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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 09:48

17° Dimanche du Temps Ordinaire 30 juillet 17

Première Lecture : 1Rois 3 5, 7–12

Deuxième Lecture : Romains 8 28–30

Évangile  de Jésus Christ selon St Matthieu 13 44–52

 

« En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.

« Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de pois­sons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t‑il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui. » Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

 

 

Comme pour les deux derniers dimanches, l’Eglise nous invite, aujourd’hui, à relire trois nouvelles paraboles. Dans son enseignement, Jésus continue à comparer le Royaume des Cieux à des réalités que nous pouvons connaître. A savoir : un « Trésor caché » - « une Perle de grandes valeurs » - « un Filet rempli de toutes sortes de poissons ». Par ces paraboles, Jésus met en évidence la place et le rôle essentiel de celui qui veut comprendre.

Les biens matériels et la santé font certainement parti de ce qu’il y a de plus précieux dans l’existence humaine. Sous un aspect humoristique, on dit couramment : qu’il vaut mieux être riche et en bonne santé, que malade et sans le sou.

Depuis toujours, et malgré toutes les découvertes et les évolutions dans tous les domaines, l’Homme reste toujours assoiffé de bonheur. Ça veut dire, que le bonheur n’est jamais définitivement acquis. Cette recherche de bonheur est même  plus importante que l’objet désiré. C’est comme pour les cadeaux de Noël, choisis par les enfants. Lorsqu’ils les ont reçus, ils rêvent déjà à autre chose. Leur désir reste insatiable, et c’est normal. Mais en conséquence, il faut être vigilant et ne pas se laisser piéger par l’attrait du superficiel et de ce qui est facile. Quelque part, il y a une tromperie qui fait croire que le  bonheur dépend de la chance sans efforts. Tous les jeux de société sont organisés avant tout pour ramasser le maximum d’argent.  Là encore on utilise une tromperie, en faisant croire qu’on peut s’arracher à la pauvreté avec un minimum de chance. Mais, à la loterie, en fait, il n’y en a qu’un seul gagnant du gros lot.

Revenons aux paraboles où  Jésus nous rappelle que le bonheur est à la portée de chacun. Ainsi, dans une famille, c’est capital que chaque membre prenne sa place et joue son rôle dans l’harmonie et l’équilibre de l’ensemble.  De même, dans nos associations et nos organisations, il est nécessaire de veiller à la place et au rôle de chaque membre. Si on ne s’engage pas, il n’y a pas de résultat ni de progrès.

Aujourd’hui, les paraboles nous parlent du Royaume des cieux  qui est le vrai bonheur. Il compare ce Royaume à un trésor caché, à une perle de grande valeur, à un filet plein de poissons. A chaque fois, il s’agit de trouver ou d’obtenir quelque chose de précieux qui manque encore et qui vaut plus que tous les biens accumulés. Ainsi, quand nous voulons une amélioration, il y a des choix à faire, des démarches à engager et des actes concrets à exécuter. Le bonheur décrit par Jésus n’est pas automatique ni immédiat. Il est caché à nos yeux et il faut commencer par le chercher. Quand on l’a découvert, si on veut l’acquérir, il faut en prendre les moyens, parce que les bonnes intentions ne suffisent pas.

Dans une société où Dieu est renvoyé au paradis, à un monde à part, on se laisse enfermer et piéger par des satisfactions immédiates. La révélation de Jésus à ceci d’original : c’est que l’expérience doit être un nouveau départ et non une fermeture. A chacun de nous, Jésus répète aujourd'hui encore : « Quel est ton trésor ? Qu'est-ce qui a le plus de prix à tes yeux ? Quel temps consacres-tu à l'essentiel ? Et dans tout ce que tu fais : quelle place Dieu tient-il dans ta vie ?» A chacun Jésus rappelle : «N'accumulez pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les rongent. »  « Où est ton trésor, là aussi est ton cœur. »
            Il est clair, Jésus souhaite nous faire bien comprendre que nous ne pouvons pas nous limiter à notre existence terrestre et à ce que nous en connaissons. Elle est fragile, menacée, éphémère. Au contraire, avec Jésus et avec son Père elle peut devenir toute autre. Notre existence terrestre prend une toute autre dimension si elle se greffe sur la vie de Dieu.

            De quel bonheur s’agit-il ? De la Bonne Nouvelle du Royaume qui dépasse tout ce qu’on peut  imaginer ou espérer. Cette Bonne Nouvelle  est  énoncée par Jésus dans les  Béatitudes : « Heureux  vous les pauvres….le Royaume de Dieu vous revient ». Ces mots peuvent nous décevoir parce qu’à nos oreilles, ils paraissent usés, répétitifs. On les a déjà entendu de nombreuses fois sans y mettre le contenu que Jésus propose. Il s’agit d’un bonheur que personne ne pourra nous ravir.

Jésus nous pose une question de confiance : si vraiment tu veux aller plus loin

 « Engage-toi, ça dépend aussi de toi et de tes qualités humaines ». Alors tu seras : « comme un maître de maison qui trouve toujours dans ses réserves de quoi distribuer, du neuf et du vieux. »

Après la joie de la découverte, il y a le temps des choix, le temps de l’effort, et de la mise en œuvre. « Dans sa joie, l’homme s’en va, met en vente tout ce qu’il a et achète ce champ ». Ça veut dire, qu’il faudra  nécessairement abandonner  des biens auxquels on s’est attaché. L’attitude du chercheur de perles qui est capable  de tout vendre pour l’acquérir,  ressemble à celle du pêcheur qui trie ce qui est bon. Ces paraboles  peuvent nous aider à entrer dans une attitude de conversion.  C’est à cette conversion là que Jésus nous appelle, dans la perspective de son Royaume de Paix, de Justice et d’Amour.

