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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 09:37

24° Dimanche du Tps Ord « A » – 17 septembre 17

Première Lecture : Siracide 27 30—28 7

Deuxième Lecture : Romains 14 7–9

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 18 21–35

 

« En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il com­mençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en rem­boursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

« Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur. »

 

Seigneur, une fois de plus, tu nous bouscules par ta parole. ! Le mot « Evangile » veut dire « Bonne Nouvelle »  alors que  la parabole de ce jour à quelque chose d’insupportable. A plusieurs reprises Jésus, tu as été toi-même la cible de règlements de compte. A plusieurs reprises des pharisiens et de scribes vont s’organiser pour obtenir ton arrestation et ta mort sur la croix.

Nous voyons bien aujourd’hui, que dans le concret de notre existence, les choses ne sont jamais réglées d’avance. Les façons de vivre sont différentes et sont sources de tensions et d’incompréhensions inévitables. Régulièrement, nous entendons et nous utilisons des expressions comme : « Jamais, je ne lui pardonnerai… » « Ca, il me le payera cher » « Je ne peux pas oublier ce qu’il m’a fait » Ce sont là des expressions liées à des situations révoltantes, inacceptables, qui sont sources d’amertume et de vengeance. Quand on est soi-même concerné et sans défense, on se sent capable du pire. Un licenciement abusif, une déception amoureuse, une pénalité imméritée, un héritage mal ficelé sont occasions de nombreuses rognes inoubliables. Des frères et sœurs d’une même famille ne se parlent plus…..  les malentendus ne manquent pas dans le voisinage…. On pourrait multiplier les exemples où le pardon nous semble impossible : les règlements de compte en Lybie, l’occupation de la Palestine, la Corée du Nord, la Syrie, la Colombie et tant d’autres conflits qui font tant d’affamés qui se sentent abandonnés et parqués dans le désert.

Oui Seigneur, tu nous prends à contre-pied. Tu nous parles de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu. Et aujourd’hui aussi, nous vivons des conflits insurmontables. Toi Jésus, tu nous proposes une clé, une ouverture, une chance nouvelle pour mieux vivre nos réalités humaines. Certes, on ne peut pas oublier ce qui nous a profondément révoltés, mais on peut le regarder sous un angle  différent. Jésus ne veut pas qu’on oublie. Il veut au contraire qu’on se serve de l’expérience pour faire mieux, pour trouver des chemins nouveaux où la paix et la fraternité sont possibles. Il ne faut pas s’épuiser à vouloir régler des comptes, mais tout faire pour que l’entente  et le respect soient primordiaux. De fait, chacun est très vite embarqué par ses ressentiments et ses  émotions. Nous sommes ainsi faits. Mais l’émotion ne doit pas être le seul critère, le seul levier  de commande pour une vie d’Homme. Jésus lui-même prenait du temps et se retirait sur la montagne pour réfléchir, pour prier. C’est ce que nous essayons de faire quand nous nous retrouvons à la messe dominicale, ou dans une équipe de réflexion autour d’un texte d’évangile. Jésus nous invite à une relecture de nos situations de vie, où nous cherchons à faire place à l’amour de Dieu au cœur de toutes nos réflexions et décisions.

En ce début d’année scolaire, nous voulons soutenir les efforts de nos enfants et de nos jeunes pour qu’ils prennent bien leur place dans la vie. A force de les encourager et à les pousser à être les meilleurs, on risque d’oublions l’essentiel. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » C’est la règle d’OR de l’Evangile. Mais comme tout le monde, on se laisse embarquer par des publicités tapageuses qui enferment dans  la réussite individuelle, la domination où le paraître fait la loi.

Tout au long de sa vie, Jésus nous révèle ce Dieu dont la Justice est Miséricorde.

- Les bras grands ouverts, il accueille l’Enfant prodigue et lui manifeste son pardon et sa tendresse.

- Il s’invite chez Zachée, le percepteur malhonnête. Alors il prend conscience de son aveuglement et des conséquences de sa mauvaise conduite. Enfin il dépasse le calcul mesquin de son agir pour s’ouvrir à l’amour.  

La parabole d’aujourd’hui nous montre un débiteur enfermé par sa dette.

Il enferme aussi son compagnon, en oubliant l’Amour,  moteur de toute vie qui aurait pu le libérer. Décidément, à force d’avoir le nez sur le guidon, ce débiteur est passé à côté de l’essentiel, sans rien voir. Ses compagnons sont  plus lucides que lui. Il reste sourd à leurs reproches.

Jésus, Lui-même sur la croix, exprime la démarche qu’il propose aujourd’hui. Au moment de mourir, il adresse une dernière prière à son Père : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Et en s’adressant à un autre condamné comme lui, il lui dit: « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis ».

Aujourd’hui, au milieu de toutes les tensions et contradictions, Jésus nous invite à ne pas oublier l’essentiel : mettre l’Amour  de Dieu et du prochain au cœur de nos vies.

 

 

« Petit Rappel, pas d’homélie le 24 septembre ! Pèlerinage en Ethiopie du 16 au 28 septembre. »

 

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 15:50

23e Dimanche du Tps Ord  « A » 10 – 09 - 17

Première Lecture : Ézékiel 33 7–9

Deuxième Lecture : Romains 13 8–10

Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 18 15–20

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

 

L’ensemble des évangiles met en valeur la rencontre et rejette l’intolérance. Jésus va à la rencontre des hommes de son temps. Quels qu'ils soient, l’annonce du Royaume leur est destinée. Jésus ne fait pas de différence entre les bons et les mauvais, car pour Jésus, chacun est capable de se convertir et de progresser.

C’est dans cet esprit que le Pape François rappelle que suivre le Christ : c’est construire « des ponts et non pas des murs » ! Ça veut dire, qu’il y a un travail important à faire pour que se réalise les plus beaux projets : dialogue, compréhension, mise en commun pour la mise en œuvre. Il n’y a que la pluie et les rayons du soleil qui tombent du ciel sans effort  de notre part. La construction du Royaume de Dieu, comme la construction d’un pont, n’est pas le fruit du hasard, mais de ceux qui se laissent travailler par l’Esprit de Dieu. 

