiliserait nos fautes, qui ne laisserait rien passer, qui ne pardonnerait pas, alors qu’il nous demande de pardonner.

Nous avons raison de penser que si Dieu est Amour, il ne peut être qu'AMOUR, et non pas revanchard.

Dans le processus qui va du péché à la mort, Jésus ne fait pas intervenir Dieu. Il s'agit ici d'un avertissement. Il s’inscrit dans la logique de la bible en parlant de l’arbre de la connaissance : « Si vous mangez le fruit de cet arbre, vous mourrez." La mort s’inscrit dans la logique de la vie. En aucun cas, elle en est l’aboutissement. Ce que Dieu a donné, il ne le reprend pas.

Au lieu d’accuser Dieu comme la cause de tous nos malheurs, il faut commencer par reconnaître nos responsabilités dans tout ce qui dégrade l’existence des hommes. Prenons quelques exemples. Combien de morts sur nos routes, qui ont pour cause directe une imprudence, un excès de vitesse, une conduite en état d'ivresse ! Combien de cancers qui, à plus ou moins long terme, ont pour cause une catastrophe comme celle de Tchernobyl ! Combien de milliers de personnes qui, cette année encore, mourront de faim, de guerre à cause de l'égoïsme et de l'indifférence qui règnent en maîtres dans nos pays développés. Et chez nous, combien d'exclus, de sans travail, de pauvres vivent aujourd'hui plus que jamais dans des situations de précarité, parce que la guerre économique qui règne sur toute la planète ne connaît aucun répit ! Vous pouvez continuer la liste des malheurs qui, aujourd'hui même, ont pour cause la mauvaise conduite des hommes. Le malheur de l'homme ne peut jamais être imputé à Dieu qui ne cesse de nous aimer malgré nos faiblesses.

Mais cela ne veut pas dire qu'on va se faire de Dieu l'image d'un Dieu mou, inconsistant. Le père, qui laisse tout faire, n'est pas meilleur que le père fouettard : l'un comme l'autre ne respectent pas l'enfant. Et si nos actes n'ont pas d'importance, si choisir le blanc ou le noir, c'est la même chose, nous ne pourrons pas être les artisans de notre bonheur. C’est éliminer Dieu. Il ne faudrait pas croire que Dieu n'a rien à voir dans tout cela, il nous associe à sa création. Nous vivons dans un univers qui nous vient de lui et dont il nous a faits les gérants. Et ce Dieu nous lance un appel et un avertissement.

Cet avertissement nous est renouvelé, aujourd’hui, par le pape François, en Bolivie. Il insiste devant les mouvements populaires à « reconnaître que nous avons besoin d’un changement profond. » « J’insiste, nous voulons un changement réel, un changement de structure….Nous voulons un changement dans nos vies, dans nos quartiers, dans le terroir, dans notre réalité la plus proche ; également un changement qui touche le monde entier. » « J’ose vous dire, que l’avenir de l’humanité est, dans une grande mesure, entre vos mains, dans votre capacité de vous organiser. Ne vous sous-estimez pas.»

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