 

 

 

 

 

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 09:14

16° Dimanche du Tps Ord. « A » - 23 07 17

Première Lecture : Sagesse 12 13–16, 19

Deuxième Lecture : Romains 8 26–27

Évangile  de Jésus Christ selon St Matthieu 13 24–43

 

« En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” » Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-til à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

« Dieu n'est pas juste. » Que de fois, j'ai entendu cette phrase dans la bouche de gens durement éprouvés par un décès brutal ou un malheur qui bouscule toute leur vie. On peut se demander, si soi-même on n’a pas dit ou pensé : « Pourquoi Dieu m'envoie-t-il cette maladie, cette épreuve, alors qu'il donne la santé, l'aisance, la prospérité à des gens  qu’on traite de malhonnêtes? » Dans l’adversité, on voudrait que Dieu réagisse de suite. Il faudrait qu’il récompense les bons et punisse les mauvais, au fur et à mesure de leurs actions.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit  que ce n’est pas l’objectif de son Père. Dieu est bon, et on l'appelle le « Bon Dieu ». Comme le semeur de la parabole, il veut récolter du bon grain et non pas régler des comptes. Il laisse pousser l'ivraie avec le bon grain. Comme le Dieu de la Bible, il fait pleuvoir chez les mauvais comme chez les bons. Plusieurs paroles de Jésus, plusieurs textes de la Bible nous révèlent la patience et la douceur de Dieu. La première lecture de ce jour nous disait : « Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. » « Je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les malades. » «N'éteignez pas la mèche qui fume encore. » « Toi Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu gouvernes avec beaucoup de ménagement,... à ceux qui ont péché, tu souhaites qu’ils se convertissent ». Nous avons du mal à réaliser et à bien comprendre que Dieu est un « Bon Père ».

Les parents d'adolescents savent très bien que leurs enfants n'arrivent pas à trouver l'équilibre et la maturité au premier essai. Ils font des expériences qui sont sources de bêtises et de progrès. Dieu sait très bien que ses enfants, et même les plus grands, ont besoin de temps pour grandir, s'épanouir et apporter leur part à leur famille. Devant leurs maladresses, leurs  révoltes et leurs tâtonnements, Dieu est patient et fait confiance. Il donne du temps, il offre une nouvelle possibilité, il pardonne. Cette attitude peut aussi nous aider. Il ne faudrait donc pas nous révolter trop facilement devant la patience et la miséricorde de Dieu. Si Dieu nous ressemblait, le feu du ciel nous écraserait.

Quand ça va mal, l’instinct de survie nous fait oublier l’essentiel. Nous nous prenons pour des victimes innocentes, alors que nous sommes traversés, comme chacun, par le bien et le mal.  Jésus nous demande d'avoir la même attitude que Dieu le Père et de nous conduire comme lui.  Nous avons entendu dans la première lecture : « Par ton exemple, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ».  Ça me rappelle l’exemple de plusieurs parents qui se sont investis pour défendre la dignité du criminel de leur enfant et aller jusqu’au pardon.  Je me souviens d’Isabelle Bolduc, violée et sauvagement assassinée. Au procès du criminel, on a demandé au père de la victime s'il aimerait qu'on applique la peine de mort pour des crimes comme celui-là. Il a répondu : « Vous ne trouvez pas qu'il y en a assez d'une qu'on a tuée. » A mon sens, sa réponse est conforme à l'esprit de Jésus. La société doit se protéger efficacement, mais ne pas se laisser piéger et enfermer dans la vengeance. Elle doit favoriser la réadaptation et ouvrir le chemin vers le pardon. Par expérience, nous savons que le pardon est une étape délicate dans la vie. Il ne s’agit pas d’une simple formule juridique, mais d’un pas nouveau dans sa conscience qu’on peut appeler : conversion. Et cette conversion est aussi source de libération.

Le chrétien est appelé à l’image du Père à être pour la VIE et non à régler des comptes qui relèvent de la vengeance. Le mal existe. On en est parfois victime mais aussi complice. Souvent ce se sont ceux que nous aimons qui nous font mal à cause de nos liens affectifs. Il nous faut continuer à les aimer, leur laisser du temps, leur donner une  chance de se reprendre. Jésus nous a dit : il faut pardonner jusqu'à 77 fois 7 fois. Nous n'avons rien à perdre quand nous aimons. C’est même la source fondamentale d’une vraie richesse qui dépasse le temps. Elle nous permet de vivre avec compréhension, tolérance, pardon et amour. N’oublions pas qu’avec l'ivraie, il y a du bon blé, et c’est lui, qu'il faut récolter.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 09:04

15° Dimanche du Temps Ordinaire "A" – 16 07 17

Première Lecture : Isaïe 55 10–11

Deuxième Lecture : Romains 8 18–23

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 13, 1-23

 

« Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Fin de la lecture brève

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le coeur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur coeur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.

« Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

« Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son coeur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

 

En utilisant les paraboles, Jésus est un orateur exceptionnel. Il utilise ce qu’il voit et ce qui marque la vie des gens. Ainsi, tous ceux qui l’entendent, peuvent comprendre son message. Cette expérience lui sert de base, pour réaliser sa mission : faire connaître le royaume de Dieu.

Les évangélistes relatent 28 paraboles. Jésus s’en sert pour faire le lien entre le quotidien et la vie de Dieu. Ainsi, il fait appel à l’expérience la plus banale pour que chacun puisse comprendre et s’engager en connaissance de cause. En cette période des moissons, c’est le temps de récolter le fruit de la nature enrichi par le travail des hommes. Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous dit, que Dieu donne largement, et qu’il met la nature  à la disposition des hommes pour vivre.