            Le plus beau cadeau que Dieu nous fait, c’est la confiance qu’il fait à chacun, malgré ses limites et ses fragilités, et cela sans conditions. Dieu aime chacun  PAR – DON ! Le PAR signifie, le chemin par lequel nous arrive la nouveauté que Dieu nous propose : le PARDON.

Le pardon ne peut pas s’enfermer dans une comptabilité. L’occasion du pardon a comme première conséquence : restaurer les relations. Mais c’est aussi l’occasion de mettre en valeur  et de  renouveler la confiance et l’amour réciproque. Pour qu’un couple dure, il est important de gérer le quotidien avec ses incompréhensions et ses malentendus. Ce qui est le plus important, c’est que l’amour réciproque se renouvelle et donne à chacun des forces nouvelles.

Dans l'Évangile, Jésus nous démontre à quel point  il nous aime. Le texte d’aujourd’hui est un appel à l’amour et à l’action. C’est le contraire de l’intolérance.  Or concrètement aujourd’hui, face à tous les crimes et barbaries de notre époque, la première réaction, liée à l’instinct de survie, c’est de se venger. Mais l’expérience et la réflexion nous montrent, que la vengeance ne fait qu’aggraver le mal.

            Concrètement, la vie est aussi faite de petits drames qui empoisonnent notre existence et notre quotidien. Il faut choisir entre le langage de l'accusation qui divise et le langage du pardon qui resserre les liens de l'unité. Un foyer uni, une famille soudée, une communauté fraternelle, c'est là où l'on pardonne. N'allons pas chercher ailleurs le secret du bonheur. Il est dans des relations harmonieuses qui pardonnent et  dépassent toutes les égratignures relationnelles. Demander le pardon, c’est vouloir s’excuser des erreurs du passé. Accorder le pardon, c’est croire en l’avenir. Il faut savoir vivre en communauté et savoir faire des concessions. Pardonner, c’est  reconnaître ses propres limites sans enfermer les autres dans leurs limites. Pardonner, c’est refuser de se venger, mais c’est chercher ensemble un  chemin de conciliation et de réconciliation.

Le pardon n’est pas toujours facile à demander, et il n’est pas plus aisé à donner. La loi de Dieu, c'est la loi de la démesure de l'amour, le règne de la patience, du pardon et de la miséricorde. Le regard d'amour est plus fort que le regard punitif. Ca devrait être ainsi pour le chrétien. Retenir la vengeance comme solution divise et provoque des ruptures. Opter pour le pardon, ca crée des ponts de solidarité. Dans tous les conflits entre les personnes et les peuples, le dialogue est primordial. Il est évident que tout ne se règle pas entre deux personnes. Dans l’Evangile, Jésus demande d’associer : « une ou deux personnes. Et si ça ne suffit pas, faire appel à l’ensemble. » Personne n’est juge par lui-même. Mais chacun est capable d’aimer et d’apporter le meilleur de lui-même.

            Quand Jésus invite à se retrouver avec son frère, avec les autres, ce n’est pas pour organiser un racket, mais pour travailler à la Justice  et à la Vérité. Chacun est invité à apporter sa part de bonheur à tous ceux qui sont engagés dans la vie avec lui. IL ne faut surtout pas oublier, que la priorité va vers ceux qui peinent et qui sont souvent les premiers  oubliés. C’est dans cette inspiration que l’Esprit de Dieu est à l’action. C’est  seulement là qu’on peut retrouver la bonne volonté de ceux qui le suivent. Et comme le dit Jésus : « .tout ce que vous liez ici sur terre sera lié dans le ciel, et ce que vous déliez sur la terre sera délié dans le ciel. » Ainsi Jésus fait appel à la liberté et à la réconciliation de chacun,  pour apporter sa part dans la construction d’un monde de paix, de justice et d’amour.

 

 

Du 16 au 28 septembre, j’accompagne un groupe de pèlerins en Ethiopie.

Pas d’homélie le 24 septembre.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 15:48

22° Dimanche du Tps Ord. - « A » 03 09 17

 

1ère lecture :   Jérémie 20,7-9

2ème lecture : St Paul aux Romains 12,1-2

Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 16, 21-27

 

« En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t‑il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t‑il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

 

Le ministère de Jésus en Galilée s'achève. Les pharisiens et les sadducéens lui sont hostiles, mais Pierre vient de faire sa profession de foi: « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Après cette déclaration, Jésus annonce sa mort prochaine et toutes les souffrances qui y sont liées.

Cette page d’évangile peut nous renvoyer à toutes les personnes qui sont aujourd’hui en souffrance. Ils ne l’ont certainement pas cherchée, mais elle marque  leur vie. Très souvent, ils n’en peuvent plus, car c’est trop lourd à porter. De fait, personne ne cherche à se charger d’une croix. Même Jésus au jardin des oliviers disait : « Seigneur, fais que ce calice passe loin de moi…. Mais que ta volonté se fasse. »

La croix évoque toujours une grande souffrance, et c’est bien normal de vouloir l’éviter. En cela on peut comprendre l’apôtre Pierre qui dit à Jésus, Dieu va te protéger et Jésus le reprend vertement. En effet pour Lui, ce qui est premier, c’est sa mission. Et cette mission va le conduire jusqu’à la mort sur la croix. Acte suprême d’amour : réconcilier le monde avec son Père qui va se réaliser dans sa mort et dans sa résurrection.  « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » C’est à chacun de voir comment il va prendre sur lui « sa croix », comment il va gérer sa souffrance. Bien sûr l’entourage est là pour nous y aider, mais l’essentiel se joue au cœur d’un chacun.

Quelle est donc cette croix aux multiples visages ?

La croix du cancer, du sida, toutes ces maladies où l’homme a de la peine à se relever. Il y a la croix du cœur lorsqu’il est blessé ou brisé par manque d’amour. Il y a la croix de la solitude, comme celle du vivre ensemble où il nous est difficile d’accepter l’autre différent. Il y a notre croix de tous les jours avec ses soucis, ses fragilités. Cette croix peut changer de visage tous les jours par des événements inattendus comme la mort d’un proche. Et puis, il y a toutes ces croix dressées sur les différents continents du monde où règnent : guerre, faim, misère, barbarie, atrocités …..