 

Aujourd’hui, à notre époque,  à l’occasion des tremblements de terre, et des peurs du nucléaire, on se contente trop souvent d’accuser la nature, sans penser à la responsabilité des hommes. Or par expérience, l’Homme est capable de décrypter les forces de la nature pour ne pas construire n’importe où et n’importe comment. Mais malheureusement, des intérêts particuliers cachent les dangers « Ils ont des yeux pour voir et ne voient  pas, ils ont des oreilles pour entendre et n’entendent, ils ont un cœur et ne comprennent pas. »

 

Comme le semeur sème largement,  ainsi la Parole de Dieu est adressée à tous sans exception. La semence est toujours la même, mais elle tombe sur des sols différents : le long du chemin, dans les endroits pierreux, parmi les épines, et dans la bonne terre. L'accent est mis sur les résultats de l'ensemencement. En  effet, les fruits disent quelque chose de la qualité du terrain. Il en est de même de nos façons de vivre, de nos comportements et de nos préoccupations pour les autres. Ils ont un rôle essentiel pour donner des fruits au Royaume de Dieu. Ils peuvent donner « trente, soixante et cent pour un ». Trop souvent, on se contente, on se justifie par de belles paroles sur Dieu, sur la religion sans que cela n’engage rien de sa personne. Si la semence jetée en terre ne meurt pas, elle ne donne pas de fruits. De même, la Parole de Dieu reçue depuis notre enfance, ne produit rien, si elle ne nous transforme pas.

 

La question de Jésus ne concerne pas un jugement sur le semeur, sur Dieu, sur l’Eglise, mais comment chacun prend soin du Royaume. Comment il essaie d’y entrer et de se laisser transformer. D’où l’invitation de Jésus qui nous est adressée aujourd’hui : celle d’être une bonne terre. C'est-à-dire : « l’homme qui entend la Parole et la comprend, ainsi il porte du fruit… » Le but de cette Parole, c’est de nous aider à traverser les difficultés de la vie et à grandir en humanité. Ca peut être la source de nos liens avec les autres et avec Dieu. C’est comme le ciment qui donne forme et cohésion à l’ensemble. C’est comme la sève ou le sang qui alimente la vie de tout être vivant. L’un est nécessaire à la vie de l’autre. Comme Dieu est nécessaire à la  vie de l’Homme, l’Homme est nécessaire à l’amour de Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 09:44

 14° Dimanche du Tps Ord « A »  09 07 17

Première Lecture : Zacharie 9 9–10

Deuxième Lecture : Romains 8 9, 11–13

Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 11 25–30

 

« En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

 

Accueillons bien l'invitation que nous fait Jésus ce matin: « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. »  Comme prêtres, dans nos  rencontres, nous constatons  que chacun est marqué profondément par des épreuves diverses et inattendues. Habituellement, quand on demande à quelqu’un : comment ça va ? Les premières réponses sont vagues : « ça va, on fait aller ! ». Mais elles n’expriment pas la lourdeur du poids qu’elles portent. Excepté, quand la douleur est trop forte et paraît insurmontable, alors on n’a plus que des cris et des révoltes.

 

Trop souvent devant les lourdeurs de notre vie, nous avons tendance à nous réfugier en nous-mêmes et à broyer du noir. Parce qu’on ne sait pas comment exprimer ce qui nous fait si mal, alors on s’isole. C’est une difficulté qui s’ajoute. De plus, nos proches et ceux qui peuvent nous aider et nous soulager, ne pourront le faire que dans la mesure, où ils peuvent comprendre ce qui nous arrive. Trop souvent nos difficultés, matérielles et surtout morales, nous amènent même à fuir Dieu comme si Dieu était étranger, et peut être la cause de nos malheurs.

 

Jésus a dit : « Je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les malades….Merci Père, d’avoir caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. ».  Nous n'avons peut-être pas encore assez réalisé comment, dans l'Évangile, Jésus est venu au secours et a été près des éclopés de la vie, des malades, des pécheurs. Mais aussi de tous ceux qui vivent mal leur place au milieu des autres. A aucun moment dans l’Evangile, nous voyons Jésus condamner quelqu’un, il tend toujours une main secourable et invite à améliorer ce qui ne va pas bien. Les seuls qui n'ont pas eu droit à sa sollicitude et même ont encouru son mépris, ont été les suffisants, ceux qui n'avaient besoin de personne, ni de Dieu.

 

Jésus parcourait la Palestine et accueillait les souffrants, et tous ceux que le peuple lui présentait. Jésus montrait ainsi qu’il était proche de tous ceux qui souffrent : en voyant la peine de la veuve de Naïm qui enterrait son fils ; les larmes versées au tombeau de Lazare, autant de manifestations de la tendresse de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus s’adresse à nous en disant : « Venez à moi, prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, vous trouverez le repos.» Le joug est un instrument de travail qu’on place sur la nuque du bœuf, en vue d’un travail. Devant les épreuves qui nous marquent, Jésus nous invite à ne pas reculer devant les efforts et les exigences pour améliorer les choses. Cette libération relativise la dureté des efforts fournis. Combien de parents se dépassent pour soutenir et aider leurs enfants. Chacun peut faire cette expérience. Que  faut-il faire pour que ça aille mieux ? Jésus répond : c'est devenir son disciple, c'est être comme lui, c'est aimer comme lui.

 

Par contre dans l’Evangile de ce jour, Jésus s'oppose aux pharisiens qui imposaient aux pauvres gens un joug difficile à porter, entre autre, les 613 lois qu’eux-mêmes ne touchaient pas du doigt. N’est-ce pas toujours d’actualité ?

Le joug de Jésus n'est pas fait de lois, il est fait d'amour. Il n'est pas fait de soumission à un Dieu qui fait peur, il est fait de réponses amoureuses à la volonté d'un Père qui aime et qui passe par nous pour  faire vivre son amour. Prendre le joug de Jésus, c'est se faire comme lui, doux et humble de cœur, ouvert, attentif à l'autre. C'est faire de sa vie un amour, un service.

 

Mais ce joug demeure un joug, il y a un poids. Il peut, du moins à certains jours, paraître trop lourd. C’est difficile de combattre son égoïsme. C’est difficile de rester droit dans ses projets, fidèle à ses proches et à Dieu sous l’emprise de tentations alléchantes. Jésus parle de joug, parce qu'il sait par expérience qu'il n'est pas toujours facile de prendre le bon chemin.

 

Quand Jésus dit que son joug est léger et facile à porter, c’est parce qu'il ne nous laisse pas seuls. Saint Paul nous rappelle dans la deuxième lecture que l'Esprit de Dieu nous habite. « Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps », a dit Jésus. Un homme, Simon de Cyrène, a aidé Jésus à porter sa croix sur le chemin du Calvaire, et Véronique a essuyé son visage. Aujourd'hui, c'est Jésus qui nous aide à porter nos peines, par le soutien de ceux qui compatissent à nos souffrances. Pour trouver le repos et la paix sur le chemin de nos vies, Jésus nous invite à partager nos peines avec nos proches et avec lui : « Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. »

 

 

PRIERE UNIVERSELLE

 

  1. C’est la période des vacances, certains sont déjà partis, d’autres vont partir et beaucoup ne partiront pas. Que nous profitions de ce temps de repos avec intelligence et que nous sachions en toute circonstance avoir un comportement de disciple du Christ. Prions le Seigneur.

 

  1. Pour les personnes âgées, les isolées, les malades : que notre attention discrète et pleine de tendresse soit pour eux comme un rayon de joie et de confiance en la vie. Prions le Seigneur.

 

  1. Pour les jeunes saisonniers et intérimaires qui ne peuvent pas prendre de congés, pour ceux qui sont au chômage : qu’ils ne restent pas isolés et rencontrent des amis avec lesquels ils ne perdront pas la joie de vivre. Prions le Seigneur.

 

  1. Pour les membres de notre assemblée : que cette prière partagée nous fasse découvrir la paix promise par Jésus, et que nous puissions repartir avec un élan nouveau. Prions le Seigneur.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 07:32

                                               13° Dimanche du Temps Ordinaire « A » 02 07 17

 

1ère lect du deuxième livre des Rois (4, 811. 1416a)

2ème  lect de St Paul apôtre aux Romains (6, 34. 811)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 3742)

 

« En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

 

 

Avec les beaux jours, la vie sociale prend une dimension nouvelle. Cette vie se construit autour de manifestations et de rencontres de toutes sortes : les concerts, le théâtre de rue comme dans les lieux de spectacles. ….Toutes les villes proposent des spectacles, des manifestations, des rencontres qui mettent en valeur leur originalité. Il en va de même dans les quartiers, où les gens se retrouvent autour d’une grillade.  Pour les vacances, la pastorale du tourisme incite les  responsables d’Eglise à s’organiser et à prendre des initiatives, pour accueillir le mieux possible les vacanciers. Il faut permettre à tous ces gens de sortir de leurs contraintes habituelles. Les vacances mettent une distance avec le quotidien et permettent une liberté d’esprit, pour que chacun puisse prendre des initiatives. Ça peut être un temps de création.

Les 3 textes que nous venons d’entendre, soulignent l’importance de l’accueil et des rencontres dans nos vies, ainsi que les bienfaits qui en découlent !

Accueillir : ce mot évoque une porte qui s’ouvre, une main qui se tend, un sourire de bienvenue, une amitié qui s’offre, la joie des retrouvailles…

Tout au long de sa vie, Jésus accueillait les malades pour les guérir ; les lépreux pour les purifier et leur rendre toute leur dignité d’hommes ; les pécheurs pour leur révéler l’amour miséricordieux de Dieu. Il accueillait les plus pauvres, les plus malheureux pour leur permettre de chercher et de trouver espérance. Il bénissait et embrassait les petits enfants, ceux qui sont les plus fragiles et les plus dépendants. Il leur disait : que le royaume de Dieu est à eux et à ceux qui leur ressemblent. Il accueillait la prière d’un païen qui ne représentait rien pour un Juif. Publiquement, il a fait l’éloge de sa foi et de sa confiance.

Par cet accueil, son amitié offerte à tous, Jésus révélait ainsi l’amour et la tendresse de Dieu, qui s’offrent à tous les hommes, aux pécheurs, aux plus petits comme aux plus démunis. Oui, notre Dieu révélé par Jésus est bien le Père de tous les humains, des juifs comme des musulmans, des incroyants comme des croyants. Sa paternité et sa tendresse s’adressent à tous les hommes. Dieu ne nous appartient pas, il n’appartient à personne. Il se propose à tout homme qui le cherche, à tout homme qui doute et qui aspire à la lumière. Pour que les hommes puissent mieux le chercher et le connaître, Dieu a besoin de nous et du témoignage de chacun, en vérité.

Il est très important que tous ceux qui côtoient des chrétiens puissent dire : ce qu’ils enseignent, ils le mettent aussi en pratique.

            Dans l’évangile, quand Jésus dit : « Celui qui aime son père ou sa mères plus que moi, n’est pas digne de moi », il ne demande pas d’abandonner son père ou sa mère, mais il exige de ne pas s’enfermer dans un amour exclusif. Il continue en disant : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ses petits en sa qualité de disciple, il ne perdra pas sa récompense. » Jésus insiste sur l’accueil à tous ceux qui nous font signe.

            Nous avons certainement à convertir notre mentalité et nos habitudes dans le sens d’une ouverture toujours plus grande à nos frères humains, quels qu’ils soient, à l’image du Christ. Et cela doit se traduire à travers nos attitudes quotidiennes les plus spontanées.

            Accueillir, c’est  ne pas vivre enfermé sur soi-même; c’est s’ouvrir à l’autre, être attentif à l’autre et l’écouter  avec un visage bienveillant…
C’est là, tout à la fois, un moyen de s’enrichir soi-même, et de témoigner du Seigneur Jésus, qui est toujours prêt à accueillir ceux qui le cherchent.