C’’est vrai, qu’on ne peut pas parler de la souffrance du Christ en croix, si on oublie le chapitre 5 de St Matthieu où Jésus déclare heureux tous ceux qui combattent la souffrance et le mal sous toutes ses formes : ceux qui ont faim et soif de justice, ceux qui exercent la miséricorde, ceux qui font œuvre de paix et enfin ceux qui sont persécutés pour la justice.  Jésus s'adresse aux petits, aux exclus, aux faibles, à ceux qui peinent, pour leur proposer force, dignité et bonheur. Aujourd’hui Jésus précise que nous ne sommes pas invités à la patience dans l'attente d'un hypothétique bonheur qui aura lieu plus tard. C’est aujourd’hui que je veux être libéré de tous ces maux qui m’affligent, qui me font perdre courage et confiance. C’est aujourd’hui que j’ai envie de connaître enfin un peu de bonheur, encore faut-il le percevoir.

Jésus refuse de valoriser la souffrance pour elle-même. Quand nous vivons une incompréhension, une injustice, ou une ingratitude, nous ne voyons pas tout de suite comment la vivre à la manière de Jésus. Le premier instinct, c’est la révolte. Alors Jésus nous invite à apprendre comment aimer jusqu'à l'extrême, à mettre de l'amour partout où il manque, à apporter le sourire, à susciter la joie de vivre, et pourquoi pas le faire en son nom et en fidélité à l’Évangile.

Aujourd’hui, nous pouvons penser à  l’angoisse de tous ces jeunes et enseignants qui vont reprendre le chemin de l’école. La peur de l’inconnu, peur de ne pas réussir, s’adapter à une nouvelle façon de vivre…. Autant  de petits traquenards qui empêchent d’être bien dans sa tête, pour mettre en œuvre le plus beau et le meilleur de sa vie.

Dans toutes nos épreuves, il importe de ne jamais perdre de vue que nous ne sommes pas seuls à connaître croix et misères. Bien sûr, le malheur des autres ne peut pas être une consolation dans nos afflictions. Pourtant, c’est ensemble que l’on peut s’appuyer les uns sur les autres et nous serrer les coudes pour nous en sortir.

Le message de Jésus ne doit pas nous rendre passifs. La foi ne peut pas être séparée d’une recherche et d'un combat qui vise à transformer notre monde injuste en un monde plus fraternel. La foi doit nous aider à aller de l'avant, à espérer sans craindre le futur. Jésus nous demande de le suivre et non de subir, mais la souffrance peut nous faire découvrir des capacités insoupçonnées pour nous relever et vivre sereinement.

 

 

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 09:10

21° Dimanche  du Tps Ord « A » 27 08 17

        Première Lecture : Isaïe 22 19–23

    Deuxième Lecture : Romains 11 33–36                                 Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 16 13–20

 

« En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te don­nerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. »

 

Aujourd’hui, l’évangile nous présente Jésus avec ses disciples. Avec eux, il fait le point sur les retombées de sa mission. Chemin faisant, Jésus a révélé, à ceux qu’il  rencontrait, les mystères du Royaume de Dieu. Maintenant, il a besoin de vérifier si il a été bien compris, et si son message est bien passé. Sa renommée se propage et il se sent bousculé, chahuté de tous côtés. Il veut faire face aux hésitations des apôtres, qui se sentent tiraillés entre ce qu’ils apprécient chez Jésus et les critiques des pharisiens.

Cette page d’évangile de  Matthieu, met en évidence un moment où Jésus provoque ses disciples à ne pas se contenter de ragots. Il leur demande comment les gens ont perçu son enseignement et ce qu’ils disent de lui. De plus, il interpelle ses apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » Quand on engage sa vie, on ne l’engage pas à la légère, mais avec tout son poids de vérité. La réponse de Pierre fuse: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Elle dépasse certainement ce qu’il a perçu et entendu de Jésus. Cette proclamation est favorisée par l’Esprit Saint à l’œuvre au cœur de Simon Pierre. En effet, Dieu prend l’initiative, c'est Dieu qui aime et qui sauve, et c'est toujours lui qui fait des propositions et des appels. Mais chacun peut répondre comme il le souhaite. Jésus invite chacun à donner la réponse dans laquelle il veut  s’engager. Dieu a besoin de nous, il ne peut rien faire sans nous, au point que Jésus dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Jésus avait besoin de mesurer l’accueil que lui font les foules qu’il rencontre occasionnellement, mais aussi la portée de son témoignage sur ses compagnons de tous les jours. De même, les parents, les enseignants, les éducateurs, les maîtres d’apprentissage, les prêtres, les religieuses et tous les chargés de mission ont besoin, un jour ou l’autre, de vérifier l’efficacité de leur enseignement et de leur engagement. Toutes ces personnes en responsabilité, devraient répondre à cette question : « Est-ce que j’ai bien rempli ma mission ? Est-ce que j’ai réussi à transmettre ce pour quoi j’ai été envoyé ? »

Comme Pierre et les autres disciples, nous avons besoin de savoir où en sont nos projets :

 - sommes-nous branchés sur la vie et les questions des hommes de notre temps ? 

- sommes-nous accueillant et disponible à l’action de l’Esprit de Dieu dans ce monde ? Cette double attention à la vie et à l’action de Dieu donne force et cohérence à la foi.

Cette rencontre rend l’homme libre et responsable. C’est aussi notre façon de répondre aujourd’hui, à la question de Jésus : « Et pour vous qui suis-je ? »

            L’an dernier en France, Bataclan, la promenade des Anglais à Nice, aujourd’hui l’Espagne : ces drames nous montrent en même temps, des proches qui exécutent des gens sans défense. Mais aussi d’autres inconnus qui apportent soutien et réconfort aux victimes. Personne  ne peut rester indifférent à tous ces drames.