 

 

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 10:49

12° dimanche 25 06 17 « A »

 

1ère lect. Jérémie (20, 1013)

2ème lect. St Paul Romains (5, 1215)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 2633)

 

« En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

 

Quand Jésus utilise le mot : « Géhenne », il fait référence à ce qui était, en son temps, la pire des déchèteries. C’est là où jette, où on brûle, où on fait disparaître tout ce qui fait obstacle à la vie. Le mot « Géhenne » ne nous dit pas grand-chose. Par contre, ce qui fait peur aujourd’hui, c’est d’être atteint du cancer, du sida, des maladies nosocomiales, ou orphelines…. Toutes ces affections nous font terriblement peur, au moment du verdict. C’est un fait que ces dernières années, la médecine a progressé considérablement, en même temps, il faut reconnaître ses limites. Nous prenons conscience de l’importance de nos façons de vivre, pour être bien dans sa peau ! De plus en plus de gens font attention à mener une vie plus équilibrée, une nourriture plus saine, et on redécouvre les bienfaits des plantes et de la nature. Mais n’oublions pas de souligner aussi : l’importance de la dimension spirituelle en chacun de nous. Cette dimension est essentielle, même si elle paraît secondaire et laissée dans l’ombre. En effet, « Aimer son prochain » c’est essentiel, c’est ce qui nous rend humain. Alors nous pouvons dire OUI « La santé sous tous ses aspects ! », celle du corps et celle de« l’âme ». C’est vrai aujourd’hui, c’était également vrai hier au temps du Christ. Jésus ne voulait pas passer pour un « guérisseur ».

Lorsque Jésus guérissait, il ne se bornait pas à rendre la santé physique. Il réintégrait d’abord, ceux qui en étaient exclus dans la société. Pour Jésus, la vraie guérison qu’il est venu apporter, c’est de permettre à chacun, de découvrir que Dieu est Père. La maladie, considérée comme la conséquence d’un péché personnel ou héréditaire, faisait perdre certains droits et conduisait vers une citoyenneté de seconde zone. Or dans le royaume de Dieu, il n’y a pas d’exclus, de bannis, de parias.

Améliorer la santé, c’est la regarder sous tous ses aspects. C’est bien sûr combattre les maladies et réduire les handicaps et les dégâts… Mais c’est aussi, lutter contre toutes les exclusions engendrées par notre société. Là encore, n’ayons pas peur d’en parler. Je pense à tous les handicapés que la législation veut soutenir et prévoit un pourcentage d’embauche. Certaines entreprises préfèrent payer l’amende plutôt que d’améliorer les conditions de travail. Il y a aussi des services sociaux, qu’on utilise souvent à autre chose, que d’améliorer leur place, à ceux qui en souffrent.

Travailler pour la santé, c’est tout faire pour soulager ceux qui souffrent par la maladie, mais aussi par le racisme, le chômage, le manque de logement, etc…

Le but des élections est d’organiser la société en vue du bien commun. Les récentes élections nous montrent que plus de la moitié des citoyens français ont déserté les urnes. Chacun avait ses raisons, mais où se trouve la conscience du bien commun ? En France, nous avons la chance de pouvoir exprimer nos préoccupations et nos choix. N’est-ce pas comme pour la santé, on a besoin de spécialistes pour comprendre les difficultés, mais c’est aussi à chacun d’assumer sa responsabilité.

Revenons à l’Evangile qui nous est proposé aujourd’hui : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps…. Craignez plutôt ceux qui peuvent faire périr dans la géhenne l’âme et le corps. » Perdre notre âme, c’est renoncer à nos raisons de vivre humainement : c’est ne plus avoir des raisons d’espérer, d’adhérer à un idéal, à des valeurs supérieures.

Qu’en est-il aujourd’hui des valeurs comme l’honneur, la solidarité, la citoyenneté, le bien commun, les droits de l’homme…. ? Dans quel état se trouve aujourd’hui notre conscience, notre âme ?

Comment luttons-nous contre tous ces fléaux qui dégradent la personne humaine ? Sommes-nous réduits à être des consommateurs qui n’ont pas d’autre projet de vie ?

Certes, il importe de garder la forme et d’avoir une bonne santé. Mais sachons encourager et nous réjouir de voir tous ceux qui mettent leur force, leur dynamisme, leur joie de vivre, leur foi en Dieu, au service des autres, dans la société et dans l’Eglise.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 09:19

Fête du Corps et du Sang du Christ – 18 06 17

 

Première Lecture : Deutéronome 8 1–3, 14–16

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 10 16–17

Évangile de Jésus Christ selon St Jean 6 51–58

 

« En ce temps-là, Jésus disait aux foules des Juifs : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

« De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

Charly-Oradour, village voisin, vient de faire mémoire du 10 juin 1944 à Oradour sur Glane. 642 personnes ont perdu leur vie dans ce massacre. Parmi eux figuraient 44 habitants de Charly, expulsés de leur village, comme beaucoup d’autres. Des paroles fortes ont été prononcées au mémorial : « Aimer, c’est quand on s’entraide et qu’on quitte la peur ensemble…..Il existe un engrenage de la violence, mais il existe aussi un engrenage de l’amour…..il suffit de s’aimer et ça fait boule de neige…… c’est vous les semeurs de graines d’amour. La terre reverdira de vos actions et l’aurore s’habillera de vos pensées. »

En évoquant ce drame, il nous est permis de faire un lien concret avec le mémorial, que Jésus nous a laissé la veille de sa mort : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. Prenez et buvez, ceci est mon sang. »

C’est ainsi, qu’on essaye de puiser dans l’histoire des leçons susceptibles de nous aider à mieux vivre le présent et à engager l’avenir dans l’espérance. L’eucharistie se définit comme un mémorial : « faites ceci en mémoire de moi» ; le mémorial du don que le Christ a fait à toute l’humanité, dans sa mort et sa résurrection.

Se donner encore, quand on a tout donné ! C’est l’exemple que nous donne Jésus, quand il offre à ses disciples son corps en nourriture et son sang en boisson. A chaque messe en effet, au cœur même de la célébration, le prêtre reprend les paroles de Jésus : « Prenez et mangez ceci est mon corps…Prenez et buvez, ceci est mon sang ». Notre foi nous convainc que Jésus est bien présent au cœur de notre vie. Dès lors, dans toute messe, le mémorial auquel nous sommes conviés, est d’une autre nature que nos commémorations humaines. Celles-ci, fussent-elles particulièrement réussies et suggestives, riches en histoire, ne nous permettront jamais d’entrer vraiment comme acteurs dans le cœur des événements qui sont évoqués. Nous ne pouvons être que des spectateurs de l’évocation du passé. Or, dans l’Eucharistie, il en va tout autrement. Jésus est là, bien présent parmi nous. Il nous invite à communier pleinement à son offrande, à son action de grâces, à ses sentiments, ceux mêmes qui l’animaient le jeudi et le vendredi, quand il a été trahi, renié, arrêté et exécuté.

L’Eucharistie n’est pas un spectacle. A aucun moment Jésus n’a demandé à ses apôtres de faire de ce mémorial un acte d’adoration, encore moins de procession. C’est un acte d’amour : Jésus se donne à nous gratuitement. A ses disciples et à tous ceux qui veulent le rejoindre, il confie une responsabilité au cœur de l’actualité de ce monde. Nos vies, nos souffrances, nos luttes humaines, nos responsabilités, nos joies, notre travail, nos peines, Jésus nous invite à les assumer librement comme lui. Pour ce faire, il nous dit : « Prenez et mangez ». Ça veut dire, nourrissez-vous de ma vie pour sortir de vous-mêmes et de vos habitudes. Il importe de rejoindre ceux qui doutent, qui attendent et qui cherchent une présence aimante à la manière de Celui qui s’est livré pour nous.

Il faut réapprendre à nous donner librement, quoi qu’il arrive. Recevoir dans la communion la grâce de la liberté des enfants de Dieu, mais aussi : donner le meilleur de nous-mêmes dans les petites choses de la vie comme dans les plus grands engagements de l’existence. Il faut se réapproprier le chapitre 25 de St Matthieu : « ce que tu auras fait à ton frère, c’est à moi que tu l’auras fait ». Il reste tant et tant à faire pour que tous les hommes puissent se nourrir et grandir dans la dignité. Que la Paix et la Liberté ne soient plus réduites à des mots sans lendemain, mais deviennent effectives pour l’ensemble de l’humanité.

Avec toutes les démobilisations actuelles, dans tous les domaines de la vie politique, de la vie religieuse, de la vie associative….on risque de s’enfermer dans des habitudes qui fabriquent un désert sans vie. C’est sans intérêt et personne n’en veut !

« On râle, mais on ne s’investit pas » Ca veut dire, que l’avenir se fera sans nous et peut être même contre nous. Il en va de même pour notre pratique religieuse. L’histoire des croyants nous a laissés de très beaux édifices pour célébrer l’Eucharistie. Mais aujourd’hui un certain nombre sont désaffectés et la plupart ne servent que rarement. On est arrivé au point, où ne sait plus à quoi ils doivent servir. Or nos ancêtres se sont investis, corps et âme, dans la construction de ces monuments par souci de rassembler une communauté vivante. L’Eucharistie est le ferment de cette vie nouvelle. Il s’agit de la rencontre de Dieu avec son peuple qui donne force, joie de vivre, ouverture aux autres, soutien des plus fragiles. Si on veut construire un avenir, il faut redonner vie à ces rencontres. Il importe que la Parole de Dieu rejoigne et transforme l’actualité de nos vies.

Puissions-nous tous et chacun faire fructifier, ce que l’eucharistie nous donne de vivre ensemble.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 09:12

TRINITE 11 Juin 201 

1ère lecture : Exode (34, 4b-6. 89) 

2ème lecture St Paul aux Corinthiens (13, 1113)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 1618)

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »

 

La fête de la Pentecôte nous a invités à considérer que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre au cœur de notre vie. De la même façon, la fête de la Trinité, nous invite à rendre le plus concret possible, la présence du Dieu Sauveur. Trop souvent, nous utilisons des mots, sans connaître le contenu. Tous les peuples ont inventé leur langage, à partir de leur expérience. De même, chaque personne doit donner un contenu au mot qu’il utilise, sinon, c’est une tromperie. On soigne la présentation, l’emballage sans rien y mettre. Dans toutes les activités humaines : travail, politique, religion, l’emballage des mots ne suffit pas. Il est obligatoire de passer au concret. Se contenter de la description de la matière, ne rend pas compte du mouvement qui donne des capacités nouvelles. Prenons l’exemple du nouveau gadget « hand spinner » càd la toupie du doigt. « Prenez en main l’objet et observez ses trois branches, séparées et pourtant liées entre elles en un seul objet. Faites-le désormais tourner : l’élan donné par le roulement à billes de l’axe central fait que vous ne voyez plus entre vos mains qu’un seul disque complet. Mus par l’élan perpétuel de l’amour divin, Père, Fils et Esprit ne sont qu’un seul et même Dieu.» Cet article de La Vie Catholique nous dit, que ce nouveau jouet peut nous aider à comprendre « un seul Dieu en trois personnes. »