A la messe « pour la paix et la concorde » en  la Basilique Sagrada Familia, l’archevêque disait : « Barcelone a traversé des jours de larmes, de beaucoup de larmes, mais surtout de grande humanité». Il insistait sur la nécessité de construire : « un monde où nous vivrons tous ensemble dans la paix et dans l’amitié, dépassant les barrières, réparant les divisions, rejetant la violence et les préjugés ». Ce message correspond parfaitement au dessein de Dieu. D’ailleurs, le Pape François souligne que : « L’Eglise est appelée à être semence d’unité pour la famille humaine toute entière. »  

N’oublions pas, que les relations avec les autres nous font vivre. Plus les relations avec les autres sont profondes, plus elles sont une source de richesse et de bonheur. L'autre ne peut pas rester pour nous « l'étranger», car il est aussi un enfant de Dieu, une fille et un fils aimé du Père au même titre que chacun de nous. Par conséquent, tous  nous sommes invités à construire notre vie dans le respect d’autrui.

La réponse de Pierre a mobilisé l’ensemble des disciples à reconnaître en Jésus « le Messie » et à le suivre. Chrétiens, sur le chantier de nos paroisses, de nos familles, de nos associations, partout où nous sommes impliqués et insérés, comment témoigner du Christ vivant ? Même si la tentation est forte d’en rester à ce qu’on a connu dans notre enfance, l’Evangile est  et restera Bonne Nouvelle pour aujourd’hui. Et le sera-t-il encore pour demain ?  Alors mobilisons nous pour dépasser nos nostalgies, en ravivant notre foi en reprenant l’évangile en lien avec les événements et les gens d’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:05

 

20° Dimanche du Tps Ord  « A » - 20 08 17

Première Lecture : Isaïe 56 1, 6–7

Deuxième Lecture : Romains 11 13–15, 29–32

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 15 21–28

 

« En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. »

 

Après la multiplication des pains et la marche sur les eaux, Jésus semble éprouver le besoin de se faire un peu oublier. Il se retire dans la région de Tyr et de Sidon, sur l'actuelle côte libanaise, au nord de la Galilée. Lieu très renommé dans la Bible, à la fois pour sa richesse, sa beauté, mais aussi pour son accueil de toutes les idoles en vogue.

Jésus vient se reposer avec ses disciples, en terre païenne.  Et voici qu’une étrangère, une cananéenne vient le supplier. Elle est très marquée par la souffrance de sa fille. Sans connaître personnellement Jésus, sinon par ce qu’elle a entendu de lui,  elle espère qu’il va soulager et guérir sa fille. Cette étrangère est proche du désespoir. Elle crie, parce qu'elle espère que son salut  peut venir de Jésus. Elle l’interpelle avec une telle insistance,  que les disciples veulent la faire taire. Cette femme crie sa douleur de mère, comme tant de nos mamans, qui voient leurs enfants affligés d'un mal profond. Elle se montre audacieuse. Elle sait bien qu'elle n'est pas juive, et elle arrive en toute d'humilité, avec sa détresse et sa détermination. Elle se jette aux pieds de Jésus. La réponse de Jésus est surprenante. On n’est pas habitué à cette forme d’indifférence de sa part. Pourquoi ce manque  de considération et de compassion à l’égard de cette femme en souffrance ?  «  Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.  Laisse d'abord les enfants se rassasier; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. »

Qu’est-ce qui a poussé Jésus à être aussi dur et presque méprisant ? Fait-il semblant d’être dur et indifférent ?  Pourtant, il a déjà fait des nombreuses guérisons,  en allant au-devant des malades et des handicapés pour les guérir. Car au cœur de sa mission, Jésus pense d’abord à ceux qui peinent.

Aujourd’hui, le cri de cette femme peut nous renvoyer à une foule de cris qui s’élèvent du cœur de gens blessés dans leur humanité. Ces cris retentissent sur nos places publiques par les manifestations et par le biais des informations. Ne déclenchent-ils pas trop souvent le mépris au lieu de l’écoute, la fermeture au lieu de l’accueil ? Or la vie n’a pas d’avenir sans écoute, sans accueil et projet d’avenir pour aider ceux qui peinent.

Dans toutes les situations difficiles, chacun doit prendre sa part de responsabilité, là où il vit, là où il a un pouvoir de décision, là où il a une parole à donner. Les barrières, les obstacles, les incompréhensions, les murs ne sont pas seulement le fruit, le résultat de couleur de peau, de religion, de nationalité, mais le fruit de tous nos enfermements, de nos blocages et de certitudes établies depuis des générations. Par exemple, actuellement, tout le monde est choqué du fossé qui s’aggrave entre les riches et les pauvres. Mais tout est fait pour que cela continue. Si rien n’est entrepris, dans tous les domaines, pour que les choses  s’améliorent, demain sera encore plus difficile.   

La foi chrétienne, aujourd’hui comme hier, est toujours au service de la vie. La méditation de l’évangile doit nous aider à renouveler  et à affermir notre foi. Dans toute démarche humaine et chrétienne, ce qui est premier, c’est le souci de la dignité des personnes, car tous sont enfants de Dieu. Jésus nous dit « Ce que tu as fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu l’as fait ». Cette dignité est toujours  remise en cause par l’attrait du pouvoir, de l’argent, de la domination, c’est ça le péché qui détruit la dignité. C’est pour cela, qu’il est nécessaire de prendre le temps de s’affermir. C’est une Bonne Nouvelle pour la dignité de chacun. Jésus ne veut pas qu’on s’arrange avec  ces drames. Au contraire, il veut nous entraîner dans la compassion. N’est-ce pas agir et demander grâce pour ceux qui souffrent du mépris. Il est essentiel que chacun soit respecté dans son intégrité d’Homme et de Femme. Jésus veut que chacun se sente aimé de Dieu, car enfant de Dieu.