La Trinité, en effet, ce n’est pas comme on le dit volontiers, un mystère insondable qu’on laisserait aux théologiens... une affaire si compliquée qu’on ne pourrait la comprendre. Si on parle justement de mystère de la Trinité, c’est pour signifier qu’on n’a jamais fini de découvrir l’immensité de l’Amour de Dieu. Le croyant s’émerveille sans cesse devant cet amour. Devenu Fils de Dieu par le Baptême, il confesse Dieu comme, Père plein de tendresse. Un Dieu qui nous a créés pour partager sa vie avec nous. Un Dieu fidèle qui fait route avec nous. Surtout, n’oublions pas que le Christ nous a rejoints au plus profond de nos déchéances. Il a fait l’expérience de la souffrance qui défigure tant d’hommes et de femmes en ce monde, tout près de nous la pauvreté, le chômage, la solitude, les violences familiales ou sociales, les attentats, la guerre, les inondations, les feux, la famine, les réfugiés... Le Christ a traversé cette souffrance et la mort, en gardant le cap de la confiance en son Père. Et il nous aussi par-là, toute la tendresse qu’il nous porte. Au-delà de toutes déchéances, l’homme reste un enfant aimé de Dieu, et en toutes circonstances l’amour aura le dernier mot. Trop souvent, nous avons l’impression de faire l’expérience contraire, que la haine, le profit, la violence, la maladie, la fatalité l’emportent en dernier recours, comme si la mort avait le dernier mot. Or au matin de Pâques, c’est la victoire de la Vie sur la Mort, Dieu a ressuscité son Fils bien aimé. Plus encore, le Christ ressuscité nous a donné son Esprit en partage. Cet Esprit fait de nous des frères en Jésus-Christ et nous fait dire à Dieu «Notre Père ». L’Esprit Saint, l’Esprit du Père et du Fils, l’Amour qui les unit étroitement dans une harmonie parfaite, a été répandu dans nos cœurs. Nous sommes devenus les héritiers du Père. Voilà le motif de notre joie et de notre espérance. La Trinité, c’est un programme « politique » qui nous oblige à vivre l’unité dans la diversité. La Trinité, c’est le remède à tous les totalitarismes qui enferment l’homme dans un concept ou une idéologie. La Trinité, c’est l’audace de l’Evangile, qui empêche les hommes de s’emmurer dans des nationalismes étroits ou de satisfaire leur besoin de consommateurs repus. La Trinité, c’est l’invitation à construire une Eglise, reflet du visage d’amour du Dieu Père, Fils et Esprit Saint. C’est un programme de vie fraternelle : la joie de l’accueil et de la rencontre. Au delà de nos étroitesses, l’Esprit du Christ ressuscité nous stimule à vivre de l’esprit des béatitudes, ce chemin de trop d’amour, ce chemin de folie qui clame le bonheur de ceux qui ont faim de la justice, de ceux qui sont persécutés, de ceux qui pleurent car ils sont en attente de la réalisation du projet de Dieu. Humblement mais sûrement, nous sommes les amis du Dieu Trinité, des artisans de ces béatitudes qui annoncent l’Evangile, en multipliant les engagements pour un monde plus juste et plus fraternel. Nous avons besoin des autres pour voir où l’humanité est fragilisée. Nous avons besoin des autres pour comprendre et faire face aux situations délicates. Nous avons besoin des autres pour mettre en œuvre l’Evangile. Seul, on ne peut pas être chrétien. Les autres ont besoin de nous dans nos multiples engagements et responsabilités pour construire une société, où l’Homme est premier en toutes choses. Ainsi se transmet la Vie de Dieu qu’on appelle Amour. mission des chrétiens est de déceler la présence du Royaume au milieu des aléas de l’histoire. Notre eucharistie préfigure le banquet des noces éternelles, où chacun est attendu. Qu’elle renouvelle nos forces pour vivre plus intensément l’accueil de l’autre et la complémentarité entre les groupes humains différents. L’avenir n’est pas au repli sur nous-mêmes, l’avenir est dans la mise en œuvre avec l’apport de chacun. A l’image de la « Toupie » qui n’est toupie que lorsqu’elle est en mouvement, de même, un être humain n’est vraiment humain, que lorsqu’il est en mouvement avec les autres en lien avec l’Amour de Dieu.

 

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 15:49

PENTECOTE « A » - 4 Juin 2017

 

Première Lecture : Actes 2 1–11

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 12 3–13

Évangile de Jésus Christ selon St Jean 20 19–23

 

« C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

 

Parler de Dieu, Père, les images ne manquent pas dans l’Evangile et la littérature. Parler de Jésus, Fils du Père, c’est plus facile, car depuis sa naissance, il fait partie de la famille humaine. Mais comment aborder l’image du Saint Esprit ?

Avant de quitter les apôtres, Jésus annonce la venue du St Esprit. Il est la 3° personne qui procède du Père et du Fils. Il est aussi, celui qui fait un lien attractif et respectueux entre les deux. Je conviens, que ce n’est certes pas commode à comprendre et à expliquer ! Pour preuve, aux baptêmes, quand on pose la question : croyez-vous au St Esprit ? La réponse est souvent le silence.

Néanmoins, essayons d’y voir un peu plus clair. Qu’est-ce qui s’est passé ce matin-là à Jérusalem ? Nous sommes en présence d’un groupe d’hommes, timides, craintifs qui brusquement, font sauter les verrous de la pièce où ils étaient enfermés par peur des juifs. Tout à coup, ils vont dans la rue, sans peur ni complexe. Ils s’adressent à tout le monde et on les écoute. L’engagement de Jésus : « ne quittez pas Jérusalem, avant d’avoir reçu le Saint-Esprit » vient de se réaliser, ce matin-là. Quel bouleversement ! Tous ces gens venus de la Mésopotamie, càd l’Irak actuel, de la Cappadoce : la Turquie d’aujourd’hui, de Libye, d’Egypte et même des européens de Rome, sont interpellés par la Bonne Nouvelle qu’ils entendent.

L’Esprit de Dieu, symbolisé dans l’évangile, par le vent et le feu, transforme les apôtres en témoins du Christ Ressuscité. Chacun les comprend dans sa langue. Chacun est rejoint dans ce qu’il est. « Tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. ». La Bonne Nouvelle est annoncée en rejoignant les sensibilités et les cultures de chacun.

Aujourd’hui, nous nous trouvons un peu dans un contexte semblable. Mais ne serait-ce pas une chance de vivre aujourd’hui, au milieu de populations diversifiées, de race, de culture, de croyance ? Nous avons un message d’amour, de paix et de justice à partager avec des gens qui ne demandent qu’à être accueillis et respectés. C’est la famine, la guerre, la misère, le chômage qui les a poussés à quitter leur terre et à prendre toutes sortes de risques pour survivre.

L’Esprit de Dieu est créateur dans un monde, où les mentalités sont en perpétuelles évolutions. L’Eglise se doit de trouver des chemins toujours nouveaux, pour l’annonce de l’Evangile. Tout homme, doit pouvoir entendre ce beau message que Dieu lui adresse au milieu de ces tourments: « Je t’aime ! Tu as du prix à mes yeux ! »

Pour ce faire, Dieu compte sur chacun de nous pour être le serviteur du « Défenseur » promis par Jésus. Si l’amour, la joie, la paix et la vérité rayonnent dans notre comportement habituel, les frontières du mal, y compris celles de la guerre reculeront et seront anéanties.

Regardez et voyez, tous ces enfants, ces jeunes et ces adultes en mouvement d’Action Catholique qui se mobilisent à longueur de journées et d’années pour favoriser des lieux de partage, de réflexion et d’action. En sortant de nous-mêmes, nous voulons respecter le monde qui est bien le nôtre. Nous pourrons témoigner de notre foi en ce Dieu qui nous fait vivre. A la suite les apôtres, nous répandrons la Pentecôte autour de nous ! Et toujours, il faudra le souffle créateur de Dieu pour résister à toutes les tentations de repli sur soi.

Avec l’Esprit de Jésus, il nous faut chercher aujourd’hui des chemins nouveaux. Jésus n’est pas passé à côté des problèmes des gens de son pays. Il s’est fait l’un d’entre eux, au point de prendre sur lui la souffrance et l’espérance de son peuple. Aujourd’hui, plus que jamais, les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté ont besoin de trouver: accueil, compréhension, tolérance, miséricorde, au lieu d’être tancés et condamnés par des vérités intangibles, qui n’ont rien à voir avec l’Esprit de Dieu.

Pour attiser notre Espérance, quand la fidélité est usée, quand la bêtise humaine l’emporte et que le monde semble écartelé, il nous faudra toujours l’Esprit créateur, ce souffle de Vie pour annoncer l’Evangile. Il ne s’agit pas de mots, mais un type de présence, qui aide à vivre, à créer, à lutter et à aimer, avec les hommes nos frères. Que l'Esprit Saint nous transforme pour notre temps, comme il l’a fait à la première Pentecôte, avec les apôtres.

 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 09:23

7ème dimanche de Pâques « A » - 28 mai 17

Première Lecture : Actes 1 12–14

Deuxième Lecture : 1Pierre 4 13–16

Évangile de Jésus Christ selon St Jean 17 1–11

 

« En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.

« Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

 

A l’heure de sa passion, à l’heure le plus dramatique de sa vie, Jésus fait cette étonnante prière à son Père. Au moment où Jésus se donne comme pain de vie à ses apôtres, Judas va le vendre et Pierre le renier.

Cette prière que Jésus fait à son Père, est une confidence, un dialogue intime et unique qu’un Fils adresse à son Père. Il nous livre là ce qu’il a de plus cher, c’est comme, son testament.

Le testament c’est ce qui reste après son départ. C’est ce qui compte pour Jésus, même plus que sa vie. Par son testament, il nous invite à faire confiance à la vie, à croire en ses capacités et à donner le vrai sens de notre existence. Comme pour les disciples, tout cela est aussi pour nous source de paix et de joie profonde. Les contrariétés de l’existence, la maladie, les accidents, l’angoisse et tout ce qui nous désole risquent de prendre le dessus de notre attention et nous écraser. Mais il y a quelque chose qui émerge au milieu de toutes ces difficultés : c’est l’humain qui permet aux Hommes de se respecter et de s’apprécier. Nous croyons en l’homme, en ses chances et ses possibilités cachées, même, et surtout lorsqu’il est fragile, démuni et faible. Ceux qui consacrent leur vie aux autres se donnent les moyens de connaître un idéal de fraternité qu’ils ne soupçonnaient pas. On entend régulièrement des gens qui disent ne plus croire en rien, ne plus croire en Dieu, ne plus croire en l’amour parce qu’il y a le mal dans le monde, parce qu’ils ont vu des personnes se déchirer et se détester. N’est-ce pas d’abord un CRI des hommes blessés, ou une attente qu’on espérait et qui a du mal à se manifester ou qu’on a du mal à reconnaître? Et pourtant, il y a en nous comme un amour qui avance, un amour plus fort que tout amour. Nous savons qu’il y a parmi nous des gens merveilleux qui font tout ce qui est en leur pouvoir, pour que les hommes soient plus respectueux les uns envers les autres. Il y a aussi ceux qui croient en eux-mêmes, en leurs qualités, en leurs possibilités et en leurs talents, et ils ont raison, surtout s’ils croient aussi aux autres.

Il y a, hélas, des gens qui ont une vie difficile, qui ne s’acceptent pas et ne s’aiment pas eux-mêmes. Cultiver la confiance en soi comme un bien infiniment précieux, est la condition de la vraie joie, comme croire en Dieu est la source du seul bonheur possible. Car Dieu est bonheur. C’est sa raison d’être et d’exister.

Dans la foi, tout se tient. Croire en soi, croire en l’homme, en tout homme, croire en l’avenir, croire au progrès de l’humanité, croire en un Dieu omniprésent et invisible, tout cela est en nous source de confiance en l’avenir. Si un seul des ces éléments vient à manquer, tout s’écroule. Il y a en eux comme un devoir d’espérance. Il y a dans la foi une intensité de vie, un optimisme, une démesure qui ne peuvent se comparer aux petites joies toujours menacées, suspendues au bord du vide. « Père, donne –moi la gloire, vient de dire Jésus. Cela revient à dire : donne –moi la joie de croire ! Pourquoi dit-il cela ? Parce qu’il connait, lui aussi, une passe difficile qui ressemble à une impasse. Au moment, où Jésus parle, il se sait condamné. Au plus profond de sa détresse, Jésus s’accroche à une bouée de sauvetage, qui n’est autre qu’un Dieu Père. Dans sa prière toute simple, il puise la force d’espérer encore et de penser aux autres. De penser à nous. N’est-ce pas cela l’Amour de Dieu ?

Comme les disciples du Christ, nous sommes également invités à nous retrouver, à nous serrer les coudes et partager nos questions et nos découvertes pour faire place à l’Esprit Saint. Dans la mesure où nous sommes capables de tenir ensemble, l’Esprit de Dieu y met sa lumière et sa force. La joie de Dieu, c’est de croire en nous. Et notre joie, c’est celle de croire que tout est possible avec son Esprit. Il y a comme un bonheur inespéré, d’imaginer que tout reste possible. Déjà nous sommes habités par le souffle de l’Esprit de Pentecôte qui nous aide à repérer les beaux côtés de notre existence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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