 

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 18:59

                     ASSOMPTION 2017

Première Lecture : Apocalypse de St Jean 11 19—12 6, 10

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 15 20–26                                         Évangile  de Jésus-Christ selon St Luc 1 39–56

 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empres­sement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tres­saillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 

 

A notre époque où on est toujours en train de courir, beaucoup redécouvrent les vertus de la randonnée – de la marche – du vélo. Marcher en groupe, avec quelques amis, cela refait la santé, mais permet aussi d’oxygéner les esprits fatigués et stressés. N’est-ce pas aussi pour cette raison que les pèlerinages, entre autre celui de St Jacques de Compostelle, ont retrouvé beaucoup de ferveurs ? Le pèlerinage est une invitation à partir, à se mettre en route, aller à la rencontre d’autres personnes, prendre le temps de relire nos liens  avec les Hommes de ce temps et avec Dieu L’important n’est pas d’arriver à une destination, mais de vivre une expérience en cours de route. C’est le chemin qui permet de progresser lentement  et de découvrir des situations nouvelles ! Ce chemin est fait de joies et de peines, de souffrances et d’espérances qui nous font sortir de nos enfermements. Les croyants ne sont pas des gens arrivés. Ce sont des nomades, des gens en marche. Celui, qui est installé, a des difficultés à progresser  dans sa  foi et à la garder vivante.

Dans ce temps de vacances, il y a ceux qui ont choisi ces moyens de détentes  et de renouvellements. Mais en même temps, on n’a jamais autant parlé des foules immenses qui sont obligées de quitter leur maison, leur pays, leur famille, leur religion sous peine de mort. Chez nous, tous ces immigrés qui se cachent sous des ponts, dans des squats, dans les forêts, dans les dunes, ceux qui sont dans des centres de rétention. On ne peut même pas dire ce qui s’y passe, tellement c’est grave et désespéré pour beaucoup. Face à tous ces drames humains quelques voix et quelques actions redonnent un peu d’espoir. De grâce, pas de jugements tout faits, mais cherchons à connaître pour comprendre et soutenir.

Revenons  à Marie, que nous fêtons aujourd’hui. L’Assomption met en valeur la maman de Jésus qui a aussi beaucoup marché. Elle est allée soutenir sa cousine Elisabeth dans la montagne de Judée. Elle a marché, sans doute avec beaucoup de fatigue, pour aller de Nazareth à Bethléem au moment du recensement alors qu’elle était enceinte. Après la naissance de Jésus, devant le massacre des innocents, Marie et Joseph ont vécu la fuite en Egypte. Elle a marché sur les routes de Palestine à la suite de son Fils jusqu’au Golgotha, un certain vendredi saint. – Elle a aussi accompagné les apôtres dans les débuts de la communauté chrétienne. Ainsi on la retrouve avec l’apôtre Jean à Ephèse.

Marcher, aller à la rencontre de… progresser…avancer….chercher de nouvelles issues à leur drame, voilà un vocabulaire qui  rejoint les requêtes de l’Homme d’aujourd’hui.

Marie a eu surtout une foi itinérante… une foi qui progresse. Marie n’est pas l’icône d’une foi magique qui n’a pas besoin de s’investir. Marie a connu, comme chacun d’entre nous : des hauts et des bas. Des moments où tout paraît simple, facile à vivre. Mais sa foi, comme la nôtre, a été une foi chahutée avec ses commencements, ses incompréhensions, ses doutes mais aussi avec ses certitudes, ses joies, ses engagements.

Sa foi éclaire notre itinéraire et celui de toute l’humanité. Marie est la mère des commencements. Elle s’est mise en route sans savoir d’avance jusqu’où cela la conduira. Marie qui n’a pas tout compris du 1° coup, nous rappelle combien la foi est source permanente de relecture, d’interprétation toujours renouvelée de la Parole de Dieu au contact des événements du monde et de l’actualité.

Son Magnificat prend ses racines dans la vie du peuple de la Palestine. Il est question des opprimés, des humbles, des petits, de renversement de situations…ça bouge….ça         tourne… ça ne laisse jamais indifférent.
Pour Marie il n’est pas possible de séparer l’histoire et son actualité du Royaume de Dieu. Le combat pour une vie meilleure est inséparable de l’amour de Dieu pour son peuple.

Ainsi l’itinéraire de Marie nous montre combien la foi est d’abord une « naissance », une vie toujours en croissance, une semence jetée dans le cœur de l’homme, qui doit germer, prendre racine et donner du fruit.

Les chrétiens sont des voyageurs comme Abraham, comme Marie comme tous les croyants de l’histoire humaine. Nous aussi, tant que nous marchons, nous sommes des vivants

Ceux qui croient être arrivés, s’installent et à force de s’installer, de se sédentariser, de penser au confort, ont fini par oublier le but du voyage.

Dieu nous veut sur les chemins et les routes, dispersés à travers le monde, comme la semence est dispersée. Notre baptême nous a fait membres de cette Eglise en marche, qui va de l’avant, qui témoigne d’une foi vivante.

 

Bonne fête à toutes les « Marie »

 

                                   

 

 

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 10:05

19 Dimanche du Temps Ordinaire  « A » 13 08 17

  Première Lecture : 1Rois 19 9, 11–13

   Deuxième Lecture : Romains 9 1–5

       Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 14, 22-33

 

« Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Pour comprendre ce passage d’évangile, il faut rappeler que c’est la suite de la multiplication des pains. L’évènement a déclenché une telle admiration de la foule  que Jésus veut préserver ses disciples des fausses sécurités, d’un sentiment de puissance trompeur et d’un triomphalisme trop facile. N’est-ce pas le triomphalisme humain qui éloigne l’Homme de Dieu : quand on a l’argent, le pouvoir, la renommée, il est facile de croire qu’on peut se passer de Dieu. Mais le plus grave, c’est de croire que ça vient de soi.

De ce fait, Jésus oblige ses disciples à tourner la page et à monter dans la barque pour aller vers d’autres horizons. Il ne faut pas s’installer. Il les met à l’épreuve en les laissant seuls sur une barque durant la nuit. La nuit descend, le vent souffle, et une fois de plus, les disciples se sentent perdus.

Les apôtres sont encore tout éblouis par l’affaire du pain multiplié et partagé dont ils ont été un peu les acteurs. Jusque là, tout baigne. Mais subitement, la barque est battue par les vagues car le vent est contraire ! Brutalement, la vie reprend ses droits et ils sont rejoints par les imprévus du quotidien.

Comme beaucoup de Juifs à leur époque, les apôtres croient que les forces infernales sont cachées dans la mer. La situation pour eux est plus grave que jamais. La peur des fantômes, des forces infernales du mal prend le dessus.

Des malades, des gens qui ont faim, des accidentés, on en voit tous les jours, on s’y habitue ; mais quand on est concerné soi-même, l’instinct de survie prend le dessus. Les plus beaux conseils qu’on peut donner aux autres, disparaissent.  

En effet, les disciples ont peur et ils ne reconnaissent pas Jésus venu vers eux sur les flots au milieu de l’orage. La foi va peu à peu transformer l'âme de Pierre et en  faire un homme fort et courageux, capable d'aller jusqu'au martyre. Pierre est constamment soulevé par le désir de rejoindre et d'accompagner Jésus. Il incarne tout le cheminement de la foi dans le cœur de l'homme : il croit, mais sa foi reste fragile. Cette fragilité se manifestera au soir du jeudi-saint : «Même si tous tombent et abandonnent, moi jamais ! » Jésus répond : « En vérité je te le dis, cette nuit même, avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois. » 

Et nous-mêmes, ne sommes-nous pas comme les apôtres envahis par les peurs, les inquiétudes, la remise en question de notre foi ? Comme Pierre, nous avons à renouveler notre adhésion à cette Bonne nouvelle annoncée par Jésus.

 Les événements de la vie courante et les informations bousculent toutes nos certitudes ainsi que ce qui nous a construits. L’équilibre au niveau international est suspendre comme à un fil fragile : Corée du Nord, Qatar, Lybie, Vénézuela etc… l’équilibre entre les dominants et les dominés, entre les hommes et les femmes semble de plus en plus fragile. L’équilibre mondial est toujours remis en cause. Avec toutes ses conséquences pour l’accès à l’eau, à la nourriture, au travail. Chacun essaie de trouver sa « niche » pour se protéger. Il n’y a pas qu’une crise  financière, il y a aussi de nombreux désarrois dans la vie de chacun, liés à la santé, à l’affection, à la confiance, aux perspectives d’avenir. Face à toutes ces difficultés, la tentation chacun est de préserver un petit coin de paradis.

Rappelons-nous comme le dit l’évangile : que Jésus n’est jamais loin. Il est à nos côtés. Et quand tout nous semble désespéré, quand nos yeux ne savent plus reconnaître sa présence, notre foi nous invite à continuer à lui faire confiance. Même si je ne sais pas comment il est présent, il est bien là comme une Bonne Nouvelle et non comme une menace. 

Les orages font partis du déroulement de l’histoire et de la création. Mais au milieu de toutes les contradictions et les fragilités qui nous touchent et nous bousculent, il nous faut apprendre à repérer la présence de celui qui est l’envoyé du Père à nos côtés. Mais, nous ne saurons jamais si nous pouvons marcher sur les eaux, sauf si nous sortons de la barque, càd de nos sécurités pour nous mettre au service de ceux qui peinent, et ainsi nous lancer avec courage dans cette merveilleuse aventure qu’est la foi.

 

 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 09:19

18° dimanche Fête de la Transfiguration « A » - 06 08 17

 

1ère lecture du livre du prophète Daniel (7, 9‑10. 13‑14)

2ème lecture de la deuxième lettre de saint Pierre apôtre (1, 16‑19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1‑9)

 

« En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils enten­dirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

 

Avant de se rendre à Jérusalem, où il va être exécuté et ressusciter d’entre les morts, Jésus se retire avec Pierre, Jacques et Jean sur une montagne, appelée le Mont Tabor. Cet évangile nous a été proposé durant le carême où nous avons vu Jésus acculé à des impasses, à des obstacles qui ferment  tout avenir. Nous connaissons également  de grandes épreuves qui nous font mal et perdre confiance. Par ailleurs, l’expérience de la vie nous montre que les chemins les plus faciles sont sans issues. Et dans l’évangile de ce jour, Jésus nous fait découvrir que tout n’est pas « bouché » et qu’il y a toujours des chemins d’avenir.

La TRANSFIGURATION  rappelle le cœur de la mission de Jésus et de ceux qui le suivre. Cet événement est capital pour les disciples à qui Jésus vient d’annoncer les persécutions et sa mort prochaine. Sans perspectives, on ne va pas de l’avant. Les contraintes et tous les mauvais coups de la vie ne peuvent pas être dépassés, si on n’a pas d’objectifs plus forts. Ainsi, Jésus parlant de son départ avec Moïse et Elie est rayonnant. Pierre, Jacques et Jean en restent bouche bée. Ils le voient à présent comme ils ne l’ont jamais vu. Jusque-là, ses premiers disciples n’avaient jamais pensé que Jésus s’inscrivait dans cette grande histoire d’amour entre Dieu et l’humanité. A présent, pour le suivre, il leur faut franchir une nouvelle étape. Ils avaient reconnu en Jésus un personnage hors du commun, un messager en qui, ils voient à ce moment-là le Fils de Dieu. « Celui-ci est mon Fils bien aimé ; en qui je  trouve ma joie : écoutez-le. »

Après cette révélation à ses 3 apôtres, Jésus les engage à n’en rien dire avant sa Résurrection. En effet, pour le moment, les autres disciples n’étaient pas en capacité d’accueillir cette nouveauté.

Nous sommes tous embarqués dans cette même histoire humaine. En fait, chacun de nous a entendu dire, « que Dieu nous aime ». Et pourtant, les épreuves, qui remettent en cause nos sécurités de vie et de foi en cet Amour, nous bousculent et nous déchirent. 

Les épreuves, que nous ne choisissons  pas, ne devraient pas nous enfermer ou nous déstabiliser. Tout au long de sa vie et en particulier sur cette montagne, Jésus nous fait découvrir que nous avons des énergies insoupçonnées pour rebondir dans les pires situations. Et pourquoi ? St Pierre nous rappelle dans la lecture de ce matin : «  vous faites bien de fixer votre attention sur la parole prophétique…. Jusqu’à ce que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. »

Personnellement quand j’accompagne des pèlerins en ces lieux, ou quand j’évoque ce qui s’y est passé, c’est pour moi un rappel, que l’Amour de Dieu est toujours à l’œuvre.

La rencontre de personnes en grande difficulté, certains obnubilés par les échecs, la poisse, la maladie incurable, la mort, m’obligent sans cesse à réajuster mon approche, pour respecter ce qu’ils vivent sans les y enfermer. Grâce à l’amour des autres, ils ont pu réagir et retrouver des forces neuves. L’amour des autres n’est-il pas chemin de l’Amour de Dieu ?

            Le Pape François, lors de son voyage pastoral au Mexique en 2016,  a pourfendu à cette occasion, les riches et l'élite corrompue en les accusant  d’accumuler : "Une richesse qui a le goût de la douleur, de l'amertume et des souffrances : tel est le pain qu'une famille ou une société corrompue offre à ses propres enfants". En disant cela, le Pape François veut redonner espoir et réveiller les énergies de tous ceux qui n’en peuvent plus, découragés et qui se sentent  abandonnés.

Il en va de même pour les milliers de réfugiés, d’orphelins et de miséreux qui cherchent un dernier recours. Des associations, des femmes et des hommes refusent de baisser les bras et d’abandonner à leur triste sort, des gens qu’ils regardent comme des frères. C’est une nouvelle étape dans leur vie : reconnaître comme des frères ceux qui sont abandonnés. C’est aussi un bonheur pour ces derniers, d’être reconnus comme des frères. Tous ces gens-là, prennent des risques face à l’égoïsme de ceux qui les méprisent. Ils vont même jusqu’à les chasser

La transfiguration nous entraîne à refuser, à tout prix, le désespoir. Il importe de rechercher les chemins de foi en l’avenir. Comme Jésus et avec lui, il nous faut gravir la montagne et nous dépasser pour atteindre le sommet. Même s'il n’y a  pas de montagne à proximité, nous sommes, néanmoins, invités à prendre un peu de recul, de distance avec notre environnement pour nous livrer en toute confiance au dialogue avec Dieu. Ce dialogue est à l’image du dialogue avec nos proches. Il se fait en marchant, un pas après l’autre, un  événement après un autre, sur le chemin de Pâques qui nous mène à la résurrection.

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 09:48

17° Dimanche du Temps Ordinaire 30 juillet 17

Première Lecture : 1Rois 3 5, 7–12

Deuxième Lecture : Romains 8 28–30

Évangile  de Jésus Christ selon St Matthieu 13 44–52

 

« En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.

« Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de pois­sons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t‑il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui. » Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

 

 

Comme pour les deux derniers dimanches, l’Eglise nous invite, aujourd’hui, à relire trois nouvelles paraboles. Dans son enseignement, Jésus continue à comparer le Royaume des Cieux à des réalités que nous pouvons connaître. A savoir : un « Trésor caché » - « une Perle de grandes valeurs » - « un Filet rempli de toutes sortes de poissons ». Par ces paraboles, Jésus met en évidence la place et le rôle essentiel de celui qui veut comprendre.

Les biens matériels et la santé font certainement parti de ce qu’il y a de plus précieux dans l’existence humaine. Sous un aspect humoristique, on dit couramment : qu’il vaut mieux être riche et en bonne santé, que malade et sans le sou.

Depuis toujours, et malgré toutes les découvertes et les évolutions dans tous les domaines, l’Homme reste toujours assoiffé de bonheur. Ça veut dire, que le bonheur n’est jamais définitivement acquis. Cette recherche de bonheur est même  plus importante que l’objet désiré. C’est comme pour les cadeaux de Noël, choisis par les enfants. Lorsqu’ils les ont reçus, ils rêvent déjà à autre chose. Leur désir reste insatiable, et c’est normal. Mais en conséquence, il faut être vigilant et ne pas se laisser piéger par l’attrait du superficiel et de ce qui est facile. Quelque part, il y a une tromperie qui fait croire que le  bonheur dépend de la chance sans efforts. Tous les jeux de société sont organisés avant tout pour ramasser le maximum d’argent.  Là encore on utilise une tromperie, en faisant croire qu’on peut s’arracher à la pauvreté avec un minimum de chance. Mais, à la loterie, en fait, il n’y en a qu’un seul gagnant du gros lot.

Revenons aux paraboles où  Jésus nous rappelle que le bonheur est à la portée de chacun. Ainsi, dans une famille, c’est capital que chaque membre prenne sa place et joue son rôle dans l’harmonie et l’équilibre de l’ensemble.  De même, dans nos associations et nos organisations, il est nécessaire de veiller à la place et au rôle de chaque membre. Si on ne s’engage pas, il n’y a pas de résultat ni de progrès.

Aujourd’hui, les paraboles nous parlent du Royaume des cieux  qui est le vrai bonheur. Il compare ce Royaume à un trésor caché, à une perle de grande valeur, à un filet plein de poissons. A chaque fois, il s’agit de trouver ou d’obtenir quelque chose de précieux qui manque encore et qui vaut plus que tous les biens accumulés. Ainsi, quand nous voulons une amélioration, il y a des choix à faire, des démarches à engager et des actes concrets à exécuter. Le bonheur décrit par Jésus n’est pas automatique ni immédiat. Il est caché à nos yeux et il faut commencer par le chercher. Quand on l’a découvert, si on veut l’acquérir, il faut en prendre les moyens, parce que les bonnes intentions ne suffisent pas.

Dans une société où Dieu est renvoyé au paradis, à un monde à part, on se laisse enfermer et piéger par des satisfactions immédiates. La révélation de Jésus à ceci d’original : c’est que l’expérience doit être un nouveau départ et non une fermeture. A chacun de nous, Jésus répète aujourd'hui encore : « Quel est ton trésor ? Qu'est-ce qui a le plus de prix à tes yeux ? Quel temps consacres-tu à l'essentiel ? Et dans tout ce que tu fais : quelle place Dieu tient-il dans ta vie ?» A chacun Jésus rappelle : «N'accumulez pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les rongent. »  « Où est ton trésor, là aussi est ton cœur. »
            Il est clair, Jésus souhaite nous faire bien comprendre que nous ne pouvons pas nous limiter à notre existence terrestre et à ce que nous en connaissons. Elle est fragile, menacée, éphémère. Au contraire, avec Jésus et avec son Père elle peut devenir toute autre. Notre existence terrestre prend une toute autre dimension si elle se greffe sur la vie de Dieu.

            De quel bonheur s’agit-il ? De la Bonne Nouvelle du Royaume qui dépasse tout ce qu’on peut  imaginer ou espérer. Cette Bonne Nouvelle  est  énoncée par Jésus dans les  Béatitudes : « Heureux  vous les pauvres….le Royaume de Dieu vous revient ». Ces mots peuvent nous décevoir parce qu’à nos oreilles, ils paraissent usés, répétitifs. On les a déjà entendu de nombreuses fois sans y mettre le contenu que Jésus propose. Il s’agit d’un bonheur que personne ne pourra nous ravir.

Jésus nous pose une question de confiance : si vraiment tu veux aller plus loin

 « Engage-toi, ça dépend aussi de toi et de tes qualités humaines ». Alors tu seras : « comme un maître de maison qui trouve toujours dans ses réserves de quoi distribuer, du neuf et du vieux. »

Après la joie de la découverte, il y a le temps des choix, le temps de l’effort, et de la mise en œuvre. « Dans sa joie, l’homme s’en va, met en vente tout ce qu’il a et achète ce champ ». Ça veut dire, qu’il faudra  nécessairement abandonner  des biens auxquels on s’est attaché. L’attitude du chercheur de perles qui est capable  de tout vendre pour l’acquérir,  ressemble à celle du pêcheur qui trie ce qui est bon. Ces paraboles  peuvent nous aider à entrer dans une attitude de conversion.  C’est à cette conversion là que Jésus nous appelle, dans la perspective de son Royaume de Paix, de Justice et d’Amour.

 

 

 

 

 

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 09:14

16° Dimanche du Tps Ord. « A » - 23 07 17

Première Lecture : Sagesse 12 13–16, 19

Deuxième Lecture : Romains 8 26–27

Évangile  de Jésus Christ selon St Matthieu 13 24–43

 

« En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” » Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-til à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

« Dieu n'est pas juste. » Que de fois, j'ai entendu cette phrase dans la bouche de gens durement éprouvés par un décès brutal ou un malheur qui bouscule toute leur vie. On peut se demander, si soi-même on n’a pas dit ou pensé : « Pourquoi Dieu m'envoie-t-il cette maladie, cette épreuve, alors qu'il donne la santé, l'aisance, la prospérité à des gens  qu’on traite de malhonnêtes? » Dans l’adversité, on voudrait que Dieu réagisse de suite. Il faudrait qu’il récompense les bons et punisse les mauvais, au fur et à mesure de leurs actions.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit  que ce n’est pas l’objectif de son Père. Dieu est bon, et on l'appelle le « Bon Dieu ». Comme le semeur de la parabole, il veut récolter du bon grain et non pas régler des comptes. Il laisse pousser l'ivraie avec le bon grain. Comme le Dieu de la Bible, il fait pleuvoir chez les mauvais comme chez les bons. Plusieurs paroles de Jésus, plusieurs textes de la Bible nous révèlent la patience et la douceur de Dieu. La première lecture de ce jour nous disait : « Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. » « Je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les malades. » «N'éteignez pas la mèche qui fume encore. » « Toi Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu gouvernes avec beaucoup de ménagement,... à ceux qui ont péché, tu souhaites qu’ils se convertissent ». Nous avons du mal à réaliser et à bien comprendre que Dieu est un « Bon Père ».

Les parents d'adolescents savent très bien que leurs enfants n'arrivent pas à trouver l'équilibre et la maturité au premier essai. Ils font des expériences qui sont sources de bêtises et de progrès. Dieu sait très bien que ses enfants, et même les plus grands, ont besoin de temps pour grandir, s'épanouir et apporter leur part à leur famille. Devant leurs maladresses, leurs  révoltes et leurs tâtonnements, Dieu est patient et fait confiance. Il donne du temps, il offre une nouvelle possibilité, il pardonne. Cette attitude peut aussi nous aider. Il ne faudrait donc pas nous révolter trop facilement devant la patience et la miséricorde de Dieu. Si Dieu nous ressemblait, le feu du ciel nous écraserait.

Quand ça va mal, l’instinct de survie nous fait oublier l’essentiel. Nous nous prenons pour des victimes innocentes, alors que nous sommes traversés, comme chacun, par le bien et le mal.  Jésus nous demande d'avoir la même attitude que Dieu le Père et de nous conduire comme lui.  Nous avons entendu dans la première lecture : « Par ton exemple, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ».  Ça me rappelle l’exemple de plusieurs parents qui se sont investis pour défendre la dignité du criminel de leur enfant et aller jusqu’au pardon.  Je me souviens d’Isabelle Bolduc, violée et sauvagement assassinée. Au procès du criminel, on a demandé au père de la victime s'il aimerait qu'on applique la peine de mort pour des crimes comme celui-là. Il a répondu : « Vous ne trouvez pas qu'il y en a assez d'une qu'on a tuée. » A mon sens, sa réponse est conforme à l'esprit de Jésus. La société doit se protéger efficacement, mais ne pas se laisser piéger et enfermer dans la vengeance. Elle doit favoriser la réadaptation et ouvrir le chemin vers le pardon. Par expérience, nous savons que le pardon est une étape délicate dans la vie. Il ne s’agit pas d’une simple formule juridique, mais d’un pas nouveau dans sa conscience qu’on peut appeler : conversion. Et cette conversion est aussi source de libération.

Le chrétien est appelé à l’image du Père à être pour la VIE et non à régler des comptes qui relèvent de la vengeance. Le mal existe. On en est parfois victime mais aussi complice. Souvent ce se sont ceux que nous aimons qui nous font mal à cause de nos liens affectifs. Il nous faut continuer à les aimer, leur laisser du temps, leur donner une  chance de se reprendre. Jésus nous a dit : il faut pardonner jusqu'à 77 fois 7 fois. Nous n'avons rien à perdre quand nous aimons. C’est même la source fondamentale d’une vraie richesse qui dépasse le temps. Elle nous permet de vivre avec compréhension, tolérance, pardon et amour. N’oublions pas qu’avec l'ivraie, il y a du bon blé, et c’est lui, qu'il faut récolter.